Changed on 10/05/2023
L’essor de l’industrie digitale a mis en exergue la pollution numérique et ses multiples facettes : fabrication des terminaux, consommation en électricité et en eau des data centers, fin de vie des équipements… La prise de conscience et le passage à l’action doivent se porter à toutes les échelles, en prenant en compte de nouvelles solutions. Les infrastructures décentralisées, dites "edge", présentent des atouts majeurs, qu’Inria et Qarnot, avec le soutien de l’ADEME, souhaitent évaluer et optimiser avec le lancement du défi PULSE. Mesure, modélisation, distribution, optimisation : le projet de recherche promet des avancées concrètes pour réduire l’empreinte du numérique.

Puissance de calcul géorépartie et chaleur fatale informatique

Dans ce domaine, la société Qarnot se démarque des data centers traditionnels en proposant une solution décentralisée permettant notamment la valorisation de la chaleur émise par les serveurs. Ces serveurs, positionnés directement là où la chaleur est nécessaire, exécutent des calculs complexes dans des bâtiments ou des sites où la "chaleur fatale informatique" pourra être valorisée (logements, réseaux de chaleur, piscines, entrepôts logistiques). À la différence des data centers classiques, Qarnot ne dépense pas d’énergie pour refroidir les serveurs, et mutualise une source d’énergie pour deux usages : le calcul intensif et la chaleur durable.

Évaluer et mesurer la pertinence d’une infrastructure edge

Inria et Qarnot, avec le soutien de l’ADEME, lancent le défi PULSE (pour "PUshing Low-carbon Services towards the Edge") visant à mesurer, comprendre et optimiser les consommations d’énergie d’infrastructures de calcul distribuées. Le défi PULSE permettra de mobiliser aux côtés de Qarnot les compétences de plusieurs équipes-projets d’Inria*. Il documentera les performances et les atouts du edge computing, ainsi que les marges d’amélioration de son efficience logicielle et environnementale.

* Ces équipes-projets sont communes avec des partenaires académiques :  Avalon (Université Claude Bernard (Lyon 1), Ecole normale supérieure de Lyon, CNRS), Ctrl-A (Institut polytechnique de Grenoble, Université de Grenoble Alpes), Spirals (Université de Lille), Stack (IMT Atlantique), Storm (Université de Bordeaux, CNRS, Institut Polytechnique de Bordeaux), et Topal (Université de Bordeaux, CNRS, Institut Polytechnique de Bordeaux).

Ce projet de recherche, engagé pour quatre ans, repose sur deux axes et six sous-projets, et s’attachera d’abord à dresser un bilan objectif des apports d’une infrastructure distribuée en comparaison avec une infrastructure centralisée, type data center. Ces recherches permettront donc d’évaluer concrètement les bénéfices de services numériques en bordure de réseau. Ce travail reposera notamment sur la mesure précise des consommations des processeurs décentralisés, aux niveaux matériel comme logiciel, et le bilan de ces infrastructures tout au long de leur cycle de vie.

Optimiser l’efficience des infrastructures géodistribuées pour en réduire l’impact environnemental

Dans le second axe, les scientifiques du défi viseront à optimiser l’exécution des tâches pour en limiter les consommations, en améliorant notamment leur distribution, leur répartition, leur utilisation et donc in fine la qualité de service.

Inria et Qarnot entendent donc s’attaquer au sujet de la pollution numérique à un niveau très fin, en complément des travaux d’amélioration réalisés à grande échelle. 

Pour Romain Rouvoy, professeur à l’université de Lille et membre de l’équipe-projet Inria Spirals et coordinateur du défi PULSE avec Rémi Bouzel, directeur scientifique de la société Qarnot computing :

Verbatim

Notre idée, c’est d’analyser quelles sont les solutions les plus pertinentes, et quels sont les leviers sur lesquels il faut se pencher, pour réduire l’impact des infrastructures tout en maximisant l’utilité de leurs émissions.

Pour Paul Benoit, cofondateur et président de Qarnot

Verbatim

Nous sommes ravis d’engager ce défi avec Inria, dont l’expertise aidera à perfectionner encore la logique décentralisée du calcul opéré par Qarnot. Ce travail de recherche explore des sujets très techniques dont les effets seront concrets pour améliorer l’empreinte du numérique. J’ai le sentiment que nous engageons, Inria et Qarnot, un défi vertueux, que chacun nourrira avec ses équipes et leurs savoir-faire.

Pour Bruno Sportisse, PDG d’Inria :

Verbatim

Inventer un modèle soutenable pour le numérique est devenu un vrai enjeu. Nous ne pourrons y arriver qu’en construisant un écosystème de recherche et d’innovation, ancré dans des politiques publiques. C’est pour cela qu’Inria lance un programme « Numérique et environnement », dont une première action d’ampleur est le défi PULSE avec Qarnot computing, soutenu par l’ADEME.

Téléchargez le communiqué de presse du partenariat Qarnot/Inria