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Portrait

11/03/2015

Clément Béra : machines virtuelles, passion réelle

Clément Béra - © Inria

Depuis plus de deux ans, Clément Béra met son talent d’ingénieur au service de l’équipe-projet Rmod. Il participe à l’optimisation des machines virtuelles, chaînons indispensables entre le monde des informaticiens et celui des calculateurs.

Pouvez-vous nous présenter votre parcours ?

À la fin de mes études d’ingénieur et après une première expérience peu concluante dans le monde de l’entreprise, j’ai eu envie de m’orienter vers l’univers de la recherche. Durant mon cursus, Stéphane Ducasse, le responsable de l’équipe-projet Rmod*, était venu nous donner quelques cours. J’avais particulièrement apprécié ses interventions. Quand j’ai appris qu’il recherchait un ingénieur pour son équipe, je n’ai pas hésité. J’ai intégré l’équipe en octobre 2012. Fin 2014, j’ai pu exceptionnellement poursuivre mon aventure au sein de Rmod en tant que doctorant, pour trois nouvelles années. C’est l’occasion pour moi de donner une dimension nouvelle à mon travail : désormais, je ne cherche plus à produire un livrable, mais à obtenir des résultats de recherche, grâce à une connaissance approfondie de l’état de l’art des machines virtuelles de haut niveau.

Justement à quoi servent ces machines virtuelles sur lesquelles vous travaillez ?

Une machine virtuelle de haut niveau est un élément essentiel au bon fonctionnement de l’informatique de pointe car elle fait le lien entre le langage de programmation, celui du développeur, et le langage de la machine, composé de chiffres. La machine virtuelle doit être compatible entre des plates-formes différentes (smartphones, ordinateurs…). Elle doit également gérer intelligemment la mémoire nécessaire pour les calculs. L’amélioration des machines virtuelles est donc un enjeu considérable. Dans le cadre de ma thèse, je vais travailler à la conservation de certaines optimisations du code générées automatiquement par les machines virtuelles. L’objectif : éviter que ces modifications ne soient perdues lorsque l’on éteint les calculateurs. À la clé, un gain de temps lors du démarrage des machines.

Comment se sont passées vos premières années au sein d’Inria ?

Quand je suis arrivé dans l’équipe, j’avais une petite appréhension : je craignais, en tant qu’ingénieur, d’être un peu moins bien considéré que les chercheurs. J’ai très vite été rassuré, car l’équipe comprenait deux ingénieurs expérimentés qui apportaient beaucoup aux projets menés par les chercheurs. Et comme l’équipe travaille sur des projets de recherche très appliqués, je me suis très vite senti à l’aise, notamment grâce à un doctorant suisse et un chercheur allemand qui ont assuré ma formation au sein de l’équipe.

Comment expliquez-vous la dimension très internationale de votre équipe ?

L’équipe-projet Rmod contribue au développement et au rayonnement de Pharo, un langage de programmation et environnement de développement utilisé par une vingtaine de PME, une quinzaine d’équipes de recherche, 23 universités et une cinquantaine de sociétés. En tant qu’ingénieur, j’ai été mis à contribution pour améliorer la performance de la machine virtuelle intégrée dans Pharo. C’est assez excitant de travailler sur Pharo, car il y a une communauté très active, notamment au Chili et en Suisse, et près de 3000 étudiants qui l’utilisent pour programmer. La dimension internationale de ce projet m’a permis de côtoyer des personnes venant d’univers très différents. J’ai aussi eu l’occasion de faire des présentations dans de grandes entreprises qui cherchent à migrer vers Pharo. Cette mutation est un défi passionnant et complexe. À nous de leur fournir l’accompagnement nécessaire pour faciliter et accélérer ce processus.

* Équipe projet d’Inria Lille – Nord Europe, commune avec l'université Lille1, au sein de l'UMR 9189 CNRS-Centrale Lille-université Lille1, CRIStAL.

Mots-clés : Machine virtuelle Langage machine Portrait Thèse Pharo Ingénieur

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