Sites Inria

English version

Parcours Européens

3/06/2015

Benjamin Guedj : Danemark et Inria, des valeurs communes

Convivialité, lien avec le monde de l’entreprise, dimension internationale… autant de souvenirs marquants pour Benjamin Guedj suite à son séjour d’un an au Danemark. Aujourd’hui chercheur au sein de l’équipe-projet Modal du centre Inria Lille – Nord-Europe (commune avec le CNRS, l'université Lille 1 et l'université Lille 2*), il y retrouve avec plaisir ces mêmes valeurs.

Quel est votre projet de recherche actuel ?

Je m’intéresse à l’apprentissage statistique, sous l’angle mathématique mais également informatique. Cette discipline scientifique assez jeune comparée aux autres branches des mathématiques se frotte à des problématiques très actuelles liées notamment au big data . Au sein de l’équipe Modal, que j’ai intégrée comme chercheur en novembre 2014, j’étudie tout particulièrement la modélisation statistique de phénomènes en grande dimension. Un exemple : les systèmes anti-spam, qui reposent en grande partie sur des résultats d’apprentissage. Le problème semble simple en apparence mais s’avère en réalité complexe car il faut établir des algorithmes « intelligents » pour automatiser le tri entre les messages, avec la plus faible marge d’erreur possible.

 

D’où vient votre passion pour cette problématique ?

J’ai découvert l’apprentissage statistique en 2008 lors de mon master à l’université Pierre et Marie Curie (UPMC), en suivant le cours du professeur Gérard Biau. Il a rapidement su lever les a priori que j’avais sur cette discipline et m’en faire découvrir toute la richesse. Une rencontre qui allait profondément influencer mon parcours : il a été mon codirecteur de thèse, et je suis fier de le compter aujourd’hui comme collègue et ami.

 

Pourquoi avoir choisi de passer un an au Danemark ?

À la fin de mon master à l’UPMC, j’ai souhaité faire un stage dans un laboratoire de recherche à l’étranger plutôt que de rester en France, d’autant que j’avais déjà l’envie de retourner à l’UPMC pour y effectuer ma thèse sous la direction de Gérard Biau. Celui-ci m’a alors recommandé auprès de l’un de ses collègues, Gilles Guillot, grâce à qui j’ai pu intégrer un laboratoire de recherche de la Danmarks Tekniske Universitet (DTU) à Lyngby, près de Copenhague.

Deux autres éléments ont également pesé dans ma décision. En premier, le sujet de recherche : celui-ci portait sur le développement de stratégies logicielles pour utiliser des outils mathématiques. Cela me permettait d’équilibrer mon CV, jusque-là très théorique. Enfin, j’avais tout simplement envie de vivre au Danemark, un pays que je connaissais un peu et pour lequel j’avais beaucoup d’affinités. À tel point qu’après six mois de stage, j’ai prolongé mon séjour de six mois, en tant qu’assistant de recherche.

 

Quels souvenirs gardez-vous de cette première expérience internationale ?

Durant cette année, j’ai noué des relations fortes avec des personnes venues du monde entier : ils incarnent la dimension internationale de cette discipline de recherche assez jeune. Je retourne d’ailleurs régulièrement au Danemark, autant pour des projets communs que pour y voir des amis.

 

Quelles sont justement les collaborations qui vous lient avec ce pays ?

Je travaille régulièrement avec Olivier Wintenberger, président de mon jury de thèse, aujourd’hui installé à Copenhague. Mais au-delà, il existe une longue histoire de collaboration dans le domaine des statistiques entre nos deux pays, comme en témoignent par exemple les conférences SSIAB qui ont lieu tout les deux ans depuis 1996. C’est d’ailleurs à l’occasion de cet événement que j’ai présenté mes premiers travaux, en mai 2010.

 

Quelles sont les différences entre la France et le Danemark qui vous ont marqué ?

En France, nous avons une recherche publique de grande qualité avec des postes de chercheurs et d’enseignants-chercheurs, qui sont toujours perçus comme les débouchés prioritaires d’un doctorat. Au Danemark au contraire, il est plus facile de faire une thèse puis de rejoindre le secteur privé. En conséquence, il y a beaucoup de partenariats entre le monde universitaire et celui de l’entreprise, en particulier dans le domaine de l’énergie éolienne. Cette expérience m’a permis de m’affranchir de certains préjugés que nous avons en France, où il est parfois mal vu de s’éloigner de l’univers académique pur. J’ai d’ailleurs retrouvé avec plaisir ce lien avec le monde de l’entreprise en rejoignant Inria.

L’autre grande différence, c’est la simplicité des rapports entre les étudiants et les professeurs. En France, l’enseignant est presque sacralisé, alors qu’a contrario au Danemark, cette barrière est moins forte et renforce la convivialité au sein des équipes. Une valeur commune, là aussi, avec Inria.

Dernier point notable : pour ce qui est de la parité femme-homme des équipes de recherche, le Danemark a une très nette avance sur nous !

* au sein de l'UMR 8524 CNRS-Lille1, Laboratoire Paul Painlevé, et de l'EA 2694 "Santé Publique : épidémiologie et qualité des soins" de Lille 2.

Bio Express 

Son expérience danoise occupe une place importante dans son parcours, jusqu’à se retrouver parfois dans ses déjeuners (pain noir, fruits et crevettes) !

Benjamin Guedj a 28 ans, il est chercheur au sein de l’équipe-projet Modal d’Inria Lille – Nord-Europe depuis novembre 2014. À ses activités de recherches s’ajoutent la participation aux collaborations externes au sein de son équipe-projet, et des missions d’enseignements ponctuelles. 

En 3 dates

2010 : Rejoint la Danmarks Tekniske Universitet comme stagiaire, dans le département de Mathématiques appliquées et d’informatique.

2013 : Devient docteur en mathématiques de l’UPMC.

2014 : Rejoint l’équipe-projet Modal du centre Inria Lille - Nord Europe.

Localisation

Mots-clés : Outils mathématiques Stratégies logicielles

Haut de page

Suivez Inria