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Parcours européens

12/02/2016

Denis Bonheure : mathématicien sans frontière

Chercheur au sein de l’équipe Mephysto d’Inria Lille Nord – Europe, tout en habitant à Bruxelles, Denis Bonheure a l’habitude de naviguer entre différents pays. Pour lui les mathématiques sont devenues une seconde langue, qui transcende les frontières.

Sur quoi portent vos recherches ?

Durant mes études à l’université, j’ai été fasciné par les modèles de gravitation et les équations d’Einstein et je me suis très vite rendu compte que c’étaient surtout les mathématiques adossées à une réalité physique qui m’intéressaient. Aujourd’hui, je travaille sur des équations aux dérivées partielles qui servent de modèles dans des domaines aussi variés que la physique quantique, la biologie ou l’électromagnétisme.

Pouvez-vous nous rappeler votre parcours ?

Celui-ci est assez classique. Après une licence en mathématiques à l’université libre de Bruxelles (ULB), puis un DEA et une thèse de doctorat à l’université catholique de Louvain, je suis devenu chercheur postdoctoral au FNRS en 2005. Au bout de trois ans, je suis retourné à l’ULB, en tant qu’enseignant et chercheur. Depuis 2012, je suis également membre de l’équipe Mephysto d’Inria Lille - Nord Europe.

Pourquoi avez-vous choisi de rejoindre une équipe française ?

Lorsque j’ai eu l’opportunité de rejoindre l’équipe Mephysto, je n’ai pas hésité. Pour moi, c’était l’occasion de donner plus de visibilité à mes recherches et de bénéficier d’un meilleur financement pour celles-ci. Disposer de la structure de recherche mise en place par Inria pour accompagner les chercheurs est également très agréable, cela permet de se concentrer sur son cœur de métier. Comme l’équipe est bilocalisée à Lille et Bruxelles, je navigue d’une ville à l’autre, même si j’avoue que c’est plutôt les Français qui viennent me rencontrer que l’inverse. Le responsable de l’équipe – Antoine Gloria – bien que Français, est d’ailleurs rattaché également à l’ULB.

Quelles sont les différences entre les recherches française et belge ?

En France, le soutien à la recherche est plus conséquent qu’en Belgique. Il y a une vraie tradition de recherche. À Inria en particulier, il y a une volonté d’être au meilleur niveau européen et mondial et on vous donne des moyens pour y arriver. C’est très stimulant et incomparable avec ce que je peux trouver en Belgique. Au niveau des partenariats avec le monde de l’industrie, la France et la Belgique ont des approches assez similaires, avec un équilibre entre recherche théorique et recherche appliquée.

Faut-il modifier cet équilibre ?

Même si je trouve qu’il est très important de rapprocher chercheurs et industriels, je reste convaincu qu’une partie de la recherche doit rester fondamentale : les innovations ne sont possibles que s’il y a de la théorie pour faire progresser la science fondamentale. En Belgique, il y a eu en 2013 un projet d’ajouter le critère de "l’impact sociétal potentiel" dans la sélection des projets de recherche fondamentale. La mobilisation contre ce projet a été très forte et il n’a finalement pas été retenu.

Pourquoi avez-vous choisi de devenir enseignant ?

J’aime l’idée de pouvoir transmettre ma passion, à travers des cours et pas uniquement des conférences. Au-delà, réfléchir à la meilleure façon de se faire comprendre des élèves est un exercice intellectuel passionnant. J’apprécie cette dimension pédagogique et je m’efforce de rendre mes cours dynamiques et actuels. En contrepartie, cela me permet de mieux synthétiser mes recherches. J’enseigne actuellement en licence et en master, en mathématique et en physique mais également en économie. Le monde de la finance a besoin d’outils mathématiques de plus en plus performant, c’est un secteur très dynamique. Le besoin va continuer à croître, je suis convaincu que les mathématiques sont un métier d’avenir !

Dans le cadre de votre métier, vous êtes amené à rencontrer des personnes venues du monde entier…

Mon domaine de recherche est très international : je collabore avec des personnes à  Lisbonne, Marseille, Milan, Turin, Rome mais aussi dans des pays d’Amérique latine. En parallèle, je dirige à Bruxelles une petite équipe composée de trois étudiants en thèse (une Belge, une Portugaise et un Brésilien) et de quatre postdocs (une Italienne, un Français, un Slovaque et un Mexicain). L’avantage en mathématiques, c’est qu’on ne dépend pas du matériel : de simples outils de visioconférence comme Skype suffisent pour travailler efficacement à distance… même si je passe 12 à 15 semaines par an dans des universités étrangères ! Les mathématiques sont réellement une science sans frontières. Autre point positif, toutes ces rencontres sont également très enrichissantes sur le plan personnel.

Bio express

Denis Bonheure est un chercheur et enseignant Belge de 37 ans. Rattaché à l’Université libre de Bruxelles et à l’équipe Mephysto d’Inria Lille - Nord Europe, il voyage régulièrement aux quatre coins du monde. S’il avoue apprécier le soleil du Brésil, il lui tarde souvent de retrouver sa fille, son fils et sa compagne qui l’attendent à Bruxelles.

Malgré le goût des Français pour les blagues sur les Belges, il apprécie ses voisins, notamment pour leur vin qu’il préfère à la bière.

 

2004 : Thèse de doctorat

2012 : Reçoit le prix Jacques Deruyts de l'Académie royale de Belgique

2014 : Remporte un Mandat d’impulsion scientifique : un financement conséquent de recherche remis par le FNRS

 

Localisation

Mots-clés : Réseaux ubiquitaires du futur Dispositifs de radio-identification Robots sans fil Réseaux de capteurs Italie

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