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AB - 23/04/2015

François Bancilhon, serial entrepreneur : « le taux d’adrénaline est plus élevé »

François Bancilhon François Bancilhon - photo S. Borghi

François Bancilhon, aujourd’hui PDG de Data Publica, start-up fondée en 2011 a créé et dirigé cinq entreprises dont O2 Technology. Après avoir été professeur à l’université d’Orsay puis chercheur chez Inria, il a franchi le cap de l’entrepreneuriat en France et aux États-Unis. Il revient sur son parcours, des frémissements de l’informatique au rachat d’une start-up en passant par l’expérience américaine.

L’entreprise comme terrain d’expérimentation

Je suis rentré chez Inria en 1971 à une époque où l’on faisait de l’informatique avec un papier et un crayon. Il n’y avait pas ou peu d’ordinateurs en France ; je suis donc parti aux États-Unis où l’on pouvait se procurer un outillage plus conséquent. Après un doctorat à l’université du Michigan, j’ai fait de la recherche chez Inria puis au MCC (Microelectronics and computers consortium) du Texas et suis revenu avec des projets plein la tête. En 1986, j’ai proposé à Alain Bensoussan de créer un GIP, un groupement d’intérêt public entre des industriels et des chercheurs (Inria, CNRS, l’université Paris 11) pour les mettre en œuvre. L’idée était de développer un système de gestion de bases de données de nouvelle génération. Quand le système de nos rêves a été construit, nous nous sommes dit qu’il fallait le vendre. D’où l’idée de créer une entreprise : O2 Technology est donc née en 1990, avec trente-cinq personnes… ce qui était complètement idiot ! Nous sommes partis sans capital et sans avoir jamais vendu un bout de logiciel dans notre vie. Aujourd’hui, il y a des incubateurs, des capitaux-risqueurs qui connaissent le marché, un véritable accompagnement. En 1990, le chercheur qui voulait devenir industriel était un Professeur Nimbus.

 

En 1990, le chercheur qui voulait devenir industriel était un Professeur Nimbus.

Nous étions dans la première vague des start-up Inria. Nous avions une activité de service et une activité de vente dans les universités pour la formation. Nous avons failli déposer le bilan la première année, mais nous avons réussi le réajustement. On a cherché des clients vigoureusement, réduit les coûts… et la boîte a redémarré et même crû. Nous avons appris la différence entre un bilan et un compte de résultats. La première fois que nous avons interviewé un commercial, on ne savait pas quelles questions lui poser . Nous n’avions aucune idée de son métier. On a vraiment appris sur le tas : pour la comptabilité, je suis allé suivre un cours sur l’analyse financière ; pour la partie vente, on a appris à recruter des professionnels qui venaient du monde de l’entreprise ; on a aussi développé nos connaissances juridiques dans une période où le monde des affaires n’était pas encore judiciarisé comme aux États-Unis à l’époque.

 

Une carrière internationale

 

Au milieu des années 1990, je suis parti à Palo Alto pour développer la filiale américaine d’O2 Technology. J’ai vendu quelques gros contrats (Sybase notamment, qui était le gros concurrent d’Oracle ainsi qu’une vente fabuleuse à l’armée américaine) mais le contexte restait très fragile. Nous avons donc discuté quelque temps avec Unidata qui cherchait à redorer son blason en acquérant de nouveaux logiciels et  devait à l’époque tourner autour des vingt millions de dollars de chiffre d’affaires tandis que nous en faisions quatre ou cinq. Mais nous avions la technologie et une visibilité académique. La complémentarité était réelle : nous avons vendu en 1997 et la transaction a été bonne pour tout le monde : tout le personnel, de la direction à l’accueil, a eu des options ; tout le monde s’est un peu enrichi. La vente a été vécue, de fait, comme un succès, et a entraîné une nouvelle dynamique.

 

Je continue à considérer qu’Inria est ma famille tout en restant un entrepreneur.

Aujourd’hui, j'en suis à ma cinquième création d’entreprise : après le rachat d’O2, j’ai participé à la naissance de Xylème (autre start-up Inria créée en 2000, rachetée en 2004) qui vendait un nouveau système XTML. Je suis ensuite retourné aux États-Unis dans le privé, puis chez Inria entre 2008 et 2010 : je voulais aider l’institut à prendre le virage du mobile. Et j’ai créé une dernière start-up, Data Publica, en mai 2011. Nous allons bientôt fêter nos quatre ans et cela marche assez bien. Je continue à considérer qu’Inria est ma famille tout en restant un entrepreneur. J’ai fait à peu près vingt ans dans la recherche académique et vingt ans dans l’industrie qui me stimule davantage . Le taux d’adrénaline est plus élevé. Ce sont deux mondes différents et je suis ravi d’avoir connu les deux.

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Mots-clés : Data Publica O2 Technology #StartUpsInria Start-up

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