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Start-up - Golaem

Françoise Monfort -

Interview de Stéphane Donikian

Stéphane Donikian © Inria / Photo C. Lebedinsky © Inria / Photo C. Lebedinsky

Golaem a développé une suite logicielle qui met en scène des êtres humains virtuels dotés d’autonomie et capables de prise de décision. Son but : anticiper les mouvements des personnes pour étudier l’impact de l’environnement sur leur comportement. Cette solution unique sur le marché peut être utilisée aussi bien dans le secteur de l’architecture urbaine que dans l’industrie, les transports et le monde de l’image. Entretien avec Stéphane Donikian, P.-D.G. de Golaem.

Pourquoi ce nom de Golaem et pour quelles raisons avez-vous choisi de créer une start-up plutôt que de trouver une entreprise existante à qui transférer la technologie ?

Stéphane Donikian :  Comme le Rabbin Löw qui insuffla la vie à un humanoïde d’argile dans le Prague de la fin du XVIème siècle, nous souhaitons donner vie à de la matière inanimée. Quant à la création d’une start-up, ce n’était pas du tout mon idée au départ. Nous avons beaucoup collaboré, quand j’étais dans l’équipe SIAMES sur des projets de recherche avec des partenaires industriels, en allant jusqu’à un prototype mais pas au-delà. Cette équipe est devenue l'équipe BUNRAKU et tire son nom du théâtre de marionnettes japonais. C'est une équipe-projet commune avec le CNRS, l'INSA de Rennes, l'université de Rennes 1 et l’École Normale Supérieure de Cachan. J’ai donc cherché un partenaire sur tout ce qui a trait à la simulation du comportement humain en 3D pour faire un vrai transfert de technologie. Après deux ans de discussions, un grand éditeur de logiciels nous a proposé d’acheter notre technologie à condition que l’équipe ne travaille plus sur le sujet... C’était inenvisageable. Nous avons ainsi été conduits à nous lancer dans un projet de création d’entreprise et, pour que l’entreprise soit viable, il est apparu que je devais m’y investir à temps plein. Aujourd’hui je suis à la fois directeur technique, P.-D.G. et D.R.H., je gère l’ensemble des directions… Ce qui m’intéresse c’est de faire évoluer cette technologie pour qu’elle serve à quelque chose, qu’elle ne reste pas un produit de laboratoire.

Où en est la start-up aujourd’hui ?

Stéphane Donikian :  Nous avons démarré un contrat avec la SNCF en février 2010 et les premiers contrats pour mettre en place des réseaux de distribution à l’étranger, au Japon et en Inde, viennent d’être signés. En France nous tenons à commercialiser nous-mêmes la technologie et nous recherchons des partenaires cela. Golaem compte huit personnes en tout et la partie R&D représente 75% de son activité. Actuellement seul sur les aspects commerciaux, je suis en train de recruter un commercial pour début 2011. Depuis septembre 2009, nous sommes installés dans les locaux de la pépinière d’entreprises de la Technopole Rennes Atalante où j’ai suivi plusieurs formations sur des sujets liés à la gestion d’entreprise. Ce qui concerne les domaines juridique et comptable est externalisé.

Sous quelle forme l’institut a-t-il été lié à la création de la start-up ?

Stéphane Donikian : Nous avons reçu un soutien sans failles de la DTI (Direction du transfert et de l’innovation) et de son représentant local dans la phase d’incubation. Inria a une grande habitude des transferts de technologie à des start-up et sait trouver de bonnes modalités. Inria Transfert, société privée issue d’Inria, a été la première à s’investir en tant qu’actionnaire, et a testé sur notre projet son nouveau modèle de fond d’amorçage. Tout cela s’est fait sans vraiment couper le lien avec mon équipe d’origine, BUNRAKU, d’où sont issues les technologies industrialisées par Goalem. Nous avons ainsi mis en place un contrat de collaboration de R&D, dans lequel quatre ingénieurs travaillent à l'institut sur des améliorations à la technologie initialement transférée. L’objectif est que Golaem puisse bénéficier dans le futur de nouveaux transferts en provenance de BUNRAKU. Bénéfique pour les deux parties, cette relation est faite pour durer.

FOCUS TECHNO

Golaem développe une suite logicielle de composants qui permettent de modéliser et de simuler le comportement humain individuel et collectif. La start-up est pour le moment seule à utiliser une technologie, précise, qui prend en compte les activités des personnes dans leur environnement avec les interactions et les forces générées entre elles afin de prédire les flux de déplacement. C’est une solution permettant l’anticipation sur le comportement humain qui s’inspire de travaux en sciences cognitives et sociales. Elle est applicable à de nombreux domaines, en premier lieu l'industrie manufacturière avec l’étude fonctionnelle d’usines numériques, l’optimisation des conditions de sécurité, etc. Autres secteurs d’application : la conception d’espaces architecturaux et urbains, l’aménagement des lieux publics (transports, sites culturels et commerciaux, etc.) et la formation (serious games ). Les secteurs du jeu vidéo, de l’animation et des effets spéciaux sont également intéressés par la technologie. Un exemple concret d’application : celui de la SNCF qui a signé un contrat avec la start-up afin d’optimiser la fluidité du trafic dans les trains de banlieue en Île-de-France. Il s’agit pour Golaem d’étudier, en fonction de son design intérieur, l’impact de l’aménagement d’un wagon qui se répercute sur le temps d’échange entre un train et un quai.

Mots-clés : Golaem Stéphane Donikia Industrie Serious games Jeu vidéo Effets spéciaux Start-up Réalité virtuelle Sécurité Urbanisme

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