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Anais Aires - 25/11/2014

Quand les diagrammes décryptent le sanskrit

Arjuna Srirangapatna Raghavendra

Lauréat 2014 de la prestigieuse bourse Raman-Sharpak, le jeune chercheur indien Arjuna Srirangapatna Raghavendra veut mettre la puissance de l’informatique à la disposition de ceux qui analysent et étudient le sanskrit. Afin d’approfondir ses travaux, il va intégrer Inria au printemps prochain pour trois mois.

Langue millénaire et complexe, le sanskrit n’est aujourd’hui presque plus parlé en Inde, son usage se limitant désormais à des textes académiques ou religieux. Si Arjuna Srirangapatna Raghavendra en maîtrise toutes les subtilités, c’est parce qu’il s’est consacré très tôt à son étude. Dès l’âge de 12 ans, il intègre une école de Bangalore où il commence son l’apprentissage du sanskrit. Il poursuit ensuite ses études à l’Université de sanskrit du Karnataka, où il obtient une Médaille d’Or pour ses résultats à son examen de Master. Son sujet d’étude : le Navya-Nyāya, ou « nouvelle logique », une branche de la logique indienne basée sur une forme codifiée du sanskrit. Il rejoint ensuite le Department of Sanskrit Studies de l’Université d’Hyderabad, où il travaille durant une année sur la linguistique computationnelle* du sanskrit. « J’ai alors découvert les travaux du professeur Gérard Huet, spécialiste de ce sujet et chercheur au sein d’Inria, explique Arjuna. J’ai réalisé à quel point l’étude de cette langue et de sa logique pouvaient contribuer aux avancées de certaines disciplines scientifiques modernes, comme la linguistique, les processus de langage naturel, et l’intelligence artificielle. »

Développer de nouveaux outils d’analyse

Passionné par cette perspective, Arjuna décide alors de consacrer sa thèse de Doctorat au Sanskrit Computational Linguistics, et de l’orienter spécifiquement sur le Navya-Nyāya. « La complexité du sanskrit provient du fait que les mots ne sont séparés par aucun espace ou autre signe, précise Arjuna, une phrase est une suite ininterrompue de lettres qui peut remplir plusieurs pages. Je cherche désormais à développer un outil qui permettra d’analyser et de représenter le Navya-Nyāya sous forme de diagrammes, ce qui en facilitera l’approche. » 

Pour cela, Arjuna explore trois champs d’étude : la segmentation, l’analyse syntaxique et la représentation graphique**. « J’ai développé des outils pour l’analyse syntaxique et la représentation graphique, mais celui qu’a mis au point Gérard Huet pour la segmentation est très puissant. En les combinant, on peut espérer des avancées considérables. » 

Une première expérience internationale

C’est d’ailleurs Gérard Huet qui a incité le chercheur indien à postuler pour la bourse Raman-Charpak. Arjuna fait aujourd’hui partie des 23 doctorants (17 Indiens et 5 Français) qui se sont vus attribuer cette prestigieuse bourse en 2014. Dans ce cadre, il passera trois mois à Inria au printemps prochain. « Il s’agit de ma première expérience internationale, conclut Arjuna, je suis évidemment très honoré, et surtout impatient de découvrir Inria et d’y travailler. »

→ Bourse Raman-Charpak : un pont entre l’Inde et la France

Les bourses Raman-Charpak sont ouvertes aux doctorants français et Indiens qui souhaitent effectuer leurs travaux de recherche dans un pays différent pour une durée de 3 à 6 mois. Depuis 2013, ce programme fonctionne dans les deux sens, de la France vers l’Inde et de l’Inde vers la France. Il est co-financé par le Département Science et Technologie du Ministère indien de la Recherche et l’ambassade de France en Inde et mis en oeuvre par le CEFIPRA (Centre Franco-Indien pour la Promotion de la Recherche Avancée).

* Ensemble des disciplines fondées sur une modélisation statistique du langage ordinaire approché sous un angle informatique.
** note pour le traducteur : segmentation / constituency parser / pictorial representation

Mots-clés : Portrait Paris-Rocquencourt Arjuna Srirangapatna Raghavendra Sanskrit

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