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Portrait

Marie Blanchard - 8/03/2015

Portrait de Marie Duflot-Kremer, enseignante-chercheuse

Marie Duflot-Kremer est enseignante-chercheuse à l'université de Lorraine. Elle fait sa recherche au sein de l'équipe VeriDis et se décrit comme une chercheuse pessimiste...

Qu'est-ce qui vous a poussée à faire de la recherche en informatique ou en mathématiques ? Et qu'est-ce qui vous passionne le plus dans votre métier ?

J'ai commencé par être passionnée par les mathématiques, quand j'étais toute petite. Je disais à tous les profs sur les fiches de début d'année que je voulais devenir prof de maths. À tous... sauf au prof de maths, "ça lui aurait fait trop plaisir".

J'ai découvert l'informatique au lycée, j'étais de la dernière fournée du bac C, où l'on pouvait prendre une option informatique. Nous faisions de la programmation en Pascal et être face à une machine, à essayer jusqu'à ce que ça marche, à tester soi-même sans attendre une "correction" par un ou une professeur.e m'a plu, et je me suis prise au jeu. Je ne pensais pas en faire mon métier et j'ai continué dans les mathématiques. Je n'ai refait de l'informatique vraiment que deux ans plus tard, à l'ENS de Cachan. C'était gentil, ça ressemblait aux maths, ça ne me faisait pas peur, on faisait des théorèmes, des choses que je connaissais. Et c'est ainsi que petit à petit je me suis tournée vers l'informatique théorique... pour de bon. En recherche il y a les chercheurs et chercheuses optimistes qui ont des idées qui partent dans tous les sens, des idées qui ne marchent pas tout le temps mais qui y croient... jusqu'à ce que ça marche. Et puis il y a les chercheurs et chercheuses pessimistes, qui démontent les preuves qui ne tiennent pas debout, qui prouvent pourquoi telle idée ne fonctionne pas, et qui finissent ainsi, quand vraiment il n'y a plus rien qui ne va pas, à arriver à une bonne idée aussi. Je suis plutôt du côté des pessimistes, mais justement j'aime bien ça, me plonger dans une idée, imaginer les différents cas possibles et me creuser la tête jusqu'à réparer ce qui ne va pas.

Je m'intéresse à la vérification formelle, cette branche de l'informatique qui s'attache à démontrer qu'un système est correct ou pas. Et ce n'est sûrement pas un hasard.

Pourquoi pensez-vous que les femmes sont si peu nombreuses dans ce domaine et que diriez-vous pour les encourager à se lancer dans le numérique ?

À vrai dire je ne sais pas trop. J'ai toujours évolué dans un milieu plutôt masculin (c'était déjà le cas quand je faisais des mathématiques) et j'ai fini par m'y habituer. Ce qui m'énerve par contre c'est le conditionnement qui est mis aux enfants, filles comme garçons, depuis les jeux auxquels ils sont censés jouer que les réactions qu'ils sont censés avoir ou pas dans telle ou telle situation. Qu'une fille n'aime pas les mathématiques ou l'informatique c'est tout à fait acceptable, mais qu'on lui mette dans la tête que ce n'est pas pour elle parce qu'elle est une fille, là c'est inacceptable. Aussi inacceptable que ceux qui regardent de travers un homme sage-femme ou auxiliaire de puériculture.
Que leur dire ? Qu'il faut suivre ce qu'elles aiment, que ce soient les mathématiques, le jardinage, les travaux publics, le journalisme ou le professorat. Pas parce que c'est la mode, ni parce que les copines/copains font pareil. Il faut savoir s'écouter et ne pas se mettre de limites de ce genre. De plus le domaine du numérique est particulièrement bien loti pour les perspectives d'emploi, à tous les niveaux, donc même si on ne désire pas faire de la recherche il y a plein de métiers très intéressants et surtout très différents, cela vaut la peine de s'y intéresser.

Mots-clés : Marie Kremer VeriDis Inria Nancy - Grand Est Femme dans la recherche

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