Systèmes embarqués et cyber-physiques

Alerion : des drones taillés pour les professionnels

Date:
Mis à jour le 27/10/2021
Rendre les drones plus intelligents, plus sûrs et leur donner de nouvelles fonctionnalités : c'est le savoir-faire d'Alerion. Créée en 2015, la startup nancéienne développe des solutions logicielles et matérielles innovantes qui répondent aux besoins des entreprises et industriels.
Drone CEOS en vol
© Grégoire GUEROUT

Mon nom : Alerion. Ma passion : les drones et l'innovation

J'ai comme ambition de démocratiser l'usage des drones professionnels, à l'instar des drones de loisirs. « Gain de temps et financier, réduction des risques pris par les opérateurs humains… Les drones peuvent apporter une vraie plus-value à beaucoup de secteurs », estime ma présidente et cofondatrice, Anne-Sophie Didelot. Pour développer ces drones intelligents et sur mesure, j'ai fait le pari de me consacrer à la recherche et au développement. Avec mon équipe d'ingénieurs, spécialistes des véhicules autonomes ou de l'intelligence artificielle, j'ai participé au fil des années à de nombreux projets collectifs de recherche. Grâce aux soutiens financiers du programme Horizon 2020, du FEDER, du FUI ou de ma Région, j'ai pu nouer des partenariats partout en Europe avec des universités, des laboratoires de recherche, des grands groupes, des PME ou d'autres startups. Dans le cadre du projet Multidrone, j’ai travaillé par exemple avec Thales afin de concevoir un essaim de drones capables de coopérer dans le but de rediffuser des événements sportifs.

Née de la recherche et du transfert technologique

Anne-Sophie Didelot : « J'aime le défi de la création »

Portrait d'Anne-Sophie Didelot
© reZ studio

 

Doctorante en physique et chimie des matériaux, Anne-Sophie Didelot a exercé comme responsable d’un laboratoire d'essais mécaniques dans un Centre de Ressources Technologiques (CRT). Elle utilise alors une technologie brevetée de caractérisation des matériaux. Son expérience intéresse l'université de Lorraine qui souhaite créer une startup autour de cette technologie. Entre 2010 et 2014, Anne-Sophie Didelot travaillera ainsi à la création de ProViSys Engineering. « Si finalement, j'ai décidé de ne pas continuer l'aventure, c'est elle qui m'a donné l'opportunité de découvrir l'entrepreneuriat. Ce que j'aime, c'est le défi de la création : partir de zéro, imaginer une stratégie, mettre en place des actions, créer l’équipe qui m’accompagnera… Au quotidien, j'apprécie également d’être multicasquette : je peux aussi bien travailler sur les aspects de management que m'occuper du développement commercial ou faire la compta. Pas un jour qui ressemble à un autre. »

À l'origine de ma création : Laurent Ciarletta, enseignant-chercheur en informatique et télécommunications au Loria, responsable de l’équipe de recherche SIMBIOT. Il utilise d'abord les drones comme outil pédagogique avant de s'y intéresser en tant qu'objet de recherche et de développer leurs potentiels. Après sa rencontre avec Anne-Sophie Didelot via l'Incubateur Lorrain, je nais officiellement au mois de juin 2015. Mes cinq premières années, je suis hébergée dans les locaux du centre Inria Nancy – Grand Est au sein de l'espace transfert et innovation. Un environnement propice à mon développement. Depuis le 1er janvier 2021, je déménage sur le campus Artem où je continue néanmoins à bénéficier du soutien du Creativ’Lab. « Cette plate-forme nous permet d'utiliser des infrastructures dans lesquelles nous n'aurions pas eu les moyens d'investir comme des imprimantes 3D ou une volière pour drone », raconte Anne-Sophie Didelot.

Répondre à la diversité des besoins de mes clients

Ma mission : développer des drones sûrs et aux compétences variées pour répondre aux besoins de mes clients. « Alerion développe des briques cyberphysiques fonctionnelles. Mêlant logiciel et/ou matériel, elles permettent, après implémentation sur le drone, d'agir sur sa sûreté, sa sécurité, son autonomie, de développer son intelligence ou de lui donner des fonctionnalités supplémentaires en intégrant des sondes et capteurs », explique Anne-Sophie Didelot. Au fil de mes différents projets, j’ai par exemple donné vie à des drones capables de voler de manière automatique pour suivre une mission et détecter des anomalies, d’acquérir et de transmettre des données de capteurs spécifiques, d’éviter un obstacle soudain… Ils contribuent par exemple à la surveillance du réseau ENEDIS dans le Grand Est, des clôtures de l'aéroport de Caen ou des conduites forcées de barrages hydrauliques EDF.

Ma fierté : l'Hydradrone

Avec ses pales innovantes capables de réaliser une rotation - ce qui lui permet à la fois de voler et de naviguer - l'Hydradrone amphibie est l'une de mes plus belles réussites. J'ai développé ce prototype pour la société Pedon Environnement & Milieux Aquatiques (PEMA-Groupe PINGAT), premier partenaire à m'avoir accordé sa confiance. « Notre activité d'hydrobiologistes consiste à réaliser des diagnostics, études d'impact et expertises de projets (industriels, routiers, ferroviaires…) sur le milieu aquatique et sa faune associée, indique Anne Ribayrol-Flesch, directrice générale du "pôle eau & environnement" du groupe Pingat et fondatrice de PEMA. En vol, l'Hydradrone nous permet par exemple de visualiser l'ensemble du linéaire d'un cours d'eau, de voir les éléments d’accostage de notre bateau, de repérer les stations d’échantillonnages, les zones homogènes du cours d’eau et également les zones de frayères, ou de travailler sur l'hydromorphologie. En position de nage, le drone peut par exemple réaliser des analyses d'eau et envoyer immédiatement les résultats en ligne sur l'ordinateur. L’Hydradrone est une véritable valeur ajoutée et améliore la qualité de notre travail par un gain de temps lors de la prospection des écosystèmes aquatiques. »

Mon avenir ?

Aujourd'hui, ma présidente souhaite développer nos collaborations avec les professionnels et ne s’interdit aucun secteur d’activités : « Les projets de recherche nous ont apporté une légitimité. Ils nous ont permis de montrer l'étendue de notre savoir-faire, de prouver notre sérieux et de nouer des partenariats précieux. Désormais l'idée est de séduire les industriels, de les convaincre de l’intérêt d’investir dans un drone innovant. » Mon objectif est de les aider à développer leurs activités grâce aux drones. Dans le cadre de cette stratégie, j'ai notamment recruté une chargée de développement commercial et marketing digital. Si 2021 se déroule bien, j'envisage aussi le recrutement d'ingénieurs systèmes embarqués pour enrichir l’équipe technique. « Nous poursuivrons en parallèle les projets de recherche car ils nous permettent de rester à la pointe et de travailler avec des partenaires experts dans des domaines qui évoluent très vite », assure Anne-Sophie Didelot.