L’équipe-projet RMoD donne naissance à une nouvelle startup : Codaxis

Date:
Mis à jour le 06/03/2020
Guillaume Larchevêque et Cyril Ferlicot-Delbecque, ingénieurs de recherche à Inria Lille - Nord Europe, s'apprêtent à créer une startup qui appliquera de façon industrielle les découvertes de l'équipe-projet RMoD (analyse de code et remodularisation des applications). Elle proposera, via un transfert de technologies, de nouvelles solutions d'analyse et de cartographie logicielle aux banques et aux assureurs.
deux personnes devant écran
© Inria / Photo Raphaël de Bengy

Un projet dont les origines remontent à RMoD

Analyser pour comprendre les caractéristiques des grands systèmes utilisés dans les banques et les sociétés d'assurance afin de faciliter leur maintenance logicielle et leur évolution. C'est l'objectif de Codaxis, une startup sur le point d'être officiellement lancée par deux ingénieurs de recherche d'Inria Lille – Nord Europe, Guillaume Larchevêque et Cyril Ferlicot-Delbecque. Elle commercialisera des solutions permettant d'analyser la structure des logiciels existants et de cartographier leurs organisations et interactions avec toutes les autres composantes du système d'information. Le but ? Réduire les risques lors des modifications, améliorer la sécurité et diminuer les coûts.

À l'origine de ce projet, il y a l'équipe-projet RMoD, commune à Inria, Centrale Lille et l'université de Lille. « Cette équipe de recherche, qui mobilise en permanence environ 20 ingénieurs et chercheurs, se concentre sur la remodularisation, autrement dit sur des analyses permettant de comprendre et de restructurer les grandes applications », indique Guillaume Larchevêque, sur le point de se lancer dans cette aventure entrepreneuriale. « Elle travaille pour cela à la fois sur tout ce qui touche aux langages de programmation et aux données annexes exploitables, en les modélisant et en simulant de façon théorique des modifications sur les systèmes en production. »

Les cofondateurs, soutenus par l'équipe d'incubation d'Inria, ont pris le parti de cibler spécifiquement les « bancassureurs », pourvus de grands systèmes « historiques », qu'ils doivent aujourd'hui faire évoluer et adapter aux nouvelles réglementations et normes de sécurité. La promesse ?

« Réduire leurs coûts de maintenance, qui représentent en moyenne 80 % des investissements dans les systèmes d'information, en leur proposant des outils accessibles les accompagnant au quotidien », ajoute Guillaume Larchevêque.

Cela passe, par exemple, par des techniques de « décomposition », visant à segmenter les grands logiciels centralisés en de plus petites entités, plus simples à faire évoluer. Cela passe aussi par de la « factorisation », permettant de réduire au maximum les doublons de code. Pour cela, il convient d’éliminer les parties du programme qui n'ont plus de réelle utilité mais consomment toujours du stockage et compliquent le travail des développeurs : on appelle cela le retrait du code mort.

Partenariat avec Inria

« En tant que startup, notre premier objectif sera d'industrialiser et de commercialiser une nouvelle version de l'outil open source, qui bénéficie des enrichissements réguliers d'une communauté de chercheurs et d'industriels. Mais nous ne couperons pas les ponts avec l'équipe de recherche Inria : elle continuera de nous apporter une matière grise essentielle pour notre développement. » En retour, Codaxis sera en mesure de livrer à l'équipe-projet « de nouveaux cas concrets techniques », liés aux problèmes rencontrés par les grands comptes du secteur financier. Si tout se passe bien, la jeune pousse, qui cherche actuellement à recruter un business developer, devrait aussi à terme être en mesure de trouver des financements pour aider les chercheurs souhaitant effectuer une thèse sur ces sujets.

Guillaume Larchevêque en Bref

Après un master en ingénierie et architecture des grands logiciels, obtenu à l'université de Lille en 2010, Guillaume Larchevêque a débuté sa carrière dans l’industrie de la santé (en particulier sur l'une des premières versions du dossier médical partagé, dit DMP) puis chez un éditeur de logiciels de surveillance maritime. Il rejoint Inria Lille – Nord Europe en 2012, avec l'objectif de développer des solutions opérationnelles exploitant les recherches de RMoD. Il rallie deux ans plus tard Synectique, une première startup essaimée de ce programme de recherche, en tant qu'architecte applicatif, puis revient à Inria mi-2017 pour un contrat qui arrive à son terme en octobre 2019. Date à laquelle ce jeune homme à la fibre entrepreneuriale posera seul les premières pierres de Codaxis, en attendant l'arrivée de Cyril Ferlicot-Delbecque, prévue à l'achèvement de son CDD chez Inria en octobre 2020.