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Interview

Amélie Castan - 29/04/2011

Mario Tokoro : « Je serais ravi d’accueillir des chercheurs Inria à Tokyo »

Mario Tokoro

Le 31 mars, le fondateur et président directeur général de Sony Computer Science Laboratory Inc. a passé une journée au centre de recherche Inria de Rocquencourt. Il nous explique les raisons de sa venue et son intérêt pour la recherche faite au sein de l'institut.

Quel était l’objet de la visite que vous avez rendue aux équipes de l’Inria ?

Mario Tokoro :  Nous avons échangé des informations. J'ai expliqué les activités de Sony Computer Science Laboratory (CSL), que j’ai créé en 1988 au Japon dans le seul but de mener des travaux de recherche fondamentale liée à l’informatique. Notre objectif est de contribuer au développement social et industriel au travers d'une recherche originale tournée vers le 21e siècle et qui est potentiellement en capacité d’aboutir à des découvertes majeures dans le domaine informatique. Au cours de la première décennie, nous nous sommes concentrés sur les systèmes d’exploitation distribués, les réseaux informatiques, les langages de programmation, l’interaction homme-machine, et sur d’autres aspects fondamentaux de la recherche de pointe. Nous avons par exemple commencé à travailler sur les robots et c'est devenu un gros projet de Sony Corporation, aboutissant à la production du robot Aibo. Nous élargissons désormais davantage nos domaines de recherche aux sciences des systèmes ouverts, par exemple, les systèmes complexes, les sciences neuronales, la biologie des systèmes et les systèmes d'énergie ouverts. Nous avons commencé à travailler sur la biologie il y a dix ans, et aujourd’hui Sony s’intéresse au secteur médical. J’espère que Sony s'intéressera à d'autres domaines dans le cadre de ses activités futures. En 1996, j’ai créé une petite cellule de recherche à Paris, car je sais que Paris peut attirer de bons chercheurs venant de Londres, de New York... Et tout le monde ici a un côté artiste ! Le laboratoire européen compte quatre chercheurs qui travaillent sur la science et l’art : expérience musicale personnelle, linguistique évolutionnaire… C’est en raison de notre présence à Paris que je souhaitais rencontrer des chercheurs de l’Inria. J’étais intéressé par l’ensemble de leurs excellentes présentations relatives aux systèmes de transport intelligents, à l'imagerie biologique et graphique, aux simulations, aux différents types d’interfaces utilisateurs…

Pourquoi avez-vous insisté pour visiter le centre de recherche de Rocquencourt ?

Mario Tokoro : Je pense que Rocquencourt est un centre de recherche emblématique de l’Inria. Je l’ai visité il y a 30 ans, en tant que chercheur. J’ai rencontré Gérard Le Lann, qui travaillait sur les systèmes distribués. Il apporte aujourd'hui son aide au projet IMARA et je l’ai vu le 31 mars, 30 ans après ! Je connaissais également Gilles Kahn, lorsqu'il travaillait dans les domaines de l’informatique et du contrôle à Rocquencourt, avant  qu'il coordonne la recherche scientifique à Sophia Antipolis puis dirige l'Inria. Je voulais rafraîchir mes connaissances concernant les travaux de l’Inria. La raison pour laquelle j’ai plus particulièrement visité le centre de Rocquencourt aujourd’hui réside dans la possibilité d’établir une communication et une collaboration plus étroites entre Sony Computer Science Laboratory à Tokyo et à Paris et l’Inria.

De quelles manières pourriez-vous collaborer avec l’Inria ?

Mario Tokoro : Je ne sais pas encore, mais j’ai eu un excellent contact avec Isabelle Ryl, responsable du centre de recherche de Rocquencourt. Je crois qu’elle semble d'accord pour examiner la façon dont nous pourrions collaborer, et les domaines sur lesquels cette collaboration pourrait porter. Peut-être procèderons-nous à des échanges de personnel, afin de mieux nous connaître. Je crois que la recherche repose sur les individus, ceux-ci constitueront donc la base de notre collaboration. Je viens à Paris deux fois par an, j’espère donc rencontrer lors de ma prochaine visite d’autres personnes appartenant à l'institut. Je serai également ravi d’accueillir des chercheurs de l’Inria à Tokyo.

Quelles sont les différences entre Sony Computer Science Laboratory et l’Inria ?

Mario Tokoro : L’Inria possède tout ce qui est souhaitable ! De nombreux sujets de recherche, explorés par de nombreux chercheurs travaillant en équipe. Chez Sony Computer Science Laboratory, nous sommes 30 personnes. Chaque chercheur possède son propre programme, mais nous disposons d’un budget de recherche limité.

Mots-clés : Mario Tokoro Sony CSL Tokyo Robots

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