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Distinction

Nathaly Mermet, Technoscope - 13/12/2012

Patrick Valduriez distingué ACM Fellow

© Photo LIRMM

La prestigieuse distinction de l’Association for Computing Machinery (ACM) vient d’être décernée pour la troisième fois à un Français. Un grand honneur pour Patrick Valduriez,  directeur de recherche Inria et responsable de l’équipe-projet Zenith commune avec le LIRMM* à Montpellier.

Société savante en informatique parmi les plus influentes dans le monde scientifique et de l'éducation, l’ACM attribue chaque année le titre d’ACM Fellow à quelques-uns de ses membres, pour leurs contributions à l’informatique, à l’origine de connaissances fondamentales et d’avancées technologiques. Une très belle reconnaissance donc, par ses pairs et au plus haut niveau international.

Ravi de cette distinction, Patrick Valduriez souligne que « pour le monde anglo-saxon l’informatique est une science majeure, ce qui n’est toujours pas le cas en France. » Pour lui, l’attribution de cette distinction est aussi une reconnaissance des travaux de son équipe, et surtout illustre auprès de la communauté internationale ce qu’il est possible de faire en France. 

J’espère qu’il y aura davantage de Français reconnus par la suite afin de contribuer à la visibilité de notre recherche.

La gestion de données au cœur du succès

Ce sont les travaux de Patrick Valduriez sur la gestion des données qui sont ici distingués. Plus précisément ses contributions à la gestion de données parallèles exploitant le parallélisme de grosses machines multiprocesseurs - ou distribuées sur le réseau. « C’est le sujet sur lequel j'ai travaillé pendant toute ma carrière, et qui est devenu à la mode ces dernières années avec le Big data »  observe-t-il, rappelant que le thème est ancien. Davantage tourné vers les applications pratiques de ses travaux, il reconnaît aimer aller jusqu’au bout des choses en recherche - et donc s’orienter naturellement dans l’applicatif, à partir d’avancées fondamentales.

Ses préoccupations concernent actuellement la gestion des données dans le domaine des sciences du vivant et de l’agronomie, notamment en collaboration à Montpellier avec l’INRA et le Cirad. Parmi les projets importants, il cite le labex Numev (numérique pour l’environnement et le vivant) et l’institut de biologie computationnelle spécialisé dans les données biologiques à grande échelle en santé, agronomie et environnement.

« Il y a aujourd’hui une avalanche de données à gérer dans le cadre de projets pluridisciplinaires, et l’immense intérêt est de pouvoir tester au plus loin les techniques en intégrant la complexité et l’hétérogénéité à différentes échelles » , analyse-t-il, concluant qu’il existe un juste équilibre et surtout un cercle vertueux entre recherche fondamentale et recherche appliquée. 

(*) Laboratoire d’informatique, de robotique et de microélectronique de Montpellier (Unité mixte de recherche UM2 - CNRS/INS2I)

Coup d’œil dans le rétroviseur

Docteur d’État ès Sciences de l’université Pierre et Marie Curie (Paris 6) en 1985 et expert en gestion de données distribuées et parallèles, Patrick Valduriez a publié plus de 250 articles de recherche dans des revues et conférences internationales, et plusieurs livres d’informatique. Parmi ceux-ci, Principles of distributed database systems  (3ème Edition chez Springer en 2011) est le livre de référence sur la gestion de données distribuées. « Les sciences numériques commencent à trouver leur place en France, mais le doctorat de 3e cycle que j’ai obtenu en 1981 est en mathématiques, l’informatique n’étant à l’époque qu’une mention », s’amuse-t-il. Pendant cinq ans entre 1984 et 1989, c’est dans un centre de recherche industriel aux États-Unis qu’il mène les principales applications de ses travaux de thèse. « C’était le début du Big data, et à l’époque, la société Teradata affichait l’objectif du téraoctet », se rappelle-t-il, notant qu’il y a deux ans l’objectif était passé à l’exaoctet, notamment avec la machine Exadata d’Oracle. « Nous sommes en permanence dans le changement d’échelle et le Big data est une cible mouvante » , observe t-il.

Aujourd’hui chercheur senior au sein d'Inria, il affiche un joli palmarès dans le transfert de technologies et a été souvent à l’interface de la recherche académique et du développement industriel, notamment à la tête de la "joint venture R&D Dyade " entre Bull et Inria, de 1995 à 2000, focalisée dans le transfert de technologie dans le domaine de l’Internet. Ainsi a-t-il largement contribué au transfert du prototype Disco (Distributed information search component ) à la start-up KelKoo devenue une filiale de Yahoo. Parmi ses principales distinctions il compte aussi le prix scientifique d’IBM en informatique en 1993 et la récompense du meilleur papier de la conférence VLDB2000.

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Mots-clés : Big data Databases Equipe-projet ZENITH ACM Gestion des données INRIA Sophia Antipolis - Méditerranée KelKoo

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