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3/10/2011

Météo du cœur

© Inria - Equipe-projet Macs

Plus de 17 millions de personnes sont victimes de maladies cardiovasculaires, et c’est d’ailleurs la première cause de mortalité dans le monde. Mais quel est le lien entre le cœur et les prévisions météorologiques ? Quel est le but de la recherche en sciences du numérique dans ce domaine ?

En météo comme en modélisation cardiaque, on s’intéresse à des systèmes naturels pour lesquels il est difficile d’obtenir des mesures, car on ne peut pas les faire n’importe où, n’importe quand ou n’importe comment. Les chercheurs sont donc « spectateurs » de ces systèmes et ils doivent s’appuyer sur des mesures prises au fil du temps. Ces dernières les aident à établir des modèles numériques très complexes et à créer des simulations prédictives, c’est-à-dire représentatives de la réalité. En météorologie, ces simulations sont au préalable réalisées dans le passé et confrontées aux mesures correspondantes, afin de restreindre l’incertitude des données dans le présent.

Des chercheurs des équipes-projets Macs, Réo et Sisyphe du centre de recherche Inria Paris – Rocquencourt appliquent, en quelque sorte, ce schéma à la recherche sur le cœur numérique. En effet, ils cherchent à établir une modélisation cardiaque personnalisée. A partir des mesures d’imagerie médicale, entre autres, les chercheurs mettent au point des modèles de simulation du cœur. Et comme pour la météorologie ils les confrontent à des mesures afin d’être au plus juste dans leurs prédictions d’évolution. Ces modèles prédictifs ont pour but (à terme) d’aider au diagnostic ou à la thérapeutique en médecine.

Les équipes Inria travaillent par exemple actuellement avec l’Université King’s College London et l’hôpital St-Thomas de Londres pour optimiser le fonctionnement de pacemakers en les adaptant aux patients qui les reçoivent. Les médecins comparent donc, a posteriori, les simulations du modèle prédictif Inria avec les données du patient, ce qui permet ainsi d’évaluer la qualité prédictive du modèle. Pour l’instant les pré-validations cliniques sont convaincantes.

La deuxième phase sera de faire des tests « a priori », c’est-à-dire sans que les modélisateurs n’aient accès à l’avance aux mesures  du patient et de sa réaction à la stratégie thérapeutique envisagée.
Ces équipes sont également engagées dans un projet d’envergure baptisé Liryc aux côtés du CHU de Bordeaux, du Cnrs, de l’Inserm et de la région Aquitaine, visant à faire progresser considérablement le dépistage des patients à risque et la prise en charge de certaines pathologies cardiaques d’origine électrique, par l’identification de cibles thérapeutiques utilisant l’imagerie médicale par IRM, des cartographies électriques non invasives pour le patient et des méthodes de diagnostic assisté par ordinateur.

Mots-clés : Coeur Macs Reo Sisyphe

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