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Portrait

C.Beri - 8/03/2017

Aurore Guillevic, nouvelle chargée de recherche dans l’équipe Caramba

Aurore Guillevic est chargée de recherche dans l’équipe-projet Caramba depuis novembre 2016. À mi-chemin entre mathématiques et informatique, elle travaille dans le champ de la cryptographie, sur la sécurité des systèmes de chiffrement. 

Qu'est-ce qui vous a poussée à faire de la recherche en informatique ? Et qu'est-ce qui vous passionne le plus dans votre métier ?

©Inria Nancy - Grand Est

Ce sont les bons débouchés que propose la filière informatique et la variété des métiers possibles qui m’ont poussée vers ce domaine. Après une licence en mathématiques et informatique, je me suis lancée dans un master de cryptographie. J’ai découvert cette branche de l’informatique lors d’une fête de la science. Mes enseignants vulgarisaient les principes de la cryptographie et je me suis dit que c’était cela que je voulais faire. J’ai choisi de continuer en thèse que j’ai faite au sein de Thales Communication (dispositif CIFRE).  Je passais un jour par semaine en labo, l’autre partie de mon temps en entreprise. J’ai enchaîné avec un postdoc à Inria Saclay – Île de France dans l’équipe-projet Grace, où j’ai pu rencontrer des experts du domaine comme François Morain. Après un second postdoc au Canada à Calgary, un pays que j’ai découvert avec un grand plaisir, j’ai eu l’opportunité d’intégrer l’équipe-projet Caramba en tant que chargée de recherche à Nancy, je n’ai pas hésité. Je suis arrivée ici en novembre et pour l’instant, je m’y plais.

Mon travail consiste à tester la sécurité de fonctions de chiffrement qui se basent sur le logarithme discret. En cassant des versions miniatures, je peux estimer le temps de calcul nécessaire pour casser les versions complètes actuellement utilisées ou dimensionner les futures versions. Mon domaine en cryptographie est aussi nouveau que l’informatique, qui prend de l’importance. Il y a en permanence de nouveaux défis à relever, des questions à se poser pour l’avenir.

Pourquoi pensez-vous que les femmes sont si peu nombreuses à travailler dans le numérique et que diriez-vous pour les encourager à se lancer dans ce domaine ?

Dans ma promotion les filles étaient peu nombreuses en informatique, dès la L1. Les chercheurs qui ont travaillé sur ce sujet comme Isabelle Collet ont montré que c’est très lié à la culture française et nord-américaine. D’un côté la place des femmes s’est beaucoup améliorée depuis les années soixante-dix pour les sciences dures en général (je m’en suis rendu compte en lisant « The only woman in the room » d’Eileen Pollack), d’un autre côté, on a encore une belle marge de progression, notamment en informatique. Il faudrait davantage faire participer les filles aux activités informatiques telles que les fêtes de la science ou le concours Alkindi (qui se fait par classe entière et permet ainsi la mixité).

Et puis, au niveau master j’ai remarqué que les femmes se dirigent plus facilement vers l’enseignement que la recherche (ou l’ingénierie), en pensant qu’il est plus simple de conjuguer vie professionnelle et personnelle, ce qui peut être pourtant le cas aussi dans la recherche. En France, on a une vision erronée de la recherche et des métiers de l’informatique. Ce qui pousse peut-être les femmes à se détourner de ce domaine réputé masculin alors qu’il était plus féminisé à l’origine. 

Mots-clés : Caramba Aurore Guillevic Inria research centre - Nancy - Grand Est Femme dans la recherche

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