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Mathématiques appliquées

Françoise breton - Technoscope - 8/03/2010

Deux chercheuses passionnées de mathématiques

©INRIA / Photo-Kaksonen ©Inria / Photo-Kaksonen

À l’occasion de la journée internationale des droits de la femme, une chercheuse confirmée et une jeune doctorante nous confient leur enthousiasme pour leur métier. Interview croisée de Catherine Bonnet, responsable de l’équipe DISCO et membre du bureau de l’association Femmes et mathématiques, et Céline Blondeau, doctorante dans l’équipe-projet SECRET.

Comment avez-vous rencontré la recherche en mathématiques ?

Catherine Bonnet

Catherine Bonnet : Je faisais des études de mathématiques par goût. Je visais alors l'enseignement, seul débouché que j'imaginais alors. C'est au cours de mes études universitaires, au contact des étudiants en thèse que j'ai envisagé un métier de chercheur. Mais à l'époque, je pensais que la recherche ne pouvait être qu'appliquée et que l'on ne faisait pas de découvertes en mathématiques. Ce n'est qu'au cours de ma thèse dans l'aérospatial que j'ai compris les enjeux de la recherche théorique et des méthodes exactes, sûres et génériques pour résoudre des problèmes concrets.


Céline Blondeau

Céline Blondeau : Au lycée, je ne savais pas trop ce que voulait dire faire de la recherche en mathématiques. J’en avais une image assez vieillotte véhiculée par les médias. Mais j’ai toujours été attirée par les mathématiques, la logique, la magie des chiffres et, par la suite, de toutes sortes d’objets que l’on manipule. Je voulais enseigner les mathématiques. C’est au contact de mes professeurs à l’université que j’ai découvert la recherche. Le métier de chercheuse m’est alors apparu comme une voie toute naturelle.

Quels sont les atouts du métier de chercheuse ?

Catherine Bonnet : Pour moi, le plus important, c'est de pouvoir apprendre tous les jours et de progresser. Je le fais avec plaisir parce que ce métier s'appuie aussi sur des échanges continuels avec des chercheurs de son équipe ou des collègues à l'étranger. Un autre versant du métier que j'apprécie beaucoup est l'exercice de vulgarisation nécessaire à la diffusion de nos travaux à des publics non avertis. Je m'implique notamment dans des actions vers les jeunes qui, s'ils n'ont pas d'exemples proches de chercheurs, n'ont qu'une idée très floue de ce que cela représente.

Céline Blondeau : Dans ce métier, il y a un côté « défi ». J'adore me confronter à des problèmes compliqués et essayer de les résoudre en trouvant des solutions originales. De plus, c'est tout sauf la routine : on apprend de nouvelles choses en permanence et les problèmes sont très variés. On ne fait pas tous la même chose. Mais ce n'est pas pour cela que l'on travaille seul. Le travail en équipe est important. Je suis dans une équipe où l'ambiance est très bonne et l'on s'entraide beaucoup.

Catherine, vous faites partie de « Femmes et mathématiques », pouvez-vous nous présenter l’association ?

Catherine Bonnet : J'ai découvert l'association en allant écouter l'intervention d'une amie au forum des jeunes mathématiciennes organisé régulièrement par l'association. J'ai été séduite par le dynamisme et la richesse des interventions et des réflexions, notamment sur la place des femmes dans le monde des sciences. L'objectif est d'attirer les plus jeunes vers des carrières scientifiques et de lutter contre l'autocensure en offrant la possibilité d'échanger sur les expériences des unes et des autres. D'une façon générale, l'association agit auprès des instances gouvernementales pour améliorer les conditions d'activité des mathématiciennes. Elle essaie aussi de changer les mentalités, par exemple pour que des campagnes de promotion des femmes ne soient pas contreproductives !

À propos

Equipe projet SECRET
 (Sécurité, cryptologie, transmission)

Domaine de prédilection de l'équipe-projet SECRET, la conception et l'analyse de la sécurité d'algorithmes cryptographiques est indispensable pour assurer la confidentialité et l'intégrité des données, par exemple pour la navigation sur internet, le paiement en ligne, les communications téléphoniques, le vote électronique ou, plus récemment, les données personnelles de santé.

Equipe de recherche DISCO
(Systèmes dynamiques interconnectés dans des environnements complexes)

L'équipe DISCO développe des méthodes de contrôle robustes, capables de s'appliquer à toutes sortes de systèmes complexes, aussi bien dans le domaine de la médecine (leucémie myéloïde chronique et aiguë), que celui de la biologie microbienne (digesteur anaérobie) ou de l'énergie nucléaire (installations cryogéniques, schémas de téléopération).

Mots-clés : Equipe SECRET Equipe DISCO Science

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