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Start-up - Robocortex

Françoise Monfort - Technoscope - 8/12/2010

Interview d'Ezio Malis

Ezio Malis

Robocortex est la dernière née des start-up issues d’Inria. Elle a été créée par Ezio Malis, un chercheur devenu entrepreneur, à force de voir les industriels s'intéresser à ses résultats de recherche. Son logiciel d’analyse d’images conçu pour la vision robotique a en effet de multiples applications civiles et militaires, une gamme qui va des drones de reconnaissance aux aspirateurs. Rencontre avec cet innovateur.

Comment en vient-on à créer une start-up ?

Ezio Malis  : Mon stage de fin d’études s’est déroulé en partie à EDF et en partie au Centre Inria de Rennes dans l’équipe LAGADIC où j’ai préparé ma thèse. En 2000, en intégrant l’équipe ICARE  (devenue AROBAS), j’ai pu développer des recherches sur l’analyse d’images en temps réel pour la robotique. Je n’avais jamais imaginé me lancer dans une création de start-up. Mais en 2007, l’intérêt croissant des industriels pour cette technologie m’a incité à la valoriser moi-même, plutôt que de signer un contrat de transfert et de laisser les autres le faire à ma place. Il m'intéressait aussi d’apprendre un nouveau métier. Après avoir été lauréat du concours Oséo des entreprises innovantes en 2008, j’ai fait faire une étude de marché par un cabinet pour estimer la faisabilité du projet. A partir de 2009, Inria Sophia-Antipolis m’a permis de créer l’équipe EVOLUTION, une équipe dédiée à la maturation de la technologie mise au point. En 2010, la création de la start up a été autorisée par le pdg d'Inria. Le 22 octobre dernier, elle a été officiellement créée avec mon associé Manuel Asselot qui est aussi directeur commercial.

Du résultat de recherche au produit commercialisable, quel est le statut de votre technologie ?

Ezio Malis  : La technologie reste une propriété d’Inria, elle fait l'objet d'un contrat de transfert entre Inria et la start up Robocortex. La licence d'exploitation de la technologie développée au sein de l'équipe EVOLUTION, prévoit une redevance pour la start up, avec à terme une option de rachat. Inria a beaucoup facilité les choses en embauchant des ingénieurs pour travailler sur des projets collaboratifs qui ont servi à nous mettre sur les rails.

Comment se profile l’avenir de Robocortex ?

Ezio Malis  : Nous avons un chiffre d'affaires acquis que nous devons au travail préalable effectué à l’Institut. La transition s’est faite en douceur : nous sommes encore dans les bureaux d’Inria, et il est prévu que nous déménagions en avril prochain dans les locaux de l’incubateur PACA-EST.  Lorsque les projets en cours seront terminés, nous pourrons poursuivre les collaborations avec Inria, par exemple en robotique avec les équipes AROBAS à Sophia-Antipolis, LAGADIC de Rennes, IMARA à Rocquencourt, mais aussi avec d’autres équipes qui travaillent sur la vision par ordinateur. Nous avons toujours participé à des projets associant plusieurs équipes. Je ne souhaite pas que le fait d’être chez Robocortex change les choses ; je suis aujourd'hui davantage focalisé sur l’industrialisation mais les thématiques de recherche restent les mêmes.

FOCUS TECHNO

Robocortex exploite un logiciel d’analyse d’images conçu pour la vision robotique en temps réel et basé sur des algorithmes « robustes » développés au sein d’Inria. Plutôt que de tenter de reproduire la qualité de la vision humaine, la start-up développe une vision qui s'en rapproche, qu'elle déploie dans des robots, susceptibles de se repérer dans l’environnement. Cette robotique de service a de multiples applications.

Elle pourrait par exemple améliorer sensiblement les performances des robots aspirateurs qui, aujourd'hui dotés d’un capteur telémétrique sonar ou laser, sont aveugles et n’enlèvent la poussière qu’à force de passer et repasser sur les surfaces à nettoyer ! 

Robocortex commercialise déjà deux produits. Le premier, Rox Tracking SDK, permet de repérer un objet dans une image vidéo et de le suivre, par exemple pour contrôler le trafic routier. Cette technologie intégrée dans des caméras embarquées sert à la détection de piétons ou au contrôle des distances de sécurité. Le produit a déjà convaincu la société Valéo pour les automobiles ou encore la société Bertin Technologies pour des drones de reconnaissance et de surveillance.

Le second produit, Rox Odometry SDK, permet d’estimer la position d’un véhicule en mouvement (odométrie). Ce logiciel embarqué rend possible le contrôle des déplacements d’un robot par exemple, mais également l’incrustation d’objets dans une scène vidéo (effets spéciaux) ou le développement de nouveaux services pour les smartphones. Des négociations sont en cours avec des développeurs d’application pour Smartphones. Pour le moment, les sociétés commercialisant le même type de produits ne proposent pas d’algorithmes suffisamment robustes et fiables pour représenter une véritable concurrence à la technologie Robocortex sur le marché.

Mots-clés : Robocortex Ezio Malis Start-up Robotique

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