Agriculture : faciliter le travail des agriculteurs

Date:
Mis à jour le 16/07/2020
Capteurs Toutilo
Capteurs Toutilo © Inria / Photo C. Morel

Toutilo, l'enjambeur de cultures

Planter, désherber, récolter, transporter. Voilà les quatre grands domaines dans lesquels le cobot Toutilo se propose de faciliter le travail des agriculteurs. Créé par la startup Toutiterre née en 2014 et qui collabore avec Inria depuis 2015, ce véhicule roule à une vitesse régulée par-dessus les rangs de culture et offre une multitude de fonctionnalités. Les travailleurs peuvent s'y asseoir ou s'y allonger dans une position ergonomique pour intervenir sur leurs plants tandis que le cobot avance de façon autonome.

C'est d’ailleurs le point fort de Toutilo : Toutiterre et Inria l'ont équipé d'un système de guidage par GPS mais également d'une technologie d'opto-guidage. Une caméra optique sur le véhicule l'oriente en fonction d'un repère présent dans le paysage, comme un cordeau au sol ou les cultures elles-mêmes. Ainsi, l'utilisateur n'a plus à diriger l'appareil et peut se concentrer sur sa tâche. Le cobot est également muni d'outils qui lui permettent de travailler le sol de façon mécanique ou encore d'un porte-cagettes central qui peut accueillir jusqu'à 12 plateaux de légumes... que les agriculteurs n'ont ainsi plus à porter.

Les scientifiques d’Inria œuvrent encore pour améliorer l'interactivité et l'autonomie de la machine, notamment via la collecte et la restitution de données spatiales et temporelles pour mieux accompagner l'agriculteur dans son travail. Plus de 70 Toutilo ont déjà été vendus dans le monde... et ce n'est sûrement qu'un début !

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Dilepix : la bonne action au bon moment

La startup Dilepix est née en 2018 de la rencontre de deux expertises. D'un côté, celle de la plateforme ViSP (Visual Servoing Platform), créée par l’équipe-projet Rainbow d'Inria Rennes, capable d'analyser des images et de faire bouger des robots en fonction de celles-ci. De l'autre, les réseaux de neurones de l'intelligence artificielle de Dilepix. En unissant les deux, la startup entend réussir à repérer les situations d'intérêt agronomique dans les exploitations agricoles.

Comment cela se traduit-il concrètement ? Des caméras placées dans des champs, sur les machines agricoles ou dans les bâtiments d'élevage permettent à l'IA de reconnaître les situations anormales, qu'elles soient négatives, comme l'arrivée d'insectes ravageurs ou d'adventices (« mauvaises herbes ») ou encore le boitement d'un animal, ou positives, comme l'apparition des graines ou des fleurs. Résultat : en détectant en temps réel les situations qui nécessitent une intervention, il n'est plus utile de traiter systématiquement et préventivement des parcelles entières ou l'ensemble des animaux ! L'IA permet ainsi une économie de temps et de produits pour une agriculture plus rentable et plus durable. Le service sera proposé aux coopératives agricoles et aux machinistes, qui pourront à leur tour le distribuer auprès de leurs clients. En cas d'alerte, ce sont ces premiers acteurs qui se chargeront de prévenir ou non l'agriculteur. Dilepix entraîne actuellement son réseau de neurones à reconnaître les situations d'intérêt. La commercialisation devrait commencer en 2021.

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Toutes nos innovations en cobotique se font selon une même logique : rendre les usages extrêmement simples. Développer des technologies ne sert en effet pas à grand-chose si l'on n'a pas parlé d'usage auparavant.

Flore Lacrouts-Cazenave, présidente de Toutiterre, à propos de Toutilo, l'enjambeur de cultures

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