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Labellisation

20/11/2014

Lille is French Tech

Le 12 novembre dernier, Axelle Lemaire, secrétaire d’État chargée du numérique, annonçait la labellisation French Tech de neuf métropoles, dont celle de Lille. David Simplot-Ryl, directeur d'Inria Lille – Nord Europe, revient sur cette annonce, symbole de la vitalité numérique française.

Est-ce important pour Lille d'être aujourd'hui labellisée French Tech ?

L'un des grands intérêts du label French Tech est de faire reconnaître l'industrie du numérique comme un secteur créateur de richesse et d'emploi. C'est une

David Simplot-Ryl, directeur du centre de recherche Inria Lille - Nord Europe

vision qui reste nouvelle dans notre pays, très attaché à ses fleurons traditionnels, comme  l'aéronautique ou les transports... Or ici, dans le Nord-Pas de Calais, région marquée par l'effondrement d'industries historiques, la transition numérique a pris de l'avance : en une dizaine d'années, elle a créé près de 30 000 emplois et les investissements dans l’innovation dans le secteur du logiciel y sont plus importants que partout ailleurs, excepté Paris et sa région*. Le rapport rendu par la Caisse des dépôts et consignations, suite à sa visite dans le cadre de la procédure de labellisation pointait d'ailleurs notre écosystème comme un des modèles à copier. Il était donc inimaginable pour Lille de ne pas être French Tech "pour de bon". Il s'agit maintenant d'accentuer ces premières réussites.

Quels sont les principaux défis à relever ?

Notre premier défi consiste à réussir la coordination des différents écosystèmes locaux. Il aurait été aisé de limiter le projet à EuraTechnologies, notre pôle de développement emblématique lillois, mais nous ne voulions à aucun prix nous priver des potentiels de Plaine Images et de Blanchemaille à Roubaix-Tourcoing, du Pôle Numérique Culturel du Louvre Lens Vallée ou des Rives Créatives à Valenciennes sans oublier l’initiative Tektos à Calais.

Plus fondamentalement, nous voulons insuffler une culture de start-up. On rêve de la Silicon Valley, de Google et de Facebook mais on oublie que dans le monde du numérique, il faut cent pionniers pour faire un champion. D'ailleurs, dans leur grande majorité, nos jeunes diplômés continuent de préférer le confort des grands groupes. En rapprochant tous ceux qui sont tentés par l'aventure de la start-up et en créant un système de parrainage où les plus expérimentés, qui ont parfois connu l'échec avant de rebondir, conseilleront les nouveaux entrepreneurs, nous ferons changer les mentalités.

Nous étions French Tech avant la lettre : accentuons notre effort !

Dans la dynamique French Tech, quel est précisément le rôle d’Inria ?

Comme l'a rappelé Antoine Petit, notre Président-directeur général, Inria est « génétiquement  » créateur d'entreprises innovantes. D'abord, il faut donner aux entrepreneurs de l'appétit pour l'innovation. À Lille, dès la semaine prochaine, nos rencontres Inria-Industrie les sensibiliseront aux opportunités que peuvent offrir les technologies et les applications innovantes autour du Web. Ils peuvent aussi découvrir en permanence sur notre plateau Inria à EuraTechnologies la richesse de nos travaux.

Mais ce travail n'est qu'une étape pour stimuler la recherche et le développement privés, qui souffrent d'un vrai déficit en France. Nous voulons que les entreprises soient de plus en plus nombreuses à signer avec nous des contrats de recherche ou de transfert de technologies, à créer des emplois de chercheurs, à accueillir nos doctorants. Là encore, l'obstacle est culturel. Bien souvent, les start-up que nous rencontrons nous disent : « le temps de la recherche est trop long, c'est celui de la durée d'une thèse, ce n'est pas le nôtre...  » Alors que nous pouvons signer des contrats ciblés sur 1 mois, 3 mois, 6 mois...

Inria peut-il avoir un rôle direct dans la création de start-up ?

Oui, par le biais de ses chercheurs ou ingénieurs qui décident, un jour, de passer de l'autre côté de la barrière. Nous avons quelques beaux exemples, comme celui d'Axellience, une jeune société éditrice de logiciels destinés à rendre les équipes de développement plus productives, en s'appuyant sur les toutes dernières technologies de modélisation et de génération automatiques de code. Elle emploie déjà huit personnes. Je pourrais aussi citer Vekia ou Synectique... Je me suis fixé un objectif : faire émerger d’Inria au moins une start-up chaque année.

Comment résumeriez-vous le projet Lille is French Tech ?

Etant donné la qualité de l’engagement et au vu du nombre de partenaires qu'il associe, c'est une grande aventure collective. Chacun de ses acteurs a une vision personnelle du numérique et cette diversité fait notre force. Ces onze derniers mois, nous avons travaillé d'arrache-pied aux côtés de ses entrepreneurs innovants pour leur donner ainsi qu’à la région la visibilité nationale et internationale qu’ils méritent.

* Le Nord-Pas de Calais est la 2ème Région en financement Oséo dans le domaine "édition du logiciel, services informatiques et service web" en 2011.  »

Mots-clés : French Tech Innovation Transfert Start-up Entreprise Lille

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