Sites Inria

English version

Portrait

17/03/2014

Fatima Zahra Moataz "C’est le challenge de résoudre des problèmes complexes qui m’a donnée goût aux mathématiques"

portrait Fatima Zahra Moataz

"Les mathématiques au carrefour des cultures" est la thématique choisie cette année pour la semaine des mathématiques qui se tiendra du 17 au 21 mars. L’occasion pour nous de mettre en avant le parcours d’une jeune doctorante marocaine qui a choisi d’effectuer sa thèse à Inria dans l’équipe COATI.

Quel est votre parcours jusqu’à Inria et pourquoi avoir choisi les mathématiques ?

Au départ, je n’avais pas un intérêt particulier pour les mathématiques. J’étais une bonne élève et j’aimais particulièrement la littérature arabe et la poésie. Pendant ma 3ème année du collège, mon professeur de mathématiques, remarquant que j’étais à l’aise dans cette matière, me poussait à faire des exercices un peu difficiles.

C’est le challenge de résoudre des problèmes complexes qui m’a donnée goût aux mathématiques.

C’est ainsi que j’ai choisi la filière « sciences mathématiques » au lycée. Et j’ai poursuivi cette spécialisation également en classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE). Le programme des prépas au Maroc est le même que celui en France.  Toutefois, le concours est commun à toutes les écoles d’ingénieur marocaines. Mon bon classement m’a permis d’avoir accès à un grand nombre d’écoles. J’ai choisi d’intégrer l’Institut National des Postes et Télécommunications (INPT). Celui-ci offre la possibilité de faire une année d’échange à l’Université Nice Sophia Antipolis en France.  J’ai donc intégré cette université pour ma 3e année d’étude au sein d’un master international Ubinet organisé en partenariat par Inria et I3S.  J’ai effectué durant le 2e semestre, un  stage de recherche au sein de l’équipe Mascotte, nommée actuellement COATI. C’est une équipe commune entre Inria et I3S (UMR CNRS/l’Université de Nice Sophia Antipolis) qui travaille sur des sujets de  mathématiques discrètes,  optimisation combinatoire et algorithmes pour les télécommunications. Au terme de mes six mois de stage, j’ai réalisé que j’avais encore beaucoup de choses à apprendre. C’est pourquoi, quand mon directeur de recherche m’a proposé de poursuivre en thèse, je n’ai pas hésité à postuler. Je suis actuellement en 2ème année de doctorat et c’est la région PACA qui finance ma thèse dans le cadre d’une bourse d’excellence régionale qui m’a été attribuée.

En quoi consistent vos travaux de recherche ?

Mon travail consiste à optimiser l’allocation des ressources des réseaux optiques ainsi que leur fiabilité. Le problème classique de routage dans les réseaux optiques consiste à attribuer à chaque connexion un chemin de sa source à sa destination et une partie du spectre sur ce chemin sous la contrainte que deux connexions utilisant la même fibre optique ne peuvent pas utiliser la même partie du spectre. L’objectif de ma thèse est de faire du routage optique fiable et efficace en tirant profit des outils de la théorie des graphes, la recherche opérationnelle et l’algorithmique. Pour ce qui est de la fiabilité, le but est de protéger une connexion contre les différents types de pannes que peut subir le réseau en lui réservant, en plus de son chemin principal, un ou plusieurs chemins de protection. Ceux-ci doivent vérifier des propriétés qui dépendent du niveau de protection que l’on cherche à assurer.  

En ce qui concerne l’efficacité, on essaie d’élaborer des algorithmes de routage optique dans le cadre de la nouvelle technologie des réseaux optiques élastiques. Cette technologie, récemment proposée, promet une meilleure gestion de la bande passante, et l’utiliser efficacement, moyennant des algorithmes efficaces, permettra également de répondre en partie au trafic croissant d’Internet.

Existe-t-il une différence entre la recherche en France et au Maroc? Qu’appréciez-vous en travaillant à Inria ?

Je ne peux pas juger puisque je n’ai pas eu l’occasion de participer à la recherche tout au long de mon cursus au Maroc. Par contre, je sais qu’il existe des laboratoires de recherche qui recrutent des doctorants sous la direction des enseignants chercheurs des universités marocaines. Malheureusement, décrocher un financement pour ses études doctorales n’est pas toujours facile. Cependant, il y a actuellement des promesses de la part du gouvernement pour investir davantage dans la recherche et notamment pour nouer des partenariats avec des pays où la recherche est plus développée comme la France.

Au centre de recherche Inria, j’apprécie les outils mis en place pour faciliter la recherche bibliographique ainsi que les possibilités d’accueil et de rencontre des chercheurs étrangers. La prise en charge par le centre des différents déplacements pour des missions scientifiques m’a notamment permis d’assister à une conférence à Budapest, ainsi qu’à la conférence AlgoTel en France. J’aime également l’aspect pluriculturel du centre. Travailler avec des personnes de différentes nationalités est enrichissant, que ce soit sur le plan personnel que professionnel.

Quels sont vos futurs projets ?

J’essaie actuellement de ne pas trop me préoccuper de l’après-thèse. Je préfère me concentrer sur mon sujet pour pouvoir avoir des résultats qui me permettront d’accéder à mon futur projet professionnel. J’ai eu l’occasion, grâce à mon poste actuel, d’encadrer des TP à l’université en systèmes informatiques, algorithmique et Python auprès d’étudiants en licence. Cette expérience m’a permis de découvrir le métier d’enseignement. J’aimerais également avoir une opportunité de post doc dans une entreprise pour toucher de plus près le monde de l’industrie. Je pourrais ainsi mettre en pratique les bases théoriques que je développe actuellement dans le cadre de ma thèse. Ces différentes expériences me permettraient ainsi de savoir ce qui me passionne le plus et m’aideraient à faire mon choix pour mon orientation future.

Mots-clés : Doctorant Portrait Inria - Centre de Recherche Sophia Antipolis - Méditerranée COATI Réseaux optiques Télécommunication

Haut de page

Suivez Inria tout au long de son 50e anniversaire et au-delà !