Sites Inria

English version

Culture scientifique

29/07/2014

Un serious game pour comprendre la crypto

Léo Ducas-Binda (Cascade), Thierry Viéville et Laurent Viennot (référents médiation scientifique), et le service communication du centre se sont associés pour créer le serious game Cryptris. L’objectif : faire comprendre à quoi sert la cryptographie et dans quel contexte elle intervient.

Échanger des informations secrètes sur Internet ? C’est possible grâce au chiffrement. Prouver son identité numériquement ? Cette fois-ci il s’agit de la signature numérique. Ce sont les deux problèmes de base de la cryptographie : la science des codes secrets. Dans les deux cas, les calculs sont si compliqués que seule la personne qui doit déchiffrer le message (ou celle qui doit s’authentifier) peut le faire à partir d’une « clé ».

Le centre, soucieux de transmettre une culture scientifique, présente un serious game amusant et ludique : Cryptris. Derrière ses allures de Tetris se cachent des mathématiques très sérieuses.

Le premier objectif de Cryptris est de faire comprendre à quoi sert la cryptographie et plus précisément dans quel cas elle est utile. Le second est d’en expliquer les principes de base : une clé publique permet de chiffrer, et la clé privée associée permet de déchiffrer. La clé publique se déduit facilement de la clé privée, mais l’inverse est difficile, voire impossible même muni d’un supercalculateur, Ainsi, seul le possesseur de la clé privée, c’est-à-dire le récipiendaire légitime pourra déchiffrer le message.

A VOUS DE JOUER !

Léo nous en dit plus : (extrait de http://images.math.cnrs.fr/Cryptris-2-2-Les-dessous.html)

« Cryptris est inspiré par des techniques récentes en cryptographie, techniques fondées sur les réseaux euclidiens. Les réseaux euclidiens sont connus pour fournir des problèmes très durs à résoudre comme le problème du plus court vecteur. Certains de ces problèmes sont tellement durs que si on savait les résoudre on pourrait résoudre tout un tas d’autres problèmes ; on dit que ce sont des problèmes NP-complets.

La cryptographie à base de réseau, la vraie, est aussi dure à casser que des variantes de ces problèmes de réseau. Bien qu’elle ne soit pas parfaitement NP-complète c’est la meilleure cryptographie dans le sens où l’on comprend à peu près pourquoi elle est difficile à casser. Certains experts prédisent qu’elle finira par remplacer la cryptographie traditionnelle dans un futur proche.

Mais Cryptris alors ? Cryptris est une « approximation » de ces techniques ; il y a dans Cryptris les idées-clés pour construire un vrai cryptosystème, mais il manque de nombreux détails pour devenir véritablement incassable. Ne serait-ce que simplement la taille des cleés (la dimension de réseaux). Dans Cryptris, nous jouons avec des réseaux de dimension 8 à 16 ; les cryptographes travaillent avec au moins 256 dimensions !»

Mots-clés : Cryptris Serious game Cryptographie Médiation scientifique

Haut de page

Suivez Inria tout au long de son 50e anniversaire et au-delà !