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Mediathena - NLJ (*) - 26/06/2019

Falco : la gestion intelligente des ports de plaisance

C’est au sein de l’équipe Eva d’Inria qu’une technologie de communication sans fil extrêmement performante a vu le jour. Celle-ci est aujourd’hui déployée par la société Wattson Elements , qui l’applique au milieu de la plaisance. Avec l’accompagnement d’Inria, elle a en effet développé autour de cette technologie, une plate-forme, baptisée Falco , qui offre de nouveaux services aux gestionnaires des ports comme aux plaisanciers. Entretien avec Elsa Nicol, présidente de Wattson Elements .

Votre start-up propose une solution baptisée Falco . En quoi consiste-t-elle et qui vise-t-elle ?

Elle s’adresse en premier lieu aux gestionnaires de ports de plaisance. Elle permet à la fois la gestion dynamique des places — on détecte la présence ou l’absence d’un bateau à chaque emplacement en temps réel — et la mesure des consommations électriques de chaque bateau, là aussi en temps réel. Alors que jusque à présent, la plupart des ports ont au mieux un compteur par ponton et facturent un forfait fixe à chaque plaisancier. 

Falco comprend également une partie service pour les plaisanciers : un boîtier installé dans le bateau, qui détecte un départ de feu, une intrusion, des mouvements indiquant un problème d’amarrage… et transmet les éventuelles alertes au plaisancier via une application et au port sur une interface utilisateur. Si le premier n’est pas là, leur second peut intervenir.  

Quelle est la technologie au cœur de Falco 

À l’origine, il y a les recherches menées par l’équipe Eva d’Inria, spécialisée dans les réseaux sans fil, qui ont abouti à la mise au point d’une technologie de communication sans fil. Ses performances sont aujourd’hui inégalées dans le milieu complexe du port de plaisance. Contrairement à d’autres systèmes, où des données peuvent se perdre, où le lien peut se rompre si l’environnement évolue, celui d’Inria est extrêmement robuste et affiche 99,999 % de fiabilité ! Il s’agit en effet d’un réseau maillé : chaque élément du réseau peut servir de relais pour transmettre l’information, ce qui offre une fiabilité bien supérieure à une configuration où seul un élément central dispatche les données. Mais en jouant ce rôle de transmetteur, chaque élément risque aussi de consommer plus d’énergie. C’est là que l’expertise de l’équipe Eva prend tout son sens : elle permet justement de trouver l’équilibre parfait entre fiabilité et dépenses énergétiques, en optimisant la programmation de chaque élément.   

Comment est née l’idée d’appliquer cette technologie aux ports de plaisance ?

L’équipe Eva travaille sur cette technologie de l’IoT (Internet of Things) depuis plus de trois ans et l’a déjà déployée dans plusieurs milieux à la demande de partenaires. Là, c’est le port du Cap d’Agde qui a demandé une preuve de concept pour la gestion dynamique des places et la mesure des consommations électriques. Et quand ce projet s’est terminé, le port a conclu : parfait ; et maintenant, où achète-t-on ?

Et c’est là que Wattson Elements est entré en jeu…

Tout à fait. J’avais entendu parler du projet et puisque mon parcours, c’est justement la gestion de projet et le développement de produits pour des applications industrielles, je me suis positionnée sur le déploiement jusque au marché.

Comment s’est passée la création de la société ?

Nous avons eu la chance de bénéficier du soutien du Service transfert pour l’innovation et partenariats (Stip) d’Inria. Notre interlocuteur nous a ainsi aidés à monter une candidature pour une "action de transfert technologique" (ATT). Cela nous a permis de bénéficier d’environ 100 000 € de subventions, qui ont financé un premier prototype, indispensable pour aller démarcher les clients potentiels, ainsi que le salaire d’un ingénieur, jeune docteur, pendant un an.

Nous avons par ailleurs pu intégrer un programme de formation d’Inria, en partenariat avec l’EM Lyon Business School , pour travailler sur la stratégie, l’approche commerciale, la proposition de valeur, la construction du business plan, etc. Il a fallu beaucoup mûrir notre projet, car l’objectif final était de présenter le concours I-lab de la BPI France . Ce que nous avons fait fin février… et nous attendons les résultats. Remporter ce concours pourrait déboucher sur des financements — jusque à 600 000 € — et nous offrirait une grande reconnaissance et une belle visibilité !

Comment la collaboration avec Inria se poursuit-elle aujourd’hui ?

Nous avons finalisé le contrat de licence, qui nous permet d’exploiter la technologie d’Inria,  avec le Stip (voir supra). Celui-ci nous a également mis en contact avec un incubateur, dans lequel nous avons été acceptés. Nous allons donc quitter les locaux de l’équipe Eva, dans lesquels nous étions hébergés jusque ici, à la fin de l’année. Mais les liens avec Inria resteront forts : nous faisons partie de l’Inria Business Club et bien sûr, nous continuerons à mettre en avant ce partenaire qui est aussi un label. Avoir une technologie qui sort d’Inria nous positionne comme start-up de la deep tech , issue de la recherche publique et innovante. Ce qui facilite l’accès à certaines subventions et nous donne de la visibilité auprès des clients potentiels.

Quelles sont les prochaines étapes pour Wattson Elements  ?

Falco va être déployé à partir de juin dans nos deux premiers ports connectés clients et partenaires : celui du Cap d’Agde et celui de Kernével, à Lorient. Entre 50 et 120 bateaux seront équipés de boîtiers et nous recueillerons le retour d’expérience des ports et des plaisanciers. Car si la technologie est prouvée, il nous faut encore corriger les éventuels défauts de l’interface utilisateur.

Notre objectif est d’avoir un produit finalisé pour les salons nautiques qui se tiendront au Cap d’Agde et à Paris à la fin de l’année. Et en attendant, de monter en puissance pour répondre à des appels d’offres de ports français ou étrangers afin de convertir dès que possible nos projets pilotes en déploiements réels ! 

Wattson Elements en dates

  • 2015 : naissance de l’équipe Eva
  • 2016-2017 : mise au point de la technologie sans fil innovante, SOLSystem
  • 2017 : projet SmartMarina (preuve de concept au Cap d’Agde)
  • 2018 : naissance de Falco
  • Janvier 2019 : création de Wattson Elements 
  • Juin à octobre 2019 : déploiement de Falco au Cap d’Agde et à Lorient

Mots-clés : Port connecté IoT Falco Accompagnement Start-up

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