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Parcours européens

8/03/2016

Emilia Tantar : une chercheuse européenne engagée

D’origine roumaine, Emilia Tantar vit actuellement au Luxembourg, après avoir passé trois ans en France, dans l’équipe-projet Dolphin du centre de recherche Inria Lille - Nord Europe (commune avec l'université Lille 1*).
Un parcours international dont elle retient pêle-mêle une envie d’entreprendre, un goût pour les moules-frites et une bonne connaissance des langues européennes.

Sur quoi porte aujourd’hui votre travail ?

Je mets à l’épreuve la sécurité de systèmes informatiques, pour améliorer la protection des systèmes de contrôle et d’acquisition de données (SCADA)*. Ceux-ci sont utilisés dans la distribution électrique, pour le transport de produits chimiques, les canalisations de gaz et de pétrole, etc. ! Au sein de mon laboratoire, dans l’université du Luxembourg, nous travaillons sur l’architecture du système SCADA de Creos, le gestionnaire de réseaux d’électricité et de gaz naturel luxembourgeois. Nous concevons des solutions logicielles que nous testons dans notre laboratoire, et que nous transférons ensuite dans leur système.

 

Collaborer avec des entreprises, est-ce important pour vous ?

Oui, c’est d’ailleurs une culture que j’ai acquise durant mes années de doctorat au centre Inria Lille-Nord Europe. Au Luxembourg, la recherche est financée en majorité grâce à des accords avec le secteur privé. À mon sens, cela présente deux avantages : un bon encadrement de mes travaux et une porte ouverte vers une éventuelle carrière dans le privé. Je compte même créer une start-up cette année.

 

Comment avez-vous "atterri" à Lille ?

Les universités de Lille et Alexandru Ioan Cuza, d’Iasi en Roumanie, dans laquelle j’étudiais, sont partenaires. Grâce au programme Erasmus, j’ai passé quelques mois au Laboratoire d’informatique fondamentale de Lille en 2005. J’ai intégré l’équipe Dolphin d’Inria juste après.

 

Que retenez-vous de vos années lilloises ?

En France, les relations sont très chaleureuses, entre collègues notamment : les Français font la bise, là où les Roumains se serrent la main. La variété des plats de la cuisine française et de celle du Nord, m’a aussi impressionnée. Je suis devenue une grande amatrice de moules-frites. D’un point de vue plus culturel, les géants qui défilent lors des fêtes m’ont beaucoup intrigué au départ. J’ai acheté un dictionnaire qui les répertorie, grâce auquel j’ai beaucoup appris sur les coutumes locales, l’histoire, les métiers traditionnels…

 

Et sur un plan professionnel ?

Ce séjour en France m’a permis de faire de nombreuses rencontres. Durant mes quatre années au sein de l’équipe Dolphin – spécialisée dans l’optimisation multicritère parallèle coopérative –  j’ai eu de nombreux contacts avec des industriels et des organismes internationaux. Nous étions dans un environnement très dynamique.

Parallèlement, j’ai contribué à fonder la branche Lille Nord-de-France de l’IEEE, une association professionnelle internationale, et Tilda, l’association des Thésards en informatique de Lille et docteurs associés, que j’ai présidée. Les échanges avec des étudiants  et spécialistes d’autres disciplines que j’ai pu nouer grâcevia ces associations ont été très enrichissants et stimulants. Nous nous découvrions par exemple des méthodes de travail communes, avec à la clé des gains de temps appréciables.

 

Vous avez aussi cofondé les conférences internationales Evolve

En effet, depuis 2011 nous réunissons une fois par an des ingénieurs, des chercheurs et des étudiants qui mènent des travaux sur des thèmes touchant aux probabilités, au traitement d’ensembles de données numériques, au calcul évolutif. Les conférences n’ont jamais lieu au même endroit : Luxembourg, Mexique, Pays-Bas, Chine. L’édition 2015 aura d’ailleurs lieu dans mon pays natal.

 

Qu’emportez-vous systématiquement en voyage ou au gré de vos déménagements ?

Mes livres ! Je suis particulièrement attachée au papier. J’y ai pris goût jeune, car mon père gérait une bibliothèque en Roumanie. J’ai peur de ne pas trouver d’ouvrages en français ou en roumain là où je vais. Actuellement je ne me sépare pas du Cygne noir de Nassim Nicholas Taleb. Sa théorie sur les événements rares et imprévisibles est liée aux travaux que je mène pour créer ma start-up d’étude d’anomalies dans la conception d’applications mobiles.

 

* Systèmes de contrôle et d’acquisition de données, en anglais Supervisory Control And Data Acquisition (SCADA)

 

Bio express

Emilia Tantar est née en Roumanie. Elle a 33 ans, un mari chercheur comme elle, avec qui elle a eu un enfant. Après trois ans passés au sein de l’équipe Dolphin du centre Inria de Lille-Nord Europe, où elle a préparé et obtenu son doctorat, elle s’est découvert un faible pour les moules-frites et les géants du Nord de la France. Ses recherches l’ont ensuite conduite au centre Inria de Bordeaux Sud-Ouest, puis au Mexique, pour s’installer enfin à l’université du Luxembourg. Elle y est associée de recherche (research associate ) depuis octobre 2012.

 

2009 : Obtient son doctorat en Informatique mention Très Honorable à l’université de Lille1.

2013 : Publie le livre EVOLVE- A Bridge between Probability, Set Oriented Numerics and Evolutionary Computation , aux éditions Springer-Verlag Berlin Heidelberg.

2015 : Lance sa start-up "Black Swan".

 

 

* au sein de l'UMR 9189 CNRS-Centrale Lille-Université Lille1, CRIStAL.

Localisation

Mots-clés : Systèmes de contrôle et d’acquisition de données Sécurité de systèmes informatiques Evolve Europe

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