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Prix et distinction

9/11/2018

Fabrizio de Vico Fallani remporte le Junior Scientific Award de la société Complex Systems

Fabrizio de Vico Fallani - © Inria / Photo C. Morel

Chercheur au sein de l’équipe-projet Aramis, commune à Inria, au CNRS, à l’Inserm et à Sorbonne Université et hébergée à l’Institut du cerveau et de la moelle épinière (ICM), Fabrizio de Vico Fallani vient de recevoir le Junior Scientific Award de la société scientifique Complex Systems. Rencontre.

En quoi consiste votre projet de recherche ?

Je suis spécialisé dans la compréhension des systèmes complexes et le cerveau en est sans doute le plus fascinant d’entre eux. Dans mes recherches, je m’attache à décrire le fonctionnement de cet organe comme un réseau. Au sein de l’équipe-projet Aramis (commune Inria / CNRS / Inserm / Sorbonne Université), je travaille au quotidien avec des neurologues, à l’Institut du cerveau et de la moëlle épinière. Avec les autres chercheurs de mon équipe, nous leur apportons des outils théoriques et mathématiques et nous avançons ensemble dans trois directions assez spécifiques.

Alzheimer et les maladies neurodégénératives d’abord, pour lesquelles nous tâchons d’identifier des biomarqueurs pour mieux comprendre l’évolution des pathologies et permettre aux médecins d’établir des diagnostics précoces. Ensuite, je collabore avec des professionnels de la santé au sujet de la réorganisation du cerveau après un AVC : nous savons en effet que quand une lésion atteint une partie, les régions voisines sont capables de prendre en charge progressivement les tâches qui ne sont plus accomplies, mais nous ne comprenons pas précisément ce mécanisme.

Aussi, afin de guider les méthodes de rééducation, il est important de bien identifier ce phénomène de réorganisation, qui est le fruit d’intenses communications entre plusieurs zones du cerveau. Enfin, je travaille aussi beaucoup sur les interfaces homme-machine et sur la manière dont nous pouvons moduler l’activité de notre cerveau. J’utilise un casque qui capte les signaux émis par le cerveau pour faire bouger des objets sur un écran. Mon objectif est de comprendre la manière dont les individus apprennent à utiliser cet appareil et l’impact de cet apprentissage sur les communications dans le réseau du cerveau. 

Qu’est-ce qui vous a donné envie de vous lancer dans cette aventure ?

J’ai fait mes études, mon doctorat ainsi qu’un premier postdoc à Rome : je m’intéressais alors déjà aux réseaux complexes. Le cerveau en est un, on pourrait même le comparer à un objet connecté. On estime que le cerveau humain est composé d’environ 100 milliards de neurones, mais nous ne savons pas comment ils communiquent entre eux. Je voulais travailler sur la caractérisation de ce réseau, le décrire. A l’institut neuroscientifique Fondazione Santa Lucia, où j’ai effectué mon postdoc, j’étais entouré de médecins et de patients qui souffraient de troubles moteurs ou de paralysies.

Je cherchais alors à comprendre ce qui se produisait dans leur cerveau. Mais surtout, je constatais au quotidien que mes collègues neurologues avaient une approche à l’ancienne, utilisaient des outils rudimentaires alors que j’étais convaincu que les mathématiques pourraient leur faire faire un bond en avant.

J’étais certain qu’il fallait mesurer, quantifier de façon objective tous les changements dans le fonctionnement biologique du cerveau, grâce à des techniques non invasives. C’est exactement ce que je fais aujourd’hui à l’ICM, où j’apporte aux médecins des outils mathématiques pour qu’ils puissent un jour offrir une meilleure prise en charge à leurs patients.

Qu’est-ce que ce prix représente pour vous ?

D’abord, je suis très fier d’avoir obtenu cette distinction, qui récompense l’ensemble des travaux que j’ai réalisés, avec mes collaborateurs, jusqu’à présent. Un tel événement a un immense impact sur la motivation d’un chercheur. Je suis surtout très heureux de constater que dans le domaine des neurosciences, il est désormais acquis que la compréhension du système complexe qu’est le cerveau est la voie à suivre pour à terme mieux prendre en charge les patients.

Il s’agit d’un domaine relativement nouveau, qui a une dizaine d’années tout au plus et qui ne cesse de se développer. La Complex Systems Society présente des travaux dans des domaines aussi variés que les arts, les sciences politiques, la médecine… tout autour de nous est complexe. Ce prix honorifique sera un atout pour moi à l’avenir, notamment dans mes recherches de financements. 

5 dates clés : 

  • 2010 : Fabrizio de Vico Fallani reçoit un prix de la société italienne de bio-ingénierie pour sa thèse 
  • 2012 : il intègre l’Institut du Cerveau et de la moëlle épinière en postdoc
  • 2014 : il rejoint l’équipe-projet Aramis dans le cadre d’un starting research position
  • 2017 : il obtient un poste de chargé de recherches à Inria
  • 2018 : il reçoit le Junior Scientific Award de la société Complex Systems

Mots-clés : Fabrizio de Vico Fallani Inria de Paris Junior Scientific Award Complex Systems

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