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Blockchain

M.B. (*) - 29/01/2018

Nouvel élan pour la recherche sur la blockchain avec la start-up Utocat

La blockchain fait partie des technologies émergentes. Elle pourrait révolutionner plusieurs secteurs de l'économie, à commencer par la banque et l'assurance. La start-up Utocat , précurseuse et experte dans ce domaine, a fait appel à Inria pour faire avancer la recherche appliquée à cette technologie de pointe. Un partenariat fructueux, même si rien n'était joué d'avance.

Dans le monde du numérique, une nouvelle technologie est en passe de changer complètement les usages dans plusieurs secteurs de l'économie : la blockchain . Encore peu connue du grand public, cette « chaîne de blocs » est un système de stockage qui permet d'automatiser une opération, de l'authentifier, de certifier sa date et l'identité des parties concernées. Cette base de données planétaire est sécurisée, transparente et fonctionne sans organisme central de contrôle : elle est donc partagée par ses différents utilisateurs. Certaines observatrices et certains observateurs spécialisés parlent déjà de « révolution conceptuelle » ou encore d'un « outil qui va révolutionner nos vies ».

Une technologie pointue

La blockchain est en tout cas une technologie très pointue dont les spécialistes sont pour l'instant encore peu nombreux. La société Utocat en fait partie. Basée à Lille, cette start-up s'est spécialisée dès 2014 dans la connexion à la blockchain dédiée aux banques et aux assurances. Sa plate-forme Blockchainiz leur fournit une solution facilitant l'usage de la technologie en vue de réussir une automatisation de leur processus sans avoir besoin de développer les fonctions de base telles que les recours aux wallet et smartcontracts .

« Par exemple, quand on veut ouvrir un compte bancaire, il faut fournir une preuve de domicile  », explique Clément Francomme, le fondateur et CEO d’Utocat . « En faisant le lien avec l’organisme choisi pour récupérer son justificatif de domicile, la blockchain permet de certifier automatiquement que le document en question est authentique. Dans ce cas-là, la technologie est utilisée comme une certification d'identification digitale. C'est une garantie que les parties prenantes d'un réseau sont bien celles qu'elles prétendent être  ».

Pour aller plus loin dans les fonctions d’automatisation, la société Utocat a développé Catalizr qui est un connecteur entre banque, investisseur et entreprise qui permet d’automatiser la gestion des titres non cotés entre ces trois acteurs et facilitent l’investissement dans les TPE/PME par un processus entièrement numérisé et sécurisé dans la blockchain . D’autant, ajoute Clément Francomme, qu’« aujourd’hui, il y a trop de déperdition en matière d’investissement du fait de ralentissements, souvent sources d’abandons, lors des échanges entre les différents acteurs de la chaîne ».

Les usages de la blockchain sont très variés mais le niveau de maturité de cette technologie reste l'un des principaux freins à son développement. Pour permettre le succès auprès du grand public, plusieurs défis techniques doivent ainsi être surmontés.

Un partenariat pour repousser les limites

Pour simplifier les usages, Utocat a noué un partenariat privilégié avec Inria. La start-up a ainsi décidé de financer le contrat d'un postdoctorant ou d'une postdoctorante à temps plein pour une durée de deux ans. Recruté ou recrutée par Inria et basé ou basée au centre Inria Lille - Nord Europe, ce chercheur ou cette chercheuse aura pour mission de faire évoluer la recherche sur la blockchain et plus particulièrement d'améliorer la visualisation de la base de données ainsi que la navigation.

« Les échanges avec Utocat ont débuté il y a deux ans lorsque Clément Francomme est venu sur le Plateau Inria à EuraTechnologies pour savoir ce qu’Inria faisait sur la technologie blockchain », explique Margot Corréard, chargée de partenariats pour le centre Inria de Lille. « Il nous a fallu un an pour définir le sujet stratégique pour la start-up, échanger avec différentes équipes de recherche de notre centre avant de nouer un partenariat avec l’équipe-projet Rmod, spécialisée en analyse d’applications existantes pour leur évolution et en nouveaux langages de programmation. ». C’est le rôle du service transfert pour l’innovation et partenariats de rapprocher les mondes de l’entreprise et de la recherche pour allier challenge scientifique et retombées pour l’entreprise.

Un challenge !

Pourtant, au départ, ce partenariat n'avait rien de naturel. « Nous ne connaissions pas cette technologie dans le détail !  » admet Stéphane Ducasse, le responsable de l'équipe-projet Rmod*. « Nous pensions pouvoir appliquer nos techniques d’analyses. Apporter un regard différent avec de la visualisation de données sur la blockchain et aider Utocat tout en apprenant un nouveau domaine est excitant !  » Un défi que l'équipe Rmod a bien sûr immédiatement voulu relever !

« Dans un premier temps, nous avons réalisé une preuve de concept afin de valider que nos techniques d’analyses soient efficaces pour la blockchain. Grâce à InriaTech, un dispositif innovant dont la vocation est le transfert de technologies vers les entreprises, nous avons pu missionner de suite un ingénieur durant deux mois pour travailler avec Utocat. Cette première phase a été couronnée de succès puisqu'en deux mois, l’ingénieur, rattaché à l'équipe Rmod, a mis au point un outil prototype baptisé "smart inspect", sorte de petit inspecteur qui peut permettre à un développeur d'identifier des bugs dans la blockchain. Ainsi, petit à petit, les avancées se matérialisent. À court-terme, les recherches du postdoctorant devraient aboutir à la mise au point d'un outil de visualisation des opérations dans la blockchain.

« En travaillant avec Inria, nous profitons de l'expérience, de l’expertise et de structures dont nous ne pourrions pas disposer dans d'autres configurations et cela nous permet des progrès fondamentaux sur les solutions techniques, tout en faisant avancer la recherche  », se réjouit Clément Francomme. « Le but final est de s'adapter plus facilement à nos clients en apportant de nouvelles solutions développées grâce au partenariat avec Inria  », Pour Clément Francomme la blockchain est porteuse de promesses fortes : « Cela va améliorer les relations de confiance dans les échanges numériques et ouvrir de nouvelles possibilités  ».

Au-delà des avancées pour l'activité d'Utocat , le partenariat avec Inria va profiter à l'ensemble de la communauté des développeurs. L’institut et la start-up ont en effet décidé de partager l'objet de la recherche sur la blockchain en open source , accessible gratuitement à tous. Un partenariat décidément fructueux pour tout le monde.

 

*l'équipe-projet Rmod est commune avec l'Université de Lille − sciences et technologies. Au sein de l'UMR 9189 CNRS-Centrale Lille-Université de Lille − sciences et technologies, CRIStAL.

Mots-clés : Blockchain Utocat Equipe-projet Rmod Transfert de technologies InriaTech

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