Sites Inria

English version

Interaction homme-machine

Nicolas Six - 7/04/2014

Ecran géant pour défis scientifiques immenses


© Inria / Photo H. Raguet

Sur un écran de la taille d’une salle de cinéma, les sciences complexes s'éclairent d'un jour nouveau. Portrait de WILDER, le mur d'écrans qui fait entrer la recherche dans une nouvelle dimension.

Permettre aux scientifiques de naviguer dans des images immenses avec une simplicité extraordinaire : voilà l’objectif du projet WILDER. Ce mur, composé de 75 écrans, pour un total de six mètres par deux, succède au projet WILD, lancé en 2009. En plus d’être plus grand et plus précis que son prédécesseur, WILDER dispose d’écrans dont les bords ne sont pratiquement plus visibles. Désormais, rien ne gêne l'impression de « flotter » dans cet environnement. Responsable de Digiscope, le projet qui chapeaute WILDER, Michel Beaudouin-Lafon reconnaît que l’expérience est captivante : « Sur un mur d'images, le regard va beaucoup plus vite. Les yeux sautent d'un point à l'autre en 1/40e de seconde. Le cou et le corps bougent plus vite que la souris. Et surtout, l'observateur se forge une carte mentale de l'image, même lorsqu'elle est très complexe. Sa vision d'ensemble progresse. Sa mémoire spatiale se renforce » .

Interactions simplifiées

Pourtant, le projet est loin d’être achevé. « Disposer d’un écran géant est une bonne chose, explique-t-il. Mais il est frustrant de ne pouvoir le piloter qu’avec un simple clavier et une souris. Nous voulons imaginer mieux » . L’objectif : faire en sorte que les utilisateurs puissent zoomer comme sur une tablette, avec leurs doigts. WILDER intègre des écrans tactiles multipoints, mais aussi la possibilité d’interagir à distance. « En observant bien, on remarque autour de l'écran plusieurs caméras infrarouges, explique Michel Beaudouin-Lafon. Elles servent à détecter des objets munis de marqueurs. Par exemple, à localiser un capteur porté par un scientifique. S'il avance, l’image grossit à l'écran. »

Au service de la science

Destiné entre autres à l’aide à la découverte scientifique, le dispositif nécessite par ailleurs d’être adapté au travail collectif. « Aujourd’hui, les grands défis sont relevés en équipe. Ce que ne permettent pas les murs d'écrans classiques, explique Michel Beaudouin-Lafon. Imaginons une cellule de crise, suite à une catastrophe aérienne. Une dizaine d'experts sont réunis : un météorologue, un pilote, un contrôleur aérien, etc. La carte affichée sur WILDER leur donne une vision d'ensemble. Ils peuvent échanger autour de cette référence commune. Mais ce n'est pas tout. Chaque expert a dans la main une tablette qui affiche des informations ciblées et spécialisées : carte météo, couloirs aérien, etc. Lorsqu'une donnée mérite d'être partagée, l'expert pointe l'écran avec sa tablette, et dépose l'information sur une zone précise » . Avec son écran géant, WILDER est en mesure de synchroniser les tablettes et ainsi de permettre aux chercheurs de partager le même niveau d’information.

Pour aller plus loin, Michel Beaudouin-Lafon souhaite désormais connecter des murs d'écrans distants. « Nous avons relié notre prototype WILD à la salle immersive du LIMSI, située à un kilomètre de notre labo. Quand leur salle affiche une molécule complexe, notre mur affiche la même molécule, éventuellement avec d'autres informations superposées. Quand ils déplacent la molécule, elle bouge chez nous à l'identique. Ces premiers essais sont très prometteurs. » Une innovation à laquelle des industriels s'intéressent de très près.

Mots-clés : In-situ Mur d'images Visualisation interactive Wilder Interaction homme-machine

Haut de page

Suivez Inria tout au long de son 50e anniversaire et au-delà !