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8/03/2017

Nathalie Gaudechoux, assistante de recherche : « Je collabore avec les chercheur.e.s depuis trente ans »

Essentielles au bon fonctionnement des équipes de recherche, les assistantes sont depuis toujours au coeur du fonctionnement d'Inria. Nathalie Gaudechoux occupe ce poste depuis plus de trente ans. Elle a travaillé avec des dizaines de chercheur.e.s et a contribué à l’expansion de l’institut.

C’est un peu par hasard que Nathalie Gaudechoux a poussé la porte de l’institut, en 1983. « J’avais 22 ans, j’étais diplômée de la Chambre Syndicale de la Haute couture parisienne. Je voulais être styliste, mais je ne trouvais pas d’emploi. J’ai appris qu’Inria recrutait. J’ai été embauchée... Et je ne suis jamais partie.  » À l’époque Inria s’appelle IRIA et ne compte qu’un seul centre, celui de Rocquencourt. Nathalie Gaudechoux est engagée comme assistante de recherche auprès de l’équipe Robotvis qui travaille sur les prémices de la robotique. « Dans notre bâtiment, il y avait une grande fosse où était installé un immense robot Renault-Acma V80 provenant des usines Renault et l’équipe l’avait adapté pour qu’il puisse attraper des objets. C’était un peu l’attraction du centre à l’époque et assez dangereux. », se souvient-elle, un peu nostalgique de ses premières années à l’institut. « Il y avait beaucoup moins d’équipes et l’ambiance était très familiale. Nous fêtions les arrivées, les départs. En trente ans, l’institut s’est beaucoup développé, des antennes se sont ouvertes partout en France et nous avons peut-être un peu perdu l’esprit familial des débuts. »

Arrivée des premiers ordinateurs

Dans les années quatre-vingts, le travail de l’assistante consiste surtout à taper, sur une machine à boules, les articles des chercheurs soumis à des revues et des conférences scientifiques internationales, leurs thèses, … « Je faisais de la saisie au kilomètre.  » Nathalie Gaudechoux a vécu l’arrivée des premiers Macintosh à Inria. Et forcément, le travail a évolué. Aujourd’hui, l’activité est également beaucoup plus diversifiée. Elle fait entre autres du suivi RH, budgétaire et contractuel. « J’ai tout appris sur le tas. Il a fallu que je me débrouille avec les outils informatiques, notamment l’apprentissage d’Emacs et de LaTeX, avec l’anglais…  » En trente ans, Nathalie Gaudechoux a par ailleurs vu défiler nombre de chercheurs et a assisté plus d’une quinzaine d’équipes.« Le travail reste le même, il faut juste s’adapter à la personnalité de chaque nouveau responsable. Le cœur du métier d’assistante étant un rôle de soutien, les chercheurs nous sollicitent au quotidien pour toutes les tâches administratives qui, quelquefois, les rebutent. Nous, les assistantes, sommes leur collègue mais parfois aussi un peu leur mère.  »

Premières femmes chercheuses

Nathalie Gaudechoux a aussi vu arriver les toutes premières responsables d’équipe. « Nous étions dans un univers quasi exclusivement masculin. La première femme chercheuse que j’ai assistée début des années quatre-vingt-dix durant cinq ans était Isabelle Herlin, responsable à l’époque de l’équipe Masda. Elle était jeune maman et nous avons eu une relation très amicale. Par la suite d’ailleurs mes responsables d’équipe ont été pour l’essentiel des femmes avec qui j’ai toujours eu des rapports privilégiés. » Hasard de la vie, douze ans plus tard Nathalie Gaudechoux redevient l’assistante d’Isabelle Herlin, responsable de l’équipe Clime.«Depuis trente ans je n’ai pas bougé,  ce sont les équipes qui ont croisé ma route. C’est grâce à ce renouveau permanent que je suis restée aussi longtemps chez Inria. » 

#50AnsInria : « En 2067, des assistantes robots ? »

« Cela fait trente ans que je suis chez Inria et l’institut a tellement changé… Je pense qu’en 2067, Inria existera encore. En revanche, le métier d’assistante, je suis moins sûre. Peut-être serons-nous remplacées par des robots ? Dans tous les cas, si les assistantes sont encore là, j’espère pour elles que les logiciels imposés seront plus performants qu’aujourd’hui et plus ergonomes. La vraie révolution ce serait d’avoir des outils de travail adaptés aux assistantes… Et non l’inverse.  »

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