Sites Inria

English version

Parcours européens

19/01/2016

Valeria Loscri, amoureuse du numérique

Habituée au doux soleil du sud de l’Italie, Valeria Loscri a su faire fi des a priori pour s’installer à Lille. Cette passionnée d’informatique met désormais son expertise des réseaux au service de l’équipe-projet FUN d’Inria Lille - Nord Europe.

Quel est votre projet de recherche actuel ?

Au sein de l‘équipe-projet FUN d’Inria, je m’intéresse aux "réseaux ubiquitaires du futur", qui regroupent des dispositifs de radio-identification, des réseaux de capteurs et de robots sans fil. Mon objectif : rendre ces réseaux plus efficaces, en apprenant aux entités qui les composent à se reconnaître, à communiquer avec leur environnement et à s’auto-organiser. Ces réseaux constituent un enjeu majeur car ils jouent un rôle essentiel dans développement de futures villes intelligentes, ou smart cities .

Pourquoi avoir choisi un tel sujet ?

J’ai toujours été intéressée par ce qui touche au numérique. Quand j’étais petite, j’étais fascinée par tous ces composants électroniques qui, une fois assemblés, composaient un système fonctionnel. Je me suis alors naturellement tournée vers les sciences informatiques à l’université, en quête de cette dimension à la fois concrète et novatrice qui me plaisait tant. Ma thèse a confirmé cette appétence naturelle : j’ai travaillé sur l’auto-organisation des systèmes de communication sans fil et je suis tombée amoureuse de ce sujet. J’ai pris conscience des possibilités incroyables qu’offraient ces réseaux et des services qu’ils pouvaient rendre à leurs utilisateurs.

Quel est votre parcours professionnel ?

Après avoir effectué toutes mes études en Italie, je suis partie six mois à Houston, aux États-Unis en 2006, pour ajouter une expérience internationale à mon CV et terminer ma thèse. De retour en Italie, j’ai travaillé pendant sept ans en tant que postdoctorante sur des algorithmes d’optimisation, en m’inspirant des règles que l’on retrouve dans la nature.

Pourquoi avez-vous choisi la France ?

Les conditions de travail dans la recherche se détériorant en Italie, je me suis mise à la recherche d’éventuelles opportunités en France, un pays que j’ai toujours apprécié. Initialement, j’avais plus d’appétence pour le sud de la France car je viens moi-même du sud de l’Italie, mais je me suis rendue à Lille à l’occasion d’un séminaire et j’ai trouvé la ville charmante. En plus, Lille est au carrefour de l’Europe, une situation idéale pour les chercheurs qui comme moi sont souvent amenés à se déplacer. Toutes ces raisons m’ont poussée à postuler chez Inira Lille – Nord Europe, où j’ai été engagée en 2013. Je n’ai vraiment aucun regret, car les Lillois sont vraiment très accueillants, on s’y sent vite chez soi.

Les bonnes pizzas et le café du pays lui manquent. Pour oublier, elle s’entraine à prononcer des mots en ch’ti, ce qui donne lieu à d’inoubliables fous rires.

Quelles sont les différences dans le domaine de la recherche entre l’Italie, la France et les États-Unis ?

Inria, de même que les universités américaines, adopte une véritable démarche de transfert technologique : les avancées issues de nos travaux sont transformées en nouveaux produits et services. Nous collaborons avec de nombreuses PME, industries et entreprises. Cela nous permet de donner du sens à nos recherches. En revanche, en Italie, les travaux sont moins concrets, moins appliqués et relèvent plus de la simple simulation.

Y a-t-il des collaborations qui vous lient avec l’Italie ?

De manière générale, l’Italie et la France travaillent beaucoup ensemble sur le numérique. Au sein d’Inria, nous participons notamment à des consortiums européens qui rassemblent beaucoup d’Italiens, issus des universités de Pise ou de Bologne, par exemple. Aux côtés de six autres pays, dont l’Italie, nous participons d’ailleurs à un projet européen de R&D, baptisé VITAL, qui traite des enjeux de communications entre systèmes dans le développement de villes intelligentes. Étant donné que nous travaillons souvent sur des sujets similaires ou complémentaires, les collaborations entre équipes françaises et italiennes sont fréquentes voire continues.

L’Italie ne vous manque pas trop ?

Au-delà de ma famille, je suis terriblement en manque de pizzas et de café dignes de ce nom ! J’avoue que certains paysages du sud, ou encore la musique italienne me semblent loin. Mais j’ai fait des découvertes en venant à Lille. Je n’avais jamais entendu parler du ch’ti avant mon arrivée et j’étais complètement incapable de prononcer ce mot. Cela m’a d’ailleurs valu de vivre un moment assez comique lorsque j’ai rencontré le directeur du centre pour la première fois et que j’ai essayé de dire « ch’ti » correctement sans y parvenir !

 

Bio expresse

  • Nationalité : italienne
  • Statut : chargée de recherche
  • Matière préférée au lycée :  biologie
  • Études supérieures : génie informatique à l’université de Calabre (Italie)
  • Plat Italien préféré : la pizza primavera (végétarienne)
  • Plat français préféré : la tarte aux fraises

En quelques dates

  • 2006 :  Visiting researcher à Houston (USA).
  • 2007 :  Doctorat sur l’auto-organisation des systèmes de communication sans fil à l’université de Calabre.
  • 2 octobre 2008 : naissance de son premier enfant, un garçon, baptisé Gabriele.
  • 23 novembre 2010 : naissance de son deuxième enfant, une petite Elena.
  • 27 septembre 2013 : Valeria emménage à Lille et débute sa carrière chez Inria

Localisation

Mots-clés : Réseaux ubiquitaires du futur Dispositifs de radio-identification Robots sans fil Réseaux de capteurs Italie

Haut de page

Suivez Inria tout au long de son 50e anniversaire et au-delà !