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Interfaces homme-machine

5/05/2014

Un pupitre musical augmenté pour Wax Tailor

Creative Commons - Laurent Breillat

Depuis six mois, l'équipe de recherche Mint développe un pupitre numérique pour l’artiste Wax Tailor. Un projet innovant qui permet à la recherche sur l’interface Homme-machine de sortir des laboratoires en musique !

Événement musical à Lille : les 9, 10 et 11 mai, l’auteur-compositeur Wax Tailor se produira en compagnie de quarante musiciens du conservatoire de Lille. Baptisé Wax Tailor & The Phonovisions Symphonic Orchestra,ce spectacle fait partie d’un projet plus vaste, initié par la ville de Lille, autour de l’artiste.

L’une des particularités de ce projet d’une durée de deux ans, c’est sa dimension technologique, portée par l’équipe de recherche Mint d’Inria Lille - Nord Europe*, spécialisée dans l’interaction Homme-machine. « Pour l’instant, nous sommes en train de réunir les éléments qui nous permettrons de fabriquer un premier prototype de pupitre musical augmenté, précise Laurent Grisoni, responsable de cette équipe. Celui-ci devrait être opérationnel en septembre. Notre objectif, c’est que Wax Tailor puisse l’utiliser en concert d’ici un an et demi. »

Un outil simple et pratique

Afin de développer la solution la plus aboutie possible, les chercheurs de l’équipe Mint sont allés à la rencontre des musiciens, pour identifier précisément leurs besoins. « Leur principale attente : passer à la partition numérique sans perdre les qualités de la version papier, notamment le fait de pouvoir simplement annoter, explique Laurent Grisoni. Le pupitre en lui-même est un écran vidéo sur lequel s'affichera la partition. Pour tourner les pages, nous envisageons d’utiliser un système similaire aux pédales des batteries électroniques. »

Le pupitre aura aussi vocation à améliorer la collaboration entre les musiciens. « Nous avons imaginé un écran double face , poursuit Laurent Grisoni. Le côté face servira à lire la partition, l'autre à afficher des informations. Le chef d'orchestre pourrait, par exemple, s'en servir pour demander à un groupe de violons de jouer plus fort. Ce point constitue un défi technologique et d’usage important. Il faut faciliter au maximum cet envoi d’informations et prévoir un retour pour que le chef d’orchestre puisse s’assurer de ce qui s'affiche. »

Pour autant, pas question pour les chercheurs de vouloir remplacer le chef d'orchestre par ces pupitres. « Le chef d'orchestre comme les musiciens sont déjà dans une réalité métier qui se passe de technologie, ajoute Laurent Grisoni. Il s'agit donc pour la technologie, si elle a ici du sens, d'apporter un plus aux artistes, pour leur permettre de mieux travailler. »

 

* Equipe commune avec le CNRS et l'université Lille1, au sein de l'UMR 8022 CNRS-Lille1-Lille 3-Inria, LIFL et de l'EA 2697 L2EP

Art et science, duo gagnant

Le travail avec les artistes offre aux chercheurs un outil de dissémination intéressant car très dynamique, visible du plus grand nombre. Mais il y a d’autres atouts : « De retour dans nos laboratoires, nous essayons de faire en sorte que cette activité alimente aussi la dynamique recherche,  explique Laurent Grisoni. Cette manière de montrer nos travaux permet au public d’aborder la technologie via l’usage et le ressenti plutôt que par l’exposé standard de connaissance scientifique. Ceci est particulièrement vrai dans le contexte de la musique ou de l’art contemporain. »

L’équipe de recherche Mint n’en est pas à son coup d’essai dans ce domaine. Les chercheurs ont notamment participé en 2011 à la réalisation d'une œuvre composée d’un amphithéâtre de bols tibétains, le Damassama, réalisé par Léonore Mercier en collaboration avec Le Fresnoy (studio national des arts contemporains) qui offrait la possibilité aux visiteurs d’interagir avec la structure, grâce au concept du "geste d’interaction mimé", formalisé par la suite dans un article scientifique publié en 2014. 

Mots-clés : Interaction homme machine (IHM) Art et Science Numérique dans la musique

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