Sites Inria

English version

Recherche - Modélisation - Images

Nathalie Lacaux - 26/01/2011

Cerveau de Cro-Magnon versus Homme moderne : une histoire de taille

endocrane reconstitué © Inria - S.Prima

Une équipe pluridisciplinaire composée de chercheurs Inria, du CNRS et du Muséum national d'histoire naturelle, présente pour la première fois une étude des modifications du cerveau au cours de l'évolution de notre espèce, Homo sapiens , depuis 30 000 ans.

Point de départ : Cro-Magnon, un "ancêtre" emblématique

Il y a quelques mois, Antoine Balzeau, paléoanthropologue chargé de recherche au CNRS , et Dominique Grimaud-Hervé , paléontologue au Muséum national d'histoire naturelle , avaient procédé à la reconstitution en trois dimensions de l'endocrâne du spécimen "Cro-Magnon 1", grâce aux méthodes d'imagerie et de prototypage. L'endocrâne est la surface interne de la cavité crânienne, où figurent les empreintes laissées par différentes zones du cerveau, les veines ou encore le réseau méningé. Une belle mine d'informations en soi!

Antoine Balzeau  a alors comparé l'endocrâne du spécimen de Cro-Magnon à ceux d'Homo sapiens  fossiles bien conservés, découverts à ce jour et vieux d'environ 30 000 ans. L'analyse de ces Hommes fossiles a ensuite été confrontée  à un échantillon de 102 endocrânes d'Hommes actuels.

Benoît Combès  et Sylvain Prima, respectivement doctorant et chargé de recherche au sein de l'équipe-projet Inria VisAGeS , ont également procédé à une analyse de cet endocrâne reconstitué, en quantifiant et cartographiant de façon automatique ses asymétries (différences anatomiques entre les deux hémisphères). L'étude de celles-ci est primordiale, car elles sont souvent considérées comme le substrat biologique des facultés cognitives de très haut niveau qui différencient l'Homme parmi les espèces animales, et en particulier parmi les autres hominidés.

Plus petit, réorganisé, notre cerveau a évolué depuis 30 000 ans.

Les résultats obtenus montrent que les principales spécificités du cerveau d'Homo sapiens se retrouvent chez les spécimens fossiles. Mais, ils  illustrent également une diminution de la taille du cerveau et sa réorganisation chez notre espèce depuis 30 000  ans. Aujourd'hui notre cerveau est plus court, plus bas, comprimé au niveau des lobes frontaux et occipitaux alors que les lobes temporaux et le cervelet se sont élargis, par rapport à nos prédécesseurs. Ceci démontre la plasticité anatomique du cerveau chez Homo sapiens , mais aussi combien les relations entre sa taille et sa forme et les capacités cognitives sont complexes.

"Cro-Magnon 1" kesako ?

Découvert en 1868 dans le fameux abri de Cro-Magnon, en Dordogne, ce premier spécimen de squelette qualifié de " 1", est le plus célèbre. Il s’agit d’un individu masculin, âgé. Il comprend un crâne presque complet. C’était la première fois qu’étaient observés des Homo sapiens  fossiles qui de surcroît ressemblaient beaucoup aux hommes de l’époque. Ces fossiles ont tant marqué les esprits que le terme de « Cro-Magnon » est encore utilisé couramment pour désigner les hommes préhistoriques.

Mots-clés : Visages Endocrâne Cro-Magnon Homo sapiens Inria Rennes - Bretagne Atlantique Modélisation Images

Haut de page

Suivez Inria tout au long de son 50e anniversaire et au-delà !