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Journées Scientifiques Inria 2016

Anne Schneider - 30/06/2016

Retour d'expérience et exposés scientifiques de Christophe Godin, Alexis Joly, Jean-Pierre Merlet et Martine Olivi

Chaque année les Journées Scientifiques sont LE grand rendez-vous qui rassemble les chercheurs des 8 centres Inria. Elles se tenaient cette année à Rennes, avant l'édition 2017 à Sophia.

Elles se veulent un moment de partage, de découvert et d’échanges. Quatre chercheurs du centre de Sophia Antipolis - Méditerranée y ont présenté leurs travaux de recherche. Nous leur avons demandé leurs impressions à leur retour

Alexis JOLY (équipe-projet Zenith à Montpellier)

Le thème de sa présentation était « Vers une modélisation des aires de répartition potentielle à partir des données Pl@ntNet »

« La plateforme Pl@ntNet, dont Inria est un des principaux artisans depuis environ 5 ans, génère aujourd'hui une quantité inégalée d’observations végétales. L’application mobile d’identification par l’image compte en effet plusieurs centaines de milliers d’utilisateurs actifs qui chaque jour interrogent les plantes qui les entourent. Ces données ont un énorme potentiel pour la surveillance de la biodiversité au niveau mondial mais souffrent d’un défaut majeur: l’incertitude taxonomique. La très grande majorité de ces observations ne sont en effet pas validées humainement et ne sont donc associées qu’à une liste bruitée d’espèces possibles fournie par les algorithmes de machine learning. Pour attaquer ce problème d’incertitude, l'équipe-projet Zenith explore plusieurs pistes, en particulier le couplage des méthodes d’apprentissage et des méthodes de crowdsourcing. La botanique étant une discipline complexe, la réduction de l’incertitude nécessite en effet d’optimiser les mécanismes de transfert de connaissance entre les experts, les novices et les algorithmes d’apprentissage. » 

Son avis sur les Journées Scientifiques

« J’ai trouvé ces journées scientifiques très intéressantes et très agréables. Malgré un agenda bien plein, je trouve que l'on sature moins vite que dans une conférence classique du fait que les thèmes abordées sont suffisamment diverses et nouveaux, et d'une très bonne qualité globale. J’ai par ailleurs eu de nombreux échanges tout à fait intéressants, le tout dans la bonne humeur. »

Jean-Pierre MERLET (équipe-projet Héphaïstos à Sophia)

Sa présentation portait sur : « Robotique : de l’industrie aux services, l’exemple de la robotique d’assistance »

« Le but de cette intervention était tout d'abord de faire un état de l'art, évidemment très sommaire et subjectif, sur la robotique moderne. Une première constatation est que, à l'opposé du buzz récurrent sur les robots "intelligents" capables de tout faire et qui conduit à des propos totalement hors de la réalité de robotique contemporaine, les sujets de recherche actuels portent sur des "fondamentaux" comme l'automatique, la manipulation, les formes mécaniques des robots et la présence d'humain  dans la boucle avec bien sûr d'énormes progrès aussi bien du point de vue théorique, des algorithmes que du point de vue pratique.

Dans une deuxième partie j'ai expliqué que la robotique de service faisait se dissoudre la frontière traditionnelle entre robots et humains et j'en ai illustré un aspect particulier, la robotique d'assistance aux personnes fragiles en présentant des travaux réalisés par ll'équipe-projet Hephaïstos sur l'assistance et le monitoring médical pour la mobilité ainsi que sur la détection d'activités, qui est une forte demande de la communauté médicale. »

Quel regard sur les journées Scientifiques ?

«L'intérêt premier des JS est évidemment l'opportunité de voir un panorama des recherches menés chez Inria, y compris dans des domaines très éloignés de son (ses) domaine(s) propre(s). Tout aussi évidemment ce panorama ne peut être exhaustif mais on peut le compléter très aisément par des discussions avec les autres chercheurs. Cette opportunité est précieuse car ce genre d'occasion est rare en dehors d'une activité à la Commission d'Evaluation, que je recommande d'ailleurs chaudement aux jeunes chercheurs. L'organisation était parfaite, les interventions très souvent pertinentes même s'il est difficile de trouver le ton juste entre dissémination grand public et le tout technique. Il me semble que c'est un événement qu'il conviendrait  de dupliquer à l'échelle locale en faisant intervenir les chercheurs moins visibles du Centre. Je n'ai pas pu assister à l'intervention d'Antoine Petit mais ce qu'il m'a semblé manquer est une exposition de la direction, non pas sur des aspects de "politique" scientifique mais sur la vision scientifique de la direction, ouverte aux débats. »

Christophe GODIN (équipe-projet Virtual Plants à Montpellier)

Il a présenté ses travaux sur : « La phyllotaxie, des motifs biologiques remarquables dans l’ordre comme dans le désordre »

« Au cours de leur croissance les plantes disposent leur organes le long des tiges en faisant des motifs aux symétries remarquablement variées. Au cours des deux derniers siècles, l’étude de ces arrangements phyllotaxiques a permis de suggérer qu’ils résultent d’un mécanisme relativement simple dans lequel chaque organe créé inhibe au cours de la croissance la formation de nouveaux organes dans son voisinage. Ce modèle déterministe est aujourd’hui largement admis comme l’interprétation standard de la phyllotaxie.

Cependant au cours des dernières années, l’étude systématique de mutants de plantes modèles a montré qu’il existe des configurations parfois extrêmement perturbées de ces motifs réguliers et qui remettent en question la structure du modèle standard. Les travaux de l’équipe-projet Virtual Plants que j’ai présentés montrent comment l’étude de ces irrégularités nous a mis sur la piste d’un modèle plus général de la phyllotaxie, fondé sur une formalisation stochastique, qui est capable d’expliquer le comportement erratique des motifs observés et de faire la prédiction de comportements encore jamais observés. »

Retour sur les Journées Scientifiques :

«Les journées scientifiques étaient remarquablement bien organisées. J’ai en particulier apprécié le format d’exposés en 180 secondes que je suggère de garder pour les années suivantes.»


Martine Olivi (équipe-projet Apics à Sophia) a eu le « privilège » de conclure les JS avec « Le mythe de la caverne revisité » et a tenu le timing des 180 secondes !

Justement  ils ont été 10 à se prêter à cet exercice exigeant de présenter leur projet en une diapositive et 180 secondes, clin d’œil au concours « Ma Thèse en 180 secondes » proposé aux doctorants.

Un exercice exigeant mais formateur et qui demande de l'entraînement et de bonnes capacités de communication.

Ses impressions:

«C'était plutôt dur de tenir les 180 secondes, je n’étais pas vraiment à l’aise. En fait, cette formule m'a beaucoup plu, tout comme de préparer l'intervention! En tant qu'orateur ça oblige à se poser les questions essentielles: quel message est-ce que je veux vraiment faire passer et comment ?

Quant aux Journées Scientifiques, c'était très intéressant, j'y ai appris plein de choses. Sans compter le plaisir de rencontrer et d'échanger avec tous ces collègues.»

Mots-clés : Journées Scientifiques Rennes Bretagne Atlantique Taxonomie Virtual Plants Robotique Phyllotaxie Hephaistos Zenith

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