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Informatique & sismologie

Cécile Michaut - 25/08/2011

Améliorer la prévision des séismes

Magique-3D

Si l’on sait prévoir les mouvements sismiques en surface pour une secousse donnée, on ne parvient toujours pas à prédire la survenue de ces secousses. Des études de très long terme seront nécessaires. Nathalie Glinsky, membre de l’équipe-projet Nachos et au Centre d'études techniques de l'équipement (CETE) Méditerranée, et Etienne Bertrand, chercheur au CETE Méditerranée, nous en disent plus.

A chaque tremblement de terre, la question revient : comment se fait-il que l’on ne sache pas prédire les séismes ? En effet, alors que l’on sait quelques jours à l’avance lorsqu’une éruption volcanique va survenir, il n’en est pas de même des tremblements de terre. « Attention de ne pas confondre prévision et prédiction . On sait détecter les zones où les séismes sont importants, et comprendre les mouvements sismiques en surface lorsqu’on connaît la source et la magnitude du choc : c’est la prévision. En revanche, on ne sait pas prévoir à quel moment, ni à quel endroit précis la secousse aura lieu, on ne sait pas prédire.  » Les chercheurs comprennent les mouvements en surface pour une secousse donnée, à condition de connaître la nature des sols, car les ondes ne se propagent pas de la même manière selon le type de roche. Ils tentent d’améliorer les modèles de mécanique des sols par des études sur le terrain ou en observant comment des échantillons de sol se déforment en laboratoire. Ils s’attachent également à mieux localiser les sources sismiques et à comprendre le mécanisme de rupture sur la faille.

La probabilité d’un événement aussi violent était faible, mais pas nulle.  

Pour évaluer le risque , c'est-à-dire les effets que les séismes peuvent provoquer à un endroit donné, les sismologues ont mis en place des réseaux qui enregistrent en permanence les petits mouvements des sols (la micro-sismicité). Ils s’appuient également sur des études historiques, remontant parfois au Moyen-âge. Il faut en effet avoir des données sur une échelle de temps la plus grande possible pour améliorer les prévisions. Néanmoins, les incertitudes restent grandes. « La puissance du séisme au Japon, de magnitude 9, a surprisLa probabilité d’un événement aussi violent était faible, mais pas nulle. » La localisation de l’épicentre du séisme, à faible profondeur, explique aussi les dégâts.

Mieux prédire les séismes nécessitera encore beaucoup d’observations. Le satellite Demeter, lancé en juin 2004, mesure en continu de nombreux paramètres physiques pour l’étude des séismes. « Nous faisons des efforts sur l’instrumentation , afin de voir s’il est possible de corréler les perturbations de certains paramètres, comme les émissions de radon (un gaz radioactif présent naturellement dans le sol) ou l’électromagnétisme du sol, avec la survenue de séismesPour l’instant, de telles corrélations n’ont pas été détectées, mais nous devons observer sur de très longues périodes de temps.  » Certains phénomènes ne se reproduisent en effet qu’après plusieurs siècles, et il est donc nécessaire de poursuivre les observations sur des centaines d’années pour les comprendre.

Mots-clés : Séismes Prévention Risques Alertes Visualisation 3D Modélisation CETE Nathalie Glinsky

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