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Prix Inria 2011

Stéphane Donikian, au cœur de l’aventure de Golaem

Stéphane Donikian © Inria / Photo C. Lebedinsky © Inria / Photo C. Lebedinsky

Créée en janvier 2009, Golaem est le fruit d’une dizaine d’années de recherches de Stéphane Donikian sur la modélisation du comportement humain. La start-up qu’il a créée a décroché plusieurs contrats et, depuis mai 2011, commercialise son  troisième produit, Golaem Crowd,  pour le cinéma d’animation.

Une innovation pluridisciplinaire. C’est sûrement ce qui caractérise le mieux les solutions logicielles proposées par Golaem, cette spin-off d’Inria, spécialisée dans la modélisation et la simulation de comportements  humains. L’entreprise propose des logiciels inédits, capables de reproduire des mouvements réalistes de foules  à l’échelle des individus, en interaction avec leur environnement, s’adaptant et anticipant leurs déplacements selon la densité de la foule, la signalétique, les obstacles, les événements. Avec ce prix de l’innovation Inria-Dassault Systèmes, Golaem se voit une fois encore récompensée – elle a aussi été lauréate du concours national d’aide à la création d’entreprises de technologies innovantes en catégorie émergence en 2008 et création-développement en 2009.

Validation temps-réel d’environnement industriel © Golaem Validation temps-réel d’environnement industriel © Golaem - © Golaem

« Nous avons toujours privilégié une approche globale, explique Stéphane Donikian, PDG de Golaem. Nos logiciels, initialement développés dans le cadre de mon ancienne équipe Inria, BUNRAKU, sont imprégnés de sciences comportementales (psychologie sociale, sciences cognitives, neurosciences…) et agrègent plusieurs technologies (motricité, navigation, prise de décision, interactions avec l’environnement…) » Les autres logiciels de simulation de comportements  humains utilisent des modèles mathématiques et des lois physiques, ou encore de la logique floue. L’intérêt de cette simulation comportementale ? Peupler les maquettes  d’urbanisme d’avatars réalistes, tester le fonctionnement d’une chaîne d’assemblage, améliorer la formation  du personnel, prévoir l’impact de nouveaux design de trains sur la circulation des usagers, proposer des scènes plus réalistes pour les jeux vidéo

« Dès que nos prototypes ont été exploitables en laboratoire, en 2006, les demandes de partenariat industriel ont afflué, il a fallu choisir un mode de valorisation, raconte-t-il. Nous avons tenté un développement en logiciel libre, trop lourd à maintenir, un transfert vers un éditeur de logiciel, sans succès… » En 2007, l’idée de la start-up a fait son chemin et s’est concrétisée début 2009 après une année d’incubation. Installée depuis l’été 2009 sur la technopole de Rennes Atalante, Golaem compte désormais neuf jeunes ingénieurs et deux commerciaux. Stéphane Donikian en est le PDG depuis juin 2010. « Je ne voulais pas au début, avoue t-il. Finalement, après avoir appris un peu de compta, de gestion... » Et il peut toujours compter sur les liens avec son ancien labo pour les recherches.

Simulation de déplacements et d’évitements dans une gare Simulation de déplacements et d’évitements dans une gare - Golaem

Après une année consacrée à l’industrialisation des logiciels, la jeune pousse décroche ses premiers contrats et partenariats en 2010 : avec la SNCF  pour étudier le cheminement des voyageurs entre trains et quais et avec Dassault Systèmes  pour intégrer le logiciel dans leur boîte à outil de mondes virtuels, 3DVIA. Golaem développe depuis quelques mois un simulateur de foules avec Mikros Image, spécialiste français d’effets spéciaux pour la publicité et le cinéma, dans le cadre du projet MiCrowd soutenu par le Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC) et Oséo. Présenté en mai 2011 à la conférence FMX sur les effets spéciaux (Stuttgart), le logiciel, baptisé Golaem Crowd, est destiné à être utilisé dans des logiciels de cinéma d’animation et d’effets spéciaux. « L’ensemble de fonctionnalités (morphologies, mouvements, décors, comportements…) et la simplicité d’utilisation, sans programmation, a eu beaucoup de succès, se réjouit-il. Les studios nous proposent de nombreuses améliorations, qui sont autant de pistes de progrès. » Des discussions sont aussi en cours entre autres avec les secteurs de la défense, du transport, et de l’industrie manufacturière.

Ce cinéphile qui a travaillé pendant 20 ans pour le festival de cinéma Travelling de Rennes, n’était jusque là pourtant pas passionné d’effets spéciaux. Il est plutôt féru de cinéma d’art et d’essais. Une chose est sûre : il est passionné de réalité virtuelle que ce soit, au début de sa carrière, pour modéliser le comportement de conducteurs de véhicule, puis de piétons, ou aujourd’hui d’humains en général.

Interview Dassault Systèmes

© Dassault Systèmes

Inria et Dassault Systèmes créent un prix de l’innovation dédié aux sciences et technologies de l’information. Dominique Florack, directeur général adjoint de Dassault Systèmes, en charge de la recherche et du développement, nous explique sa genèse et le choix du lauréat 2011.

 Quels sont les enjeux de ce nouveau prix ?

 Dominique Florack :  L’enjeu sociétal de la compétitivité des entreprises est colossal. Celle-ci repose en grande partie sur les capacités d’innovation de ces dernières. Le transfert technologique recherche-industrie est un des dispositifs clés d’innovation. C’est ce mécanisme fondamental que nous avons voulu récompenser au travers de ce prix commun Inria-DS qui consacre chaque année une équipe issue du monde de la recherche publique.

 Pourquoi avoir choisi Golaem ?

 D. F. : Nous avons choisi les travaux de l’équipe BUNRAKU d’Inria, devenue Golaem, car ils soulignent le potentiel important constitué désormais par la virtualisation du monde,  et associent univers virtuels et avatars réalistes. Nous avons d’ailleurs collaboré dans le cadre du projet Usine Numérique du pôle de compétitivité System@tic. Chaque jour, de nouveaux horizons s’ouvrent comme par exemple la conception de salles de formation virtuelles pour l’éducation, la recherche, la santé… Plus généralement, nous récompensons des travaux dont le transfert permettra de nouveaux usages, et la valorisation industrielle de nouvelles technologies.

Témoignages

Benoît MAUJEAN, directeur de la R&D chez Mikros Image, spécialiste de la fabrication d’effets spéciaux pour la publicité et le cinéma :

 

Benoit Maujean

« J’apprécie particulièrement la rigueur, la très grande culture scientifique et l’expertise de Stéphane Donikian, avec lequel nous avons monté avec succès un projet de développement de logiciel. Les technologies développées par Golaem nous permettent d’adresser des problématiques complexes d’animation, avec un grand nombre de personnages, tout en s’adaptant à nos contraintes scénaristiques et avec le meilleur réalisme visuel. »

Bruno ARNALDI, professeur à l’INSA de Rennes :

Bruno Arnaldi

 « Stéphane est animé d’une extrême rigueur, il est à la fois très méthodique et très inventif. Il a une grande capacité d’innovation scientifique : il invente de nouvelles manières de traiter les problèmes tout en restant proche des usages et des applications. Ses travaux ont d’ailleurs été valorisés dans de nombreux projets. Il a aussi le don de l’animation : il a dirigé de nombreux projets collaboratifs et animé l’équipe BUNRAKU, parmi les plus importantes d’Inria (55 personnes). »

Mots-clés : Prix Inria Innovation Stéphane Donikian

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