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STC (relu) - 8/10/2017

2067 : ''Chaque centimètre carré produira de la donnée''

© Inria / Photo H. Raguet

Hervé Rivano est responsable de l’équipe Agora, nouvellement créée au centre Inria de Grenoble. Son domaine d’études : les réseaux autonomes dans un contexte urbain. À l’occasion des 50 ans de l’Institut, il nous livre sa vision de l’avenir de ce sujet.

Hervé Rivano : « Jusqu’ici, on s’est toujours posé la question de savoir comment faire plus : plus de débit, plus de rapidité, plus d’utilisateurs… Nous avons par exemple besoin de réseaux très puissants pour faire de la réalité virtuelle ou de la réalité augmentée.

Mais, avec l’arrivée des nano et des micro technologies et de l’Internet des objets, tout cela est en train de changer. Nous avons une grande densité d’objets ou d’entités connectées qui ne nécessitent pas d’avoir beaucoup de débit. Au final, au lieu d’avoir quelques utilisateurs qui vont demander un accès au réseau pour des ressources importantes, nous aurons beaucoup d’utilisateurs qui vont demander accès à un peu de réseau.

Aujourd’hui, nous assistons encore au balbutiement de l’Internet des objets. Nous essayons de faire fonctionner quelque chose de très dense qui transmet un peu de données. La prochaine étape, c’est plus que la densité, c’est la continuité.

Des chercheurs ont déjà réussi à fabriquer des nanocapteurs qui sont noyés dans le béton. À terme, nous créerons des matériaux qui généreront et transmettront des données sans équipement supplémentaire.
Comment, dès lors, prendre cette donnée, la transmettre, la gérer ? Et que deviendrait le réseau ? Actuellement, nous modélisons les réseaux avec des outils de mathématiques discrètes, comme les graphes. Avec un réseau en continu, nous devrons utiliser d’autres mathématiques, d’autres objets avec des usages totalement différents.

Demain, chaque centimètre carré du monde sera alors en train de produire ou de transmettre de la donnée.

Cet essor de l’Internet des objets soulève des questions qui sont encore loin d’être résolues, comme celle de la sécurité.

Et si vraiment nous voulons augmenter le nombre d’objets connectés, il va falloir aussi se poser la question de l’optimisation énergétique. Aujourd’hui, un pays développé dépense déjà entre 1 et 3% de son énergie pour les télécoms. Si nous continuons dans ce sens, nous allons devoir construire des centrales nucléaires juste pour l’Internet des objets.

Enfin, le grand changement, c’est que nous allons passer d’un réseau avec des utilisateurs extérieurs à un réseau intrinsèquement lié à l’activité humaine. Du coup, l’analyse et la conception des solutions ne pourront plus se faire en faisant abstraction de l’humain. Pour chaque réseau déployé, il y a un urbanisme particulier, une densité de population, des mobilités, des flux, des choix culturels qui font que les gens utilisent le réseau à tel moment… D’un point de vue méthodologique, cela va changer pas mal les choses. » 

Mots-clés : Internet des objets Villes Intelligentes Agora Hervé Rivano Réseaux Capteurs

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