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25/02/2016

Regaind : une start-up Inria de Paris

L’idée a moins d’un an. Pourtant, Regaind a déjà levé près de 400 000 € auprès du fonds SIDE Capital. L’objectif de cette start-up est simple : faire gagner du temps aux utilisateurs qui veulent trier de grandes quantités de photos. 

Qui n’a jamais vécu la galère du tri de centaines de photos à son retour de vacances avant d’abandonner ?

Qui n’a jamais subi, sans broncher, une soirée diapos interminable faute de choix pertinent ?

Pour Arnaud Laurenty, il fallait y remédier : après le baptême de son fils, il s’est trouvé confronté à une montagne de près de 400 images à trier. Péniblement, à la main, il parvenait à en sélectionner 80, mais c’était encore trop pour pouvoir les partager facilement. Alors, ce jeune ingénieur s’est mis en quête d’un outil de tri automatique. Avant de s’apercevoir rapidement qu’il n’en existait pas encore. 

Raconter une histoire en images

Il s’est donc associé à Guillaume Seguin, jeune doctorant à Inria de Paris, au sein de l’équipe Willow, pour créer Regaind, une intelligence artificielle qui effectue toute seule le tri des photos et qui peut même les mettre en page pour constituer un album. L’outil se fonde sur des techniques de machine learning pour déterminer l’intérêt et la qualité esthétique de chaque photo. « Nous travaillons selon deux axes innovants, au-delà de l’analyse du contenu des images : l’axe narratif et l’axe esthétique », explique Guillaume Seguin. L’outil de sélection permet notamment de résumer un événement en un clic. « L’exercice est complexe : une photo peut être considérée comme importante du point de vue de l’action parce qu’elle est seule à illustrer un moment donné, ou bien au contraire parce qu’elle a été prise au sein d’une rafale de dizaines de clichés, dont elle est la meilleure représentante. »

Choisir les plus belles photos

Ensuite, Regaind peut reconnaître les plus belles images. « On pourrait croire que l’esthétique est uniquement subjective, mais en discutant avec des photographes, on s’est aperçu qu’il y avait quelques critères tout à fait objectifs comme la composition, la lumière, les couleurs… » Le logiciel peut ensuite adapter la sélection aux goûts de chacun. Il propose une première sélection, et l’utilisateur indique si le choix lui convient ou non. En fonction des images que l’utilisateur écarte, le logiciel affine les critères de choix. Par exemple, il peut repérer que l’utilisateur préfère les photos sur lesquelles la personne est décentrée, ou dont la profondeur de champ est faible. Aujourd’hui, deux photographes sont toujours en appui de la sélection pour contrôler sa qualité, mais d’ici à la fin de l’année, les deux entrepreneurs veulent automatiser totalement le processus, pour qu’il ne prenne que quelques minutes.

Mettre en page un album 

Pour créer un produit fini, Regaind est aussi en mesure de mettre en page les images dans un album. « Il va par exemple choisir de consacrer une pleine page à un paysage éclatant, puis d’y associer un portrait en plus petit. » L’objectif de la jeune start-up est de pouvoir intéresser les imprimeurs et les services de création d’albums en ligne, explique Guillaume Seguin. « À ce jour, la moitié des utilisateurs qui commencent à élaborer leur album sur un site spécialisé finissent par renoncer. Un outil de tri automatique transformerait l’étape laborieuse du tri et de la mise en page en une expérience ludique et plaisante. Ce faisant, Regaind permettrait à ces sociétés de toucher un public plus nombreux. » 

Avec les fonds levés, la société devrait pouvoir recruter sept personnes en 2016, puis vingt d’ici à 2017 et commencer à s’insérer dans un marché qui pèse à l’heure actuelle dix milliards de dollars dans le monde. 

Guillaume Seguin : « À onze ans, je bricolais déjà des sites web »

Brillant doctorant en informatique au sein de l’équipe WILLOW d’Inria de Paris, Guillaume Seguin n’imaginait pas consacrer sa carrière uniquement à la recherche. « Mon travail me passionne, mais j’ai aussi besoin de me sentir utile, explique-t-il. Dans l’industrie, l’impact de nos travaux est immédiat. »

Il faut dire que le jeune homme a toujours voulu aller vite. À onze ans, il bricolait déjà de petits sites web : « j’étais inspiré par la science fiction, la conquête spatiale : je réalisais des plans de vaisseaux pour voyager dans l’espace et les mettais en ligne, ça m'a permis de commencer à faire du développement web » , s’amuse-t-il. Deux ans plus tard, avec un ami, il lançait un site d’informations spécialisé dans l’informatique, revendu ensuite à un hébergeur. « Nous avions atteint mille visiteurs par jour, nous avions de quoi être fiers. »

Ce bricoleur rêvait de poursuivre des études d’informatique. Après deux années de classes prépa, il fait partie des huit étudiants reçus au concours de l’École normale supérieure dans la spécialité informatique. « C’était passionnant. Dans ce département, ils considèrent que si on a été reçu, c’est qu’on sait déjà programmer. C’était mon cas, je suis complètement autodidacte. Alors la formation va tout de suite au-delà » , explique-t-il. 

Il se passionne très vite pour la vision par ordinateur et réalise plusieurs stages au sein de l’équipe Willow (équipe conjointe entre l’ENS et Inria de Paris), avant d'y travailler sur sa thèse. Il devrait soutenir sa thèse en avril prochain, avant de se consacrer pleinement à sa toute jeune entreprise.

« Regaind est à la croisée des chemins entre la recherche et l’industrie, explique-t-il. La sélection d’images sur des critères esthétiques est un sujet sur lequel des  chercheurs ont travaillé sans parvenir à des résultats probants. En réalisant le tris de milliers de photos d’usagers, nous allons pouvoir affiner nos travaux et faire avancer la recherche » conclut-il.

Mots-clés : Regaind Start-up Inria Innovation Souvenirs Albums Mise en page Informatique Photos Guillaume Seguin Willow

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