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Concours

Laure Guion - 8/11/2012

Le Castor informatique, une découverte ludique de l’informatique par les élèves

Le Castor informatique est un concours pour les élèves de collèges et lycées, à base de petits exercices et de jeux, pour leur montrer que l’informatique ne correspond souvent pas à ce qu’ils imaginent ! Sylvie Boldo, chercheuse dans l’équipe Toccata, et qui fait partie du comité d’organisation, nous explique l’originalité de cette initiative.

Comment fonctionne le concours Castor informatique ?

L’une des grandes forces du concours, c’est qu’au niveau logistique c’est très léger  : tous les élèves d’une école ne sont pas obligés d’être regroupés au même endroit, il suffit d’avoir des ordinateurs connectés à internet et 45 min devant soi. Au niveau des résultats, la correction se fait automatiquement en ligne, ce qui permet d’accueillir un grand nombre de participants jusqu’au dernier moment : il est encore possible de s’inscrire pour participer la semaine prochaine  ! Cette facilité d’organisation permet que l’initiative se mette en place un peu partout.
Ce qui est intéressant dans le Castor, c’est que le professeur fait normalement participer toute sa classe , il n’y a de sélection des bons élèves contrairement à d’autres concours où il y a une pré-sélection par les enseignants ou avec des tests. Ça évite que les professeurs ne proposent que les bons en maths qui sont généralement considérés comme les bons en informatique, alors que ça peut relever de logiques très différentes. Le but est vraiment de faire participer le plus grand nombre d’élèves possible parce que l’informatique est accessible à tous. Un autre aspect qui m’interpelle, du fait de la participation d’une classe entière, c’est que du coup les filles sont présentes. L’année dernière, elles représentaient 46 % des 46 000 élèves au total en France.

Rendre les élèves actifs de leur découverte de l’informatique

Le concours se déroule dans plusieurs pays, comment se passe cette coordination internationale ?

Exemple d'exercice

La France est bien impliquée dans le comité d’organisation puisque nous sommes 13 professeurs, chercheurs ou représentants d’associations à travailler à la préparation du concours. Cette année je n’ai pas pu concevoir les exercices , je le ferai l’année prochaine, mais j’en ai fait la sélection avec le choix des niveaux  (6e-5e / 4e-3e / 2nde / 1ère-Terminale). Il y a entre 15 et 20 questions par niveau, et nous veillons à ce qu’il y ait au moins un tiers d’exercices facilement accessibles, même si l’on aurait plus tendance à choisir des exercices difficiles parce qu’ils nous paraissent plus drôles, avec plus de notions abordées. Il faut aussi essayer qu’il y ait un équilibre thématique  par exemple avec de l’algorithmique, de la programmation, des usages de l’informatique…
Un travail très intéressant qui arrive en complément de la création des jeux, c’est la rédaction pour chaque question des explications « Pourquoi c’est de l’informatique » . En effet, c’est important de relier les exercices à de la science, sur laquelle les chercheurs travaillent ou que les gens utilisent. Au final, le concours regroupe des élèves de 17 pays européens, donc il faut imaginer que certains exercices vont être faits par les élèves de tous ces lieux différents !

Qu’est-ce qui vous plaît dans l’aventure Castor informatique ?

Tout d’abord, à un premier niveau, ça permet à plein d’élèves de faire de l’informatique, car derrière ces jeux, il y a des vrais problèmes. Sous des aspects ludiques, on montre une science . Ça offre une rencontre entre des élèves qui n’y connaissent rien et l’informatique , ce qui leur permettra après de peut-être s’orienter vers ce domaine en connaissance de cause. Ça leur montre que c’est pour tout le monde, que ça peut être à leur portée, et du coup ça permet de casser l’image du geek asocial et incompréhensible.
Ça me plaît aussi parce que c’est une œuvre collective à destination d’un public réceptif . Les élèves, plus que les adultes, sont ouverts à cette découverte, ils utilisent les ordinateurs, mais ne connaissent rien à l’informatique. Ce concours leur permet de pressentir ce qui est sous le capot et de les rendre actifs de leur découverte de l’informatique. Je suis sensible à cette notion d’être actif dans son apprentissage, car comme ils sont dans un rapport de jeu et pas passifs à écouter un cours, ça les intéresse beaucoup plus. Et leur montrer qu’ils peuvent prendre du plaisir à résoudre des problèmes, c’est une belle réussite.

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