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Médiation

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Médiation : Inria s’invite au Palais de la découverte avec un espace dédié au numérique

Le 13 mars, le Palais de la Découverte ouvrira sa nouvelle exposition permanente sur l’informatique et les sciences du numérique. Réalisée en partenariat avec Inria, elle offre une vue panoramique de ces disciplines. Vincent Blech, muséographe pour Universcience , et Laurent Viennot, directeur de recherche au centre Inria de Paris et commissaire scientifique, nous racontent la construction du projet.

Quelle est l’origine du projet de l’exposition et comment avez-vous travaillé ensemble ?

Vincent Blech : L’idée et l’envie sont venues de la direction de la médiation. En 2016, nous avons proposé la création d’une nouvelle unité sur les sciences de l’informatique. Ce nouvel espace de 300 m2 vient s’ajouter aux sept autres salles permanentes dédiées aux disciplines scientifiques du Palais de la découverte. En tant que muséographe, j’ai assuré le pilotage du projet élaboré avec Stéphane Fay, responsable de la nouvelle unité du Palais. Pour nous accompagner sur le volet scientifique, nous avons sollicité Inria, un partenaire scientifique historique d’Universcience (1). Laurent Viennot, et toutes et tous les spécialistes du comité scientifique (2), ont nourri le contenu de l’exposition par leur expertise. Pour Universcience , l’enjeu a consisté à les concrétiser dans des scénarios, sans trop les appauvrir, à trouver un bon mariage entre le message et l’interactivité.

Laurent Viennot : Directeur de recherche chez Inria, je m’intéresse à l’algorithmique des réseaux. J’ai rejoint le projet grâce au réseau de médiation de l’institut dont je fais partie. En tant que commissaire scientifique de l’exposition, mon rôle a été de sélectionner et hiérarchiser les informations, d’expliquer la science qui se cache derrière toutes les notions que nous avons choisi d’aborder. Mais l’exposition, qui couvre de nombreuses disciplines, dépasse mon champ d’expertise ! Pour les parties sur la robotique ou l’apprentissage automatique par exemple, nous avons associé d’autres collègues d’Inria, du CNRS ou des universités. 

Comment s’organise le parcours de l’exposition ?

V.B. : L’exposition répond à deux questions : « comment ça marche ? » et « à quoi ça sert ? ». Nous l’avons imaginée en trois temps. Une première partie invite le public à se familiariser avec les quatre éléments fondamentaux et pérennes de l’informatique : l’information, l’algorithme, le langage et la machine. Vient ensuite « le laboratoire ». Ce deuxième espace présente des systèmes complexes et actuels, organisés à partir des éléments fondamentaux de l’informatique. Il y est question de réseau, de robots, d’apprentissage automatique et de big data . Un troisième espace, « l’arène techno » propose de découvrir et de tester des prototypes développés par des start-up françaises (voir encadré). Le contenu de cette zone pourra être renouvelé au gré des innovations.

L.V. : L’exposition est très interactive et s’adresse à tous les publics - notamment aux collégiennes et collégiens, et aux lycéennes et lycéens, car elle s’appuie sur le programme de l’Éducation nationale. Autour de l’exposition seront aussi proposés des exposés et des activités animés par les médiateurs et médiatrices du Palais. Parmi ces activités, on trouvera des dispositifs dits « débranchés » - car dépourvus d’écran - pour montrer qu’il est possible de s’initier à l’informatique sans ordinateur. 

Pouvez-vous nous présenter l’une des manips ?

V.B : Prenons l’exemple de la manip sur les algorithmes que nous avons développée ensemble avec Laurent. Pour aborder cette partie, nous proposons au visiteur ou à la visiteuse de résoudre des labyrinthes affichés sur une grande dalle LED. Trois niveaux de difficulté sont mis en place : du plus intuitif (résolution grâce à une suite d’instructions directionnelles) au plus abstrait (résolution par l’écriture d’un programme). Cette manip permet aussi de comparer et d’analyser plusieurs algorithmes.

L.V. : Nous souhaitions montrer que tout problème peut être résolu par différents algorithmes. Mais que tous n’ont pas la même efficacité, en termes de temps de calcul et de mémoire. À travers ces quelques exemples, nous voulions aussi creuser la notion d’« algorithme », la décortiquer, pour mieux rendre compte de ce qu’un ordinateur peut ou ne peut pas faire.

Qu’est-ce qui vous a le plus enthousiasmés dans ce projet ?

V.B. : Partant de rien, nous avons dû tout inventer ! C’est une démarche très stimulante. Chaque dispositif de l’exposition est donc un prototype unique.

L.V. : J’ai aussi pris beaucoup de plaisir à développer des supports qui sortent de l’ordinaire. L’exposition présente l’informatique de manière très originale. Comme l'ensemble des autres scientifiques qui ont participé au projet, j’ai aussi été ravi de travailler pour le Palais. Un musée que j’ai visité enfant, peut-être même le lieu qui m’a mené jusqu’aux sciences…

Inria est aussi dans l’arène

Pour sa première édition, « l’arène techno » fait la part belle aux interfaces Homme-machine. Dans cet espace de démonstration, les visiteurs et visiteuses pourront tester le système de contrôle de l’image par le geste, sans contact avec l’écran, développé par la start-up Therapixel, issue d’Inria. Elles et ils pourront également découvrir la tablette à retour sensoriel de la jeune société Hap2U qui a bénéficié d’un partenariat industriel avec le groupe de recherche MINT2 d’Inria. Avec Didier Roy, Inria Bordeaux a également contribué à l’une des manips phare de l’exposition : un robot pilotable par les visiteurs et visiteuses.

> Pour en savoir plus

(1) Inria était le partenaire scientifique de l'exposition Terra Data , présentée du 4 avril 2017 au 7 janvier 2018 à la Cité des sciences et de l'industrie.

(2) Membres du comité scientifique de l’exposition :

  • Francis Bach, mathématicien, apprentissage statistique, Inria Paris
  • Gérard Berry, professeur, Collège de France, chaire « Algorithme, machines et langages »
  • Florence D'Alché-Buc, professeure, Télécom-ParisTech, Institut Mines-Télécom, chaire "Machine-Learning for Big Data"
  • Gilles Dowek, informaticien, logicien et philosophe, Inria, professeur attaché ENS Paris Saclay
  • Laurent Kott, IT Translation, transfert et valorisation de la recherche
  • Stéphane Mallat, chercheur en mathématiques appliquées, professeur ENS Paris-Saclay, membre de l’Académie des sciences
  • Antoinette Rouvroy, chercheuse, philosophie du droit, Fonds national de la recherche scientifique (FNRS, Belgique)
  • Françoise Tort, maître de Conférences en Informatique, ENS Paris-Saclay, cofondatrice du concours Castor
  • Thierry Vieville, chercheur neuroscience computationnelle, Inria Sophia Antipolis

Mots-clés : Palais de la découverte Médiation Numérique Sciences

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