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Start-up - OCamlPro

12/03/2014

Interview de Fabrice Le Fessant

OCamlPro fournit des services et des outils pour le développement rapide de logiciels de haute qualité. Son expertise dans le langage OCaml lui permet de développer son activité dans tous les domaines où la correction du code, la haute disponibilité et la sécurité sont des enjeux importants. Retour sur la création de cette start-up avec Fabrice Le Fessant, son fondateur…

Comment êtes-vous arrivé chez Inria ?

À l’École Polytechnique, j'ai fait mon premier stage de recherche chez Inria. Je ne l'ai quitté qu'une fois depuis, pour un post-doc d'un an chez Microsoft Research, à Cambridge (UK). Après avoir travaillé longtemps sur les systèmes distribués, principalement avec Anne-Marie Kermarrec, je suis récemment revenu à mes « amours de jeunesse », les langages de  programmation, et OCaml en particulier. Après l'avoir beaucoup utilisé avec succès dans des domaines très divers, j'étais convaincu que ce langage méritait d'être plus connu et plus utilisé.

Qu'est-ce qui vous a décidé à créer OCamlPro ?

En 2007, j'ai participé à la création d'une première entreprise, MoveNPlay, avec Anh-Tuan Gai et Laurent Viennot. Cette expérience a un peu démystifié pour moi le processus de valorisation de la recherche. Aussi, j'ai toujours pensé qu'un institut comme Inria n'a d'intérêt que si le fruit de sa recherche peut bénéficier à l'économie française. C'est une façon pour moi de participer au bon fonctionnement d'un État dont les services publics m'ont beaucoup aidé. En 2009, j'ai été invité chez Jane Street, une société spécialisée dans certaines transactions financières, dont toute l'infrastructure logicielle est écrite en OCaml. Leur directeur technique m'a fait part, à cette occasion, de leur désarroi, devant l'absence de support professionnel sur OCaml, malgré ses immenses qualités. J'ai très rapidement pris la décision de créer une entreprise pour fournir ce support indispensable pour qu'OCaml soit considéré plus sérieusement par les industriels.

Fin 2009, j'ai parlé de ce projet au service transfert et innovation du centre Inria de Saclay : Agnès Guerraz puis Eric Tordjeman, tous deux chargés des partenariats et projets d’innovation (CPPI) ont été enthousiastes et m'ont beaucoup aidé à préparer le montage d'OCamlPro. En parallèle d'une aide de la fondation Digiteo, un ingénieur pendant un an et du conseil en stratégie et marketing, Jane Street a accepté de financer la création d'OCamlPro par du service, ce qui a permis de lancer l'entreprise en 2011, avec un premier ingénieur et mon concours scientifique.

Quels sont les liens actuels entre OCamlPro et Inria ?

Sur un sujet aussi pointu, la difficulté n'est pas toujours de financer les postes, mais de trouver les bons experts. L'entreprise a donc gardé des liens privilégiés avec Inria – elle est membre du Consortium Caml depuis sa création – et avec d'autres acteurs importants de la communauté OCaml, comme l’IRILL. Son passage dans l’espace start-up du centre Inria de Saclay lui a permis de consolider ces relations. Aussi, OCamlPro a financé un chercheur en séjour post-doctoral chez Inria, et monté plusieurs projets  de R&D collaboratifs (comme Bware – un projet ANR – et Richelieu – un projet FUI). Cette proximité contribue fortement à la dynamisation de la communauté OCaml.

Où en est la start-up aujourd'hui ?

Le support sur OCaml est un tout petit marché, qu'il fallait accroître. OCamlPro a donc beaucoup investi pour promouvoir OCaml. Tout cela a conduit à des résultats très positifs, comme Try-OCaml, un site web qui permet d'apprendre OCaml interactivement, ou OPAM, gestionnaire de paquets qui simplifie grandement l'installation d'OCaml ou encore TypeRex une boîte à outils de développement pour OCaml. Pour plus d'impact, toutes ces productions sont diffusées en logiciel libre, et OCamlPro participe à l'animation de la communauté, en collaboration avec un laboratoire que Jane Street finance à Cambridge, OCamllabs. En parallèle, l’entreprise se diversifie, en fournissant des outils pour améliorer la qualité du code, comme Scilint pour Scilab, ou pour le vérifier, comme Alt-Ergo, solveur SMT développé par Sylvain Conchon, chez Toccata.

OCamlPro emploie aujourd'hui cinq ingénieurs, tous docteurs, et deux doctorants CIFRE.

Mots-clés : Langage OCaml OCamlPro Sureté Sécurité

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