Sites Inria

English version

Recherche

22/04/2016

Inria déploie des réseaux de capteurs en Argentine pour sauver des pêches

Logo-Peaches

En avril 2016, l’équipe EVA d’Inria de Paris a lancé une expérimentation dans la région de Mendoza en Argentine. Objectif : prévoir l’arrivée des phénomènes de gel pour sauver les récoltes de pêches.

En 2013, dès le mois de novembre, les producteurs de pêches de Mendoza, au Nord-Ouest de l’Argentine annoncent l’étendue du désastre : 85% de la récolte est perdue. En cause : un épisode de gel particulièrement brutal au mois de septembre, alors que les bourgeons sont encore très fragiles. Résultat : une perte financière d’environ cent millions de dollars américains. Plus de dix mille travailleurs saisonniers se retrouvent sans emploi.

Mondialement connue pour ses vignes, la région de Mendoza est aussi très riches en arbres fruitiers. Des pruniers, des cerisiers, des abricotiers et des pêchers s’alignent à perte de vue sur près de 55 000 hectares. Une activité lucrative mais soumise aux aléas climatiques. En effet, les terres agricoles se trouvent ici dans une zone semi-aride, qui connaît des écarts de températures importants et notamment des épisodes de gel soudains. Il suffit que les arbres soient exposés à des températures négatives pendant quelques heures en août ou en septembre, pour que la fleur tombe, empêchant alors le fruit de pousser.

Du big data des champs

Peaches

« L’enjeu est tel que les propriétés agricoles sont équipées pour faire face à ce type d’événements : ils ont des réchauds, placés au pied des arbres, ainsi que des hélicoptères, pour remuer l’air chaud et éviter que les pêchers ne gèlent. En revanche, il est très difficile de prévoir les épisodes de gel » , explique Thomas Watteyne, chargé de recherches au sein de l’équipe EVA d’Inria-Paris. Les exploitants disposent déjà de stations météo, placées dans les vergers, ainsi que de modèles mathématiques pour prévoir l’arrivée du gel en modélisant le microclimat d’une zone particulière. En revanche, ils ne disposent pas de réseaux de capteurs assez denses pour fournir des données fines à partir desquelles ils pourraient réaliser des prévisions plus précises. Toute l’ambition du projet « save the peaches » est donc de déployer un réseau de capteurs dans un champ, afin de capter une grande masse de données et pouvoir prévoir les épisodes de gel.

Pour ce projet, Inria est associé à des chercheurs de l’Universidad Tecnológica Nacional (UTN) de Mendoza, qui se charge des aspects agronomiques et de l’Universidad Diego Portales (UDP) de Santiago au Chili. L’équipe EVA d’Inria est spécialisée dans les  réseaux de capteurs multisauts. « Avec ce projet, nous voulons établir les statistiques de connectivité de nos réseaux. Ce déploiement nous permettra de valider le comportement de nos installations dans un environnement réel » explique Thomas Watteyne. Les chercheurs d’EVA travaillent avec des capteurs sans fil SmartMesh IP de la societe Linear Technology/Dust Networks, et en partenariat avec Metronome Systems. Le réseau de capteurs est multisaut, offre une fiabilité bout-en-bout de plus de 99.999% et une consommation énergétique tellement faible qu’un capteur peut fonctionner pendant plus de dix ans sur deux simples piles AA

Les équipes ont donc installé un réseau de vingt-trois capteurs sur un champ uniquement dédié à la recherche. Des modules communicants ont donc été placés sur des poteaux plantés entre les arbres. Ces derniers vont capter l’humidité et la température de l’air, ainsi que l’humidité et la température dans le sol. Les données sont transmises à un point de collecte relié à Internet et retranscrites instantanément sur une page web. D’ici au mois de juillet, d’autres capteurs seront mis en place.

PEACH est un projet dans le cadre du programme STIC-AmSud, soutenu par la Direction des Partenariats Européens et Internationaux (DPEI) d’Inria.

Mots-clés : Capteurs Réseaux Pêches Argentin EVA Inria de Paris Peaches

Haut de page

Suivez Inria