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Start-up Solips

Sébastien Dacher-Citizen Press - 2/09/2015

Solips, le calcul parallèle au service de l’industrie

Solips Le maillage a été remaillé par MMG3D développé par Cécile Dobrzynski.

Pour accélérer des simulations numériques parfois très chronophages, les numériciens font appel au calcul parallèle. De plus en plus répandu dans l’industrie, ce processus est au cœur des travaux menés par Cédric Lachat, informaticien, co-fondateur du projet Solips, avec François Pellegrini.

Pouvez-vous nous présenter l’objet de vos recherches ?

Cédric Lachat : Celles-ci portent sur la simulation numérique et le calcul parallèle. L’idée de départ était de trouver le moyen d’accélérer une partie de la chaîne de calculs encore séquentielle. Par exemple, l’analyse de  l’écoulement de l’air autour d’un avion. Cela mobilise  pendant plusieurs heures voire plusieurs jours différents logiciels, qui vont pour certains travailler en parallèle. Mon projet vise justement à paralléliser un outil encore séquentiel dans cette chaîne de calculs. Pour y parvenir, un remaillage, c’est à dire une modification du découpage initial, nommé maillage, de la partie à simuler, est bien souvent nécessaire, afin de garantir une qualité suffisante de la simulation. Grâce à notre logiciel, nous rendons possible le remaillage avec plusieurs unités de traitement, autrement dit le remaillage parallèle.

Comment fonctionne votre solution ?

Cédric Lachat : Nous avons conçu un ensemble de méthodes algorithmiques permettant de distribuer les données sur plusieurs unités de traitement et d'obtenir une qualité équivalente à celle d'un logiciel séquentiel. Cela permet à la fois de gagner en temps, en efficacité, mais également en coût. Je m’appuie en particulier sur la bibliothèque logicielle PaMPA, dont les travaux ont commencés par une thèse en 2009 encadrée par François Pellegrini et Cécile Dobrzynski des équipes de recherche TADAAM et CARDAMOM  d’Inria Bordeaux. Cette bibliothèque permet de manipuler efficacement des maillages distribués sur un grand nombre de processeurs. PaMPA offre des fonctionnalités fiables et constantes qui préservent l'efficacité des simulations.

Qu’est-ce qui vous a incité à travailler dans ce domaine ?

Cédric Lachat : Le thème est assez novateur et a aujourd’hui un très fort potentiel. Si des travaux précurseurs existaient en matière de remaillage parallèle, il manquait une méthode pouvant utiliser des logiciels existants, d’où mon intérêt pour cette aventure un peu hors du commun. C’est encore une niche de marché assez pointue, mais je suis optimiste sur son développement, notamment dans les domaines de l’aéronautique et de l’automobile.

Justement, quelles sont les prochaines étapes du projet ?

Cédric Lachat : Mon intention est de valider, dans le domaine industriel, l’efficacité de ce logiciel. Des premiers tests ont déjà été réalisés avec Dassault Aviation. En parallèle, je compte mener une étude de marché pour identifier les potentiels clients. Enfin, je souhaite créer mon entreprise, courant 2016 ou début 2017. Je suis à ce titre suivi par l’incubateur régional d’Aquitaine. Grâce à l’aide obtenue via le concours i-LAB, je compte par ailleurs suivre une formation pour parvenir à mener à bien ce projet.

Lorsque l’on observe votre parcours, on s’aperçoit que rien ne vous prédestinait à devenir ingénieur et chef d’entreprise…

Cédric Lachat : C’est vrai, j’ai un parcours un peu atypique. Après mon bac, j’ai suivi deux années de faculté de médecine, avant d’intégrer un cursus universitaire en informatique, puis d’ingénieur. Je pense que le stage effectué auprès de François Pellegrini, chercheur au Laboratoire bordelais de recherche en informatique et à Inria, a été à la fois appréciable et décisif dans l’orientation que j’allais donner à mes études. Depuis la fin de ma thèse, je me consacre entièrement à ce logiciel PaMPA. C’est un peu mon bébé, j’ai envie de le voir grandir.

Mots-clés : Solips Cédric Lachat Innovation Transfert de technologie Calcul parallèle

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