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Partenariat Inria - start'up

4/12/2014

Décoder les débats sur les réseaux sociaux

Sur les réseaux sociaux, la parole est d’or pour les entreprises qui, comme Vigiglobe, savent en tirer une information pertinente. Afin d’améliorer encore ses outils, cette start'up noue un partenariat avec l’équipe Wimmics, spécialisée dans la représentation de la connaissance, le raisonnement et l’argumentation.

Simples d’accès et ouverts à tous, les réseaux sociaux sont devenus le lieu d’expression de toute génération. Chaque seconde, des milliers de commentaires sont publiés sur des personnalités, des marques ou des faits d’actualités. Créé il y a trois ans, Vigiglobe analyse en temps réel cette masse d’informations pour en tirer des informations pertinentes. Pour fonctionner, leur système d’analyse s’appuie sur des algorithmes d’intelligence artificielle.

« Nos clients ont deux problématiques : savoir si on parle d’eux et surtout en quels termes. Ils veulent pouvoir mesurer précisément leur e-réputation et pouvoir la corriger si besoin, explique Leendert de Voogd, CEO de Vigiglobe. Nous proposons aussi un module de télé sociale. Lors de débats télévisés, nous recueillions les réactions sur les réseaux sociaux, puis nous faisons remonter ces informations à la production, qui pourra les afficher à l’écran ou poser des questions pertinentes aux invités afin d’engager un dialogue avec l’audience. »

Evaluer des arguments

Afin d’enrichir son offre, Vigiglobe souhaite désormais aller plus loin dans son analyse des messages postés sur les réseaux sociaux.« Nous voulons pouvoir comprendre les arguments et les raisonnements, pour savoir si une tendance se dessine », décrypte Leendert de Voogd. Lors d’une soirée de débat politique, la solution de Vigiblobe pourrait par exemple détecter en temps réel quels sont les arguments qui ont fait mouche et qui en sort gagnant.

Pour améliorer sa solution, Vigiglobe a choisi de s’appuyer sur l’expertise de l’équipe Wimmics, équipe commune Inria et I3S (Université Nice Sophia Antipolis- CNRS), au centre de recherche Inria Sophia Antipolis – Méditerranée. « Une partie de notre équipe est spécialisé dans l’étude du langage naturel, rappelle Elena Cabrio, chercheuse au sein de l’équipe Wimmics. Dans ce cadre, nous concevons des algorithmes qui analysent et traitent des morceaux de textes (par exemple, les opinions des internautes) pour comprendre la relation sémantique entre eux. » « Nous évaluons ensuite la confiance dans la source des arguments et les relations entre eux, ajoute Serena Villata, également chercheuse au sein de l’équipe Wimmics. Après les avoir connectés, nous sommes capables de dire lesquels sont les plus convaincants dans le débat. »

Un partenariat prometteur

Engagé en novembre 2014, le partenariat entre Vigigloge et Wimmics durera un an et bénéficie du soutien de l’institut Carnot (voir encadré ci-dessous) . Un ingénieur de recherche est déjà en cours de recrutement, il devra adapter les algorithmes de Wimmics aux outils et flux de données de Vigiglobe. « Le langage utilisé sur Twitter est différent de celui avec lequel nous avons l’habitude de travailler, précise Elena Cabrio. Il y a aussi des messages qui contiennent du texte dégradé ou bruité, avec de l’ironie et du second degré qui peuvent perturber nos algorithmes. Autant de difficultés qui va falloir surmonter. »

De son côté Vigiglobe vient de s’installer à Sophia Antipolis, notamment pour se rapprocher de son partenaire et de bénéficier du dynamisme de ce pôle de recherche. « Inria dispose de chercheurs très compétents dans le domaine de l’analyse sémantique du web, estime Leendert de Voogd. Nous avons déjà d’autres pistes de collaboration commune, notamment dans le domaine de l’apprentissage non-supervisé, avec des problématiques multilingues, comme l’arabe ou le chinois. »

L’institut Carnot : un soutien clé

Le label « Institut Carnot » est décerné en France à des organismes de recherche, dont Inria, qui s’engagent à développer la recherche partenariale avec les entreprises et favorisent le transfert de technologie de la recherche académique vers les entreprises. Ces organismes – 34 en France – bénéficient d'un abondement de l'Agence nationale de la recherche, qu'ils utilisent ensuite pour favoriser ce type de coopérations prometteuses sur le long terme. 

Mots-clés : Télé sociale E-réputation Flux TAL Partenariat inria-pme Wimmics Réseaux sociaux Données

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