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Labex

Sylvain Allemand - 20/09/2012

Le Laboratoire d'Excellence DigiCosme fait son inauguration

À l'occasion du colloque d'inauguration du Labex DigiCosme les 12 et 13 septembre 2012, retour sur les origines et les ambitions de ce projet avec une interview de Christine Paulin-Mohring, en charge de son pilotage.

Le Labex DigiCosme* ne part pas de rien…

Depuis les années 2000, différentes évolutions ont contribué à mieux structurer sur le Plateau de Saclay la recherche et la formation en informatique.
 L’arrivée d’Inria a marqué un premier tournant en favorisant des coopérations entre l’École Centrale, l’École Polytechnique, l’ENS Cachan et l’Université Paris-Sud, à travers des équipes-projets mixtes. Il en a résulté le Pôle Commun de Recherche en Informatique (PCRI). Ces projets Inria ont pour particularité de s’inscrire dans la durée. Les chercheurs se fréquentent régulièrement, travaillent ensemble, en mettant à profit la proximité de leurs locaux respectifs, sur des durées un peu longues (une dizaine d’années en moyenne). Il y a eu ensuite l’étape Digiteo avec une extension des collaborations à d’autres partenaires, comme le CEA List. Le Labex devrait permettre de renforcer la structuration de l’informatique dans un contexte où les laboratoires impliqués se rapprochent géographiquement. Il regroupe 300 chercheurs et autant de doctorants, répartis sur les sites des 11 établissements : CEA, CNRS, l’École Polytechnique, Supélec, Inria, Université Paris-Sud, l’École Centrale Paris, l’ENS de Cachan, l’ENSTA ParisTech, l’Institut Mines-Télécom, et enfin l’Université de Versailles St Quentin.

En principe un Labex se doit d’être un pluridisciplinaire, or vous avez fait le choix de privilégier l’informatique…

C’est vrai : l’interdisciplinarité était un des critères, mais manifestement pas le plus décisif, comme en témoigne notre sélection. En faisant le choix d’un Labex disciplinaire, nous ne renonçons pas à l’interdisciplinarité. Dans le cadre de l’Idex, des équipes pourront poursuivre des recherches transversales avec des biologistes, des physiciens, etc. Nous avons déjà des relations intéressantes avec des labos de physique pour observer les systèmes de calcul comme un système physique.
 Mais, à la différence d’autres disciplines, comme la physique ou les mathématiques, les sciences de l’information (informatique et communication) sont encore une discipline jeune. Elle doit trouver sa place et être reconnue en tant que science à part entière même si elle joue un rôle important au service des autres sciences. Les informaticiens sont le plus souvent tirés vers les interfaces, mais doivent  faire reconnaître un noyau scientifique spécifique. Nous assistons à une explosion de la société de l’information, c’est une évidence, mais si on veut en tirer les bénéfices, il faut une réflexion de fond et susciter des modèles nouveaux. Avec ce Labex, nous avons donc voulu défendre le cœur des sciences de l’information.

Il ne s’agit pas de couvrir toutes les problématiques, mais de travailler sur des axes fondamentaux : la programmation, les données et les communications, soit le cœur de notre discipline. Pour chacun de ces axes, on a cherché à identifier des défis. À l’heure actuelle, le principal défi concerne les données : de plus en plus volumineuses et hétérogènes, distribuées. On est également passé du temps des calculateurs autonomes à celui des systèmes décentralisés. Les modèles changent, les algorithmes s’en trouvent modifiés.

Ce retour au cœur implique-t-il de se retrouver entre informaticiens  ? Ou solliciterez-vous d’autres compétences ?

De fait, nous nous retrouvons essentiellement autour de projets resserrés car c’est le gage d’une meilleure implication des chercheurs. Du point de vue universitaire, les aspects informatique et communication dans les réseaux ne relèvent pas des mêmes sections, ni des mêmes laboratoires. Le Labex a pour vertu de renforcer les synergies entre ces deux domaines au cœur des systèmes informatiques actuels. Cependant, nous comptons aussi mobiliser les compétences d’autres disciplines. Les systèmes numériques ont tant gagné en gigantisme que les techniques d’observation et de modélisation se rapprochent de la physique. Les collaborations avec des physiciens s’imposent donc. Nous souhaitons aussi développer des liens avec les sciences sociales et humaines.

Se centrer sur le cœur de l’informatique  : est-ce à dire que vous privilégierez une recherche plus fondamentale qu’appliquée ?

Je ne ferais pas ce distingo. Le chemin entre recherche fondamentale et recherche appliquée est très court en informatique. Toutes les thématiques que nous avons proposées sont en lien direct avec les applications. Comme par exemple les problèmes de certification et de correction qui vont des capteurs jusqu’aux modèles abstraits les plus élaborés et s’appuient sur des résultats avancés en logique et algorithmique.

* Le projet a été labellisé par l’ANR sous le nom de DigiWorlds, pour des raisons de conflit avec une marque déposée, ce nom a été abandonné en septembre 2012 et le Labex renommé  DigiCosme.

Une experte du multi-institutionnel

Après des études à l’ENS de jeunes filles qu’elle intègre en 1982, Christine Paulin-Mohring soutient en 1989  une thèse de l’Université Paris 7,  préparée en partenariat avec Inria et l’ENS. « J’ai toujours évolué dans un cadre multi-institutionnel ! ». De fait, chargée de recherche au CNRS, puis professeur en informatique à l’Université Paris-Sud en 1997, elle participe aux premiers projets communs entre laboratoires. Avec son ex-directeur de thèse, elle monte la première équipe commune entre Inria et le LIP, un laboratoire CNRS à l'ENS Lyon, équipe qui deviendra un des premiers projets commun d’INRIA Futurs impliquant également Paris-Sud, le CNRS et l’école Polytechnique .

Extrait de l'interview "Un Labex pour une discipline sans frontières : l’informatique. Rencontre avec Christine Paulin-Mohring" sur le site Media Paris Saclay

Mots-clés : Christine Paulin-Mohring Digicosme Toccata Plateau de Saclay Inria Saclay - Île-de-France Labex

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