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Habilitation à diriger des recherches

23/03/2015

Smartphones : De l’intelligence dans nos applications

Romain Rouvoy - © Inria

Chercheur au sein de l’équipe Spirals d’Inria Lille - Nord Europe, Romain Rouvoy a obtenu en décembre 2014 son Habilitation à diriger des recherches (HDR). Ce titre universitaire prestigieux récompense ses travaux dans le domaine du génie logiciel appliqué aux smartphones.

En passe de devenir le meilleur ami de l’Homme, les smartphones ne cessent de gagner en utilité. Leur principal atout ? Un écosystème d’applications de plus en plus intelligentes. Un univers qui séduit Romain Rouvoy, depuis maintenant près de dix ans. « J’ai commencé à m’intéresser à ce sujet lors de mon postdoctorat à l’université d’Oslo en Norvège, se souvient Romain Rouvoy. Je contribuais à un projet de recherche collaborative, proposant une approche permettant de modifier en temps réel la structure d’une application mobile, afin d’exploiter de manière opportuniste les services logiciels qui pouvaient se trouver dans son environnement.  »

Des applications au plus proche de nos besoins

De retour en France, il intègre l’équipe Spirals (commune avec l'université Lille 1*) où il se concentre désormais sur les prochaines générations d’applications. Intégrant une forme avancée d’intelligence, elles sont en mesure de comprendre les utilisateurs et leur environnement pour leur proposer des fonctionnalités sur mesure. « Peu importe le terminal utilisé (ordinateur, tablette, smartphone), que nous soyons en mobilité ou non, ces applications doivent pourvoir rester constamment disponibles et nos données synchronisées, rappelle Romain Rouvoy. Et de plus en plus, elles vont permettre d’interagir avec d’autres objets connectés de notre quotidien (ampoules, thermostat, compteur) en fonction du lieu où nous nous trouvons. Une tendance baptisée informatique ubiquitaire.  »

Surveiller des comportements globaux comme une foule d'utilisateurs afin de proposer des adaptations guidées par des comportements de masse peut se révéler pertinent. C’est ce qu’on appelle le crowd-sensing .

Trois axes de recherche complémentaires

Afin de tenir compte de ces multiples problématiques, Romain Rouvoy a structuré les travaux de son équipe autour de trois axes de recherche complémentaires. Le premier axe concerne l'élasticité des systèmes ubiquitaires. Ce concept fait référence à la propriété d’une application à découvrir et utiliser des ressources matérielles ou logicielles disponibles à proximité pour améliorer son fonctionnement (par exemple réduire la consommation de la batterie) ou la qualité de l’expérience utilisateur (par exemple en lui proposant une nouvelle fonctionnalité). Le second axe porte sur la contextualisation des systèmes ubiquitaires. Cette notion renvoie à la capacité d’une application à surveiller en continu des indicateurs sur son environnement (par exemple sa position géographique ou la luminosité ambiante) qui lui permettent de comprendre dans quelles conditions elle est utilisée. Enfin, le troisième axe porte sur l'auto-adaptation des systèmes ubiquitaires. Un principe qui vise à déterminer quelles ressources matérielles ou logicielles peuvent être utilisées en fonction du contexte. « Le contexte d’utilisation d’une application ne se limite pas nécessairement à son environnement proche et à son utilisateur, précise Romain Rouvoy. Surveiller des comportements plus globaux comme une foule d'utilisateurs afin de proposer des adaptations guidées par des comportements de masse peut se révéler pertinent. C’est ce qu’on appelle le crowd-sensing.  »

Des briques logicielles évolutives

En combinant ces différents éléments, de nouvelles applications pourront voir le jour. « On peut imaginer des jeux mobiles capables de détecter la présence d’autres joueurs dans la même rame de métro et qui vous mettraient directement en relation pour jouer une partie, le temps de votre voyage, détaille Romain Rouvoy. Il se formerait ainsi une forme de réseau social éphémère créé spontanément et qui modifierait le comportement de votre application de manière opportuniste.  »

Les avancées dans ces trois axes de recherche exigent en tout cas de disposer d’architectures logicielles suffisamment modulaires pour être manipulées lors de l'exécution de ces applications. Cela signifie que ces architectures doivent se déclinent sous forme de briques logicielles qui peuvent évoluer ou être remplacées pendant que l’application fonctionne, et ce sans que l’utilisateur ne s’en rende compte. « À l’image de ce que peut être la pâte à modeler dans le monde physique, ces nouvelles génération d’applications auront la capacité de modifier leur structure même en fonction de leur environnement  », conclut Romain Rouvoy.

* au sein de l'UMR 9189 CNRS-Centrale Lille-Université Lille1, CRIStAL.

Mots-clés : Centre de rechecherche Inria Lille - Nord Europe HDR Recherche Equipe Spirals

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