Sites Inria

English version

Partenariat Inria-entreprise

21/10/2014

Vers une meilleure protection de la vie digitale

@Novathings

Dans la jungle des réseaux, comment assurer la protection des données personnelles des internautes ? La start-up française Novathings et l'équipe Diana d'Inria collaborent pour aider les particuliers à reprendre le contrôle de leur vie numérique.

Photos, vidéos, contacts, fichiers personnels, données de géolocalisation... toutes ces informations sont vulnérables lorsqu'elles circulent sur Internet, sont stockées sur le cloud public, ou dans nos smartphones. Le piratage du Cloud d’Apple cette année illustre parfaitement ce problème de sécurité des données sur le Cloud. Pour tenter de contrer ce risque, Novathings, jeune start-up française basée dans les environs d'Aix-en-Provence, développe un objet connecté pour le grand public, permettant de sauvegarder et protéger la vie digitale du foyer. De son côté, l’équipe Diana d’Inria s'est donnée pour mission de redonner aux citoyens le contrôle de leurs données sur Internet et ailleurs.« Nous étions faits pour nous entendre », juge Arnaud Legout, chargé de recherche dans l'équipe Diana. C'est le service Transfert, Innovation et Partenariats du centre Inria Sophia-Antipolis Méditerranée qui a mis les deux entités en relation au printemps 2014. Une collaboration s’engage alors autour d’un dispositif capable d’interagir avec cet objet connecté, à partir des smartphones et des ordinateurs, présents à la maison.

Sécuriser les données

Mis au point par Novathings, ce produit baptisé Helix, réalisera des sauvegardes automatiques des données que son propriétaire souhaite protéger : photos, fichiers, etc. « Avec notre solution, il sera possible d’envoyer automatiquement toutes les photos que l'on prend avec son smartphone vers son Helix, ce qui évite la fastidieuse séance de sauvegarde », explique Christophe Guionet, le fondateur de Novathings. D'une façon générale, Helix aura pour vocation de sauvegarder l'ensemble des données numériques du foyer. « Et comme un seul point de sauvegarde ne suffit pas pour garantir la sécurité totale des données, plusieurs objets Helix pourront être jumelés ensemble par l’utilisateur. Lorsque l’Helix principal effectuera une sauvegarde, il la transmettra automatiquement à l’Helix secondaire, situé chez un membre de la famille ou au bureau… », indique Christophe Guionet. Bref, ces outils, via la création de « communautés » d’Helix, auront les mêmes avantages que le cloud, mais sans les coûts récurrents et les doutes qui planent sur son utilisation.

Redonner le contrôle à l’utilisateur

De son côté, l'équipe Diana a vu dans Helix un excellent débouché à grande échelle pour les logiciels qu'elle a développés ces dernières années, et dont le but est d'offrir aux citoyens plus de transparence sur le devenir de leurs données.« Seuls les experts savent aujourd’hui de quelle manière les apps que l'on télécharge sur un smartphone utilisent nos données,rappelle Arnaud Legout. La plupart d’entre-elles les transmettent à des sociétés extérieures à notre insu, ou en nous demandant des autorisations très difficiles à interpréter. »

Désireuse de remettre le citoyen au centre des réseaux, l'équipe Diana a donc développé des applications capables de déceler ces fuites ou encore de donner des informations sur la performance des réseaux.« Aujourd'hui, lorsque vous subissez des variations de débit sur internet, il est très difficile d’en connaître la raison. Pourquoi ces dysfonctionnements ? Qui en est responsable ? Nos applications permettent d'y voir plus clair, et apportent donc de la transparence », ajoute Arnaud Legout.

L'un des objectifs de la coopération engagée entre Novathings et Diana consistera à implémenter ces applications sur Helix.« Comme Helix verra passer tous les flux du foyer, nous voulons en profiter pour analyser ce trafic, détecter des fuites éventuelles, les supprimer, ou informer les utilisateurs de leur existence », poursuit Arnaud Legout. Et même si Novathings est encore une jeune pousse, elle pourrait bien, avec l'aide d'Inria, contribuer à mettre un peu d'ordre dans la jungle du Net.

L'Institut Carnot : coup de pouce essentiel à l’émergence d’une collaboration de recherche avec une entreprise

La collaboration entre Novathings et l'équipe Diana bénéficiera du soutien de l'Institut Carnot-Inria qui cofinancera un ingénieur travaillant pendant un an sur des problématiques communes aux deux structures.« Ce qui nous a séduit, précise Florent Genoux, chargé des partenariats et projets d’innovation au Centre Inria Sophia Antipolis – Méditerranée,  est à la fois la qualité des questionnements, les perspectives de collaboration que l’on peut envisager sur le long terme avec Novathings et l'ouverture d'esprit de ses dirigeants, qui n'ont pas hésité à se rapprocher d’Inria et à discuter avec nos chercheurs. »

Le label « Institut Carnot » est décerné en France à des organismes de recherche, dont Inria, qui s’engagent à développer la recherche partenariale avec les entreprises et favorisent le transfert de technologie de la recherche publique vers l’industrie. Ces instituts – 34 en France – bénéficient d'un abondement de l'Agence nationale de la recherche, qu'ils utilisent, par exemple, pour favoriser ce type de coopérations prometteuses sur le long terme.

Mots-clés : Sauvegarde et sécurité des données personnelles Data Smartphone Vie privée Réseaux sociaux Objets connecté Architecture et droits des utilisateurs

Haut de page

Suivez Inria tout au long de son 50e anniversaire et au-delà !