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Prix et distinctions

30/06/2017

Riche année pour le centre avec deux lauréats au prix de thèse GDR GPL 2016

Excellente année 2016 pour le centre avec deux lauréats au prix de thèse du GDR Génie de la Programmation et du Logiciel : Jacques-Henri Jourdan (Gallium) remporte le 1er prix et Antoine Delignat-Lavaud (Prosecco) reçoit un accessit 

Rencontre avec Jacques-Henri Jourdan , ancien doctorant au sein de l’équipe-projet Gallium

> Quel est ton parcours professionnel ?

Après mon entrée à l’ENS, j’ai fait une licence d’informatique puis le MPRI (master parisien de recherche en informatique). J’ai effectué plusieurs stages : chez Microsoft Research en 2010, chez Inria en 2011 et au CEA en 2012. Ces stages m’ont fait connaître les deux domaines de l’informatique sur lesquels ma thèse porte : l’analyse statique par interprétation abstraite et la vérification formelle avec l’assistant de preuve Coq. Lors de mon stage chez Inria, j’ai commencé à travailler avec Xavier Leroy, qui est devenu mon directeur de thèse par la suite.

J’ai ensuite fait ma thèse dans l’équipe Gallium et soutenu en mai dernier. Je suis maintenant en postdoc à l’institut Max Planck pour les systèmes logiciels dans l’équipe de Derek Dreyer.

> Tu as remporté le 1er prix de thèse GDR GPL 2016, qu’est ce que ce prix représente pour toi ? 

Évidement, une certaine fierté : ma thèse, cela a été beaucoup de travail, avec des moments plus ou moins faciles. Mais à la fin, il y a une belle réussite : je prends ce prix comme un encouragement à continuer dans la recherche académique. C’est aussi, j’espère, une récompense pour ceux avec qui j’ai travaillé, au sein de l’équipe Gallium et du projet Verasco.

> Quels sont tes projets pour l’avenir ?

Je passe en ce moment les concours du CNRS et d’Inria pour devenir chargé de recherche. En effet, même si mon travail de thèse est globalement une réussite, il a révélé la faiblesse des outils de vérification formelle que j’ai utilisés. Je souhaite donc travailler à leur amélioration, et j’ai de nombreuses idées pour cela

> Quels conseils donnerais-tu à d’autres chercheurs qui pourraient vouloir se rapprocher d’Inria pour mener leur thèse ?

Un conseil très important, je pense, c’est de garder confiance en soi, et de se méfier du « syndrome de l’imposteur ». Cette expression désigne le sentiment que beaucoup de (jeunes) chercheurs ont lorsqu’ils se rendent compte que leurs collègues sont meilleurs qu’eux dans certains domaines. Ils ont alors le sentiment d’être des « imposteurs », et de ne pas mériter la situation dans laquelle ils sont. La vérité, c’est que, surtout dans la recherche, les profils sont très variés, et donc, forcément, celui qui travaille dans le bureau d’à côté a des qualités que nous n’avons pas, mais nous avons d’autres choses que lui n’a pas. Il faut donc garder confiance en soi, éviter de se comparer frontalement avec les autres, mais aussi garder un esprit critique sur son travail.

Un autre bon conseil, c’est de ne pas « rester dans son coin ». Une thèse, c’est l’occasion de rencontrer plein de personnes, dans son équipe, son centre de recherche et en conférence. C’est non seulement important professionnellement, mais surtout enrichissant personnellement.

Rencontre avec Antoine Delignat-Lavaud , ancien doctorant au sein de l’équipe-projet Prosecco

> Quel est ton parcours professionnel ?

Après avoir suivi le parcours informatique de l’ENS Cachan, pendant lequel j’ai travaillé sur les langages formels, j’ai débuté ma thèse chez Inria de Paris sous la direction de Karthikeyan Bhargavan sur la sécurité des protocoles d’authentification sur le Web. Bien qu’il s’agisse d’une problématique extrêmement concrète (nos recherches ayant eu un impact réel sur la sécurité des services utilisés quotidiennement par des millions d’utilisateurs), j’ai été marqué par la très grande diversité des domaines de recherche et des méthodes mobilisées pour ma thèse (couvrant aussi bien la cryptographie, les protocoles, les langages de programmation et la vérification) dans le contexte relativement cloisonné de la recherche française. À l’issue de ma thèse, j’ai été embauché comme chercheur au laboratoire Microsoft Research de Cambridge au Royaume-Uni, où je travaille actuellement.

> Tu as remporté un accessit au prix de thèse GDR GPL 2016, qu’est ce que ce prix représente pour toi ? 

Il s’agit d’une reconnaissance académique pour des recherches relativement appliquées, ce qui me satisfait d’autant plus que celles-ci sont parfois mal considérées en France. J’espère que ma thèse peut servir d’exemple de mise en application de domaines de recherche dans lesquels Inria, et plus généralement la recherche française, sont à la pointe de l’innovation dans le monde (par exemple, la programmation fonctionnelle, les preuves de programme, ou encore la cryptographie à clé publique), bien que je regrette le faible nombre de débouchés en France.

> Quels sont tes projets pour l’avenir ?

Je travaille actuellement sur le projet Everest, dont l’ambition est de mettre en application la vision d’un Internet sécurisé par les méthodes formelles que je développe dans ma thèse. Plusieurs anciens thésards de l’équipe Gallium travaillent avec moi sur cet ambitieux projet : nous avons d’ores et déjà des prototypes d’un navigateur et d’un serveur Web utilisant notre librairie vérifiée de chiffrement des communications réseau, et nous espérons que ceux-ci pourront être utilisés à large échelle dans les trois prochaines années.

> Quels conseils donnerais-tu à d’autres chercheurs qui pourraient vouloir se rapprocher d’Inria pour mener leur thèse ?

Mon expérience de l’environnement de thèse de l’Inria a été très positive : l’encadrement, le support administratif et technique sont de bon niveau, ce qui n’est malheureusement pas toujours le cas dans les universités. L’organisation par équipe est efficace à condition de rester ouvert à ce qui se passe dans les autres équipes (y compris dans les autres centres). Il est donc important de suivre et de participer aux événements transversaux, tel que le Junior Seminar ou les groupes de travail et groupements de recherche tels que le GDR GPL ou le GT-Vérif.

Mots-clés : GDR GPL 2016 Inria de Paris Prix de thèse Gallium Prosecco

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