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Parcours de chercheuse

Lise Loumé - 21/03/2014

Catuscia Palamidessi : « En choisissant l’informatique, j’ai le sentiment de ne m’être jamais éloignée des mathématiques »

Pour sa troisième édition, la Semaine des mathématiques a choisi de mettre « Les mathématiques au carrefour des cultures ». L’occasion pour Inria de mettre en avant la richesse des liens entre les mathématiques et les autres disciplines. Rencontre avec Catuscia Palamidessi, chercheuse en informatique d’origine italienne et responsable de l’équipe Comete.

Catuscia Palamidessi a toujours été férue de mathématiques : « Autant pour la rigueur que pour la beauté des nombres » , précise-t-elle. Malgré son désir d’acquérir très vite son indépendance, elle choisit la voie des études longues à l’Université de Pise en Italie, où elle se consacre… à l’informatique ! « Je pensais qu’il y avait plus de débouchés qu’en mathématiques, mais j’ignorais à l’époque qu’il était possible de réaliser toute sa carrière dans la recherche » , avoue-t-elle. Elle consacre sa thèse à la programmation logique, un langage de programmation orienté vers le traitement de données symboliques. Un sujet qu’elle juge malgré tout très proche des mathématiques.
En 1988, après sa thèse, elle enseigne les sciences informatiques en Italie, puis à la Pennsilvania State University aux États-Unis. En 1998, elle décroche le prix du meilleur professeur du Département Informatique. « J’ai été ravie de recevoir ce prix, car j’avais peur que les étudiants américains n’apprécient pas ma manière d’enseigner » , se souvient-elle.
Quatre ans plus tard, elle s’installe en France avec son mari, Dale Miller, lui aussi chercheur en informatique chez Inria. « Ici, nous pouvons nous concentrer sur nos travaux de recherche et les planifier sur le long terme , explique-t-elle. Ce type de structures n’existe ni en Italie ni aux États-Unis ! »

Protéger les données

Depuis 2002, elle dirige l’équipe Comete, spécialisée dans le flux d’information et la protection des données personnelles dans des systèmes dits « probabilistes ». Ces systèmes utilisent généralement la « randomisation », c’est-à-dire la répartition au hasard, pour brouiller le lien entre informations publiques et privées. « Nous essayons de rendre la randomisation optimale, c’est-à-dire d’atteindre un haut niveau de protection des données tout en minimisant l’impact de son utilisation sur la fluidité des échanges » , précise-t-elle.
Avec près de 100 publications à son actif, Catuscia Palamidessi a quelques difficultés à citer celle qu’elle juge la plus importante. « Peut-être l’un de mes articles récents, décrivant comment il est possible, grâce à la loi de probabilité de Laplace, de protéger des données privées » .
Elle participe actuellement à un projet d’envergure internationale, intitulé PRINCESS (Protecting privacy while preserving data access ), en collaboration avec une équipe de recherche en Australie et la Pennsilvania State University. « L’objectif de ce projet est d’analyser le flux d’informations toujours du point de vue des probabilités, mais en se basant sur des théories complexes comme la théorie de l’information et la théorie de la décision , explique-t-elle. Les équipes de recherche australienne et américaine sont parmi les meilleures au monde dans ce domaine : leur participation à ce projet est un gage de succès ».

Mots-clés : Italie Catuscia Palamidessi Équipe Comete Portrait Chercheuse États-Unis International

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