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Conférence ICML 2015

24/06/2015

L’apprentissage automatique a rendez-vous à Lille

Pour la première fois de son histoire, la conférence internationale sur l'apprentissage automatique (ICML 2015) se tiendra en France. Inria Lille - Nord Europe participe à l’organisation de cet événement incontournable pour la communauté du machine learning .

Avec près de 1500 participants attendus à Lille du 6 au 11 juillet, la conférence ICML est définitivement entrée dans une autre dimension avec cette 32ème édition. « Jusqu’en 2010, il n’y avait que quelques centaines de participants, se rappelle Philippe Preux, responsable de l’équipe-projet SequeL (commune avec l'université de Lille 3 et l'université de Lille 1*) et coorganisateur de l’événement. « Signe du dynamisme de ce domaine de recherche, le nombre de participants est en croissante constante : 750 à Édimbourg en 2012, 850 à Atlanta en 2013 et 1250 à Pékin en 2014 !  »

Créée en 1980 à Pittsburgh au sein de l’université Carnegie-Mellon (CMU), célèbre notamment pour ses laboratoires en intelligence artificielle, apprentissage automatique et robotique, la conférence devient un rendez-vous annuel à partir de 1988. « À l’époque, et quoique l'idée de machine apprenante remonte au moins aux origines de l'informatique (notamment la cybernétique) dans les années 1940/1950, ce domaine d’étude était très nouveau, explique Philippe Preux. Comme ce fut souvent le cas dans l'informatique, la communauté nord-américaine s'est développée rapidement ; puis s'est progressivement élargie au monde entier. La France a d’ailleurs été impliquée très tôt dans le développement de cette discipline.  » Inria accueille une part  importante de la communauté française de chercheurs en apprentissage automatique, avec notamment les équipes SequeL du centre Lille - Nord Europe et Sierra du centre Paris - Rocquencourt. Pour cette 32e édition localisée à Lille, l'événement est soutenu par de nombreux partenaires, dont la Métropole Européenne de Lille (MEL), la région Nord-Pas de Calais et l'université de Lille 1 qui sont nos proches partenaires.

L’apprentissage automatique est capable de résoudre des problèmes qui restaient insolubles il y a dix ans. De grands progrès sont à venir notamment dans les domaines du traitement liés au langage naturel, grâce au deep learning. C’est enthousiasmant car on ne voit pas encore de limites à ce que nous pouvons réaliser !

À l’heure de la démocratisation

« À l’origine la conférence était assez fondamentale, précise Philippe Preux. Mais depuis quinze ans, l’apprentissage automatique a commencé à se démocratiser avec l’apparition de premières applications grand public, comme le moteur de recherche de Google en 1997 et le système de recommandation d'Amazon. Deux usages du machine learning qui ont révolutionné Internet et le monde du commerce, malgré, ou peut-être à cause, de leur simplicité.  »

Depuis, les avancées conceptuelles et leurs applications se sont multipliées. Ce domaine de recherche permet par exemple la détection d'e-mails indésirables, de faire de la reconnaissance d’objets dans des images ou encore… d’automatiser une voiture. « L’apprentissage automatique est capable de résoudre des problèmes qui restaient insolubles il y a dix ans, analyse Philippe Preux. Mais il y a encore un décalage entre ce qui pourrait être fait et ce qui l’est. De grands progrès sont à venir notamment dans les domaines du traitement liés au langage naturel (reconnaissance et compréhension de textes manuscrits, de la parole, systèmes de dialogues avec des humains), grâce au deep learning, une branche du machine learning. Il reste également des barrières à lever pour faire communiquer entre eux des logiciels qui apprennent. C’est enthousiasmant car on ne voit pas encore de limites à ce que nous pouvons réaliser !  »

Le rendez-vous des géants du Web

La combinaison de plusieurs facteurs explique le boom que connaît actuellement l’apprentissage automatique. « La puissance des outils informatiques et la rapidité des réseaux en font partie, décrypte Philippe Preux. Au-delà, le machine learning est très lié à la science des données qui consiste à extraire et exploiter les informations "cachées" dans ces données quels que soient leur source, leur format ou leur volume.  » Disposant d’énormes masses de données, les géants du Web comme Facebook ou Google sont naturellement très intéressés par la meilleure façon d’exploiter cette richesse numérique. La page "sponsors" du site internet de la conférence, avec par exemple Intel, Disney, Baidu ou encore Microsoft, est emblématique de cet engouement de toute part. « De nombreuses entreprises internationales participent ou assistent à ICML car elles sont à l'affût des dernières idées qui vont leur permettre de proposer de nouveaux services, de résoudre de nouveaux problèmes, d'être en avance sur leurs concurrents, indique Philippe Preux. Elles viennent également à ICML pour recruter des docteurs et des chercheurs. C’est devenu une vraie source de concurrence pour nous, d’autant qu’elles se dotent de laboratoires de très haut niveau.  » Une vingtaine d'entreprises animeront d’ailleurs des stands à ICML.

De nombreuses entreprises internationales participent ou assistent à ICML car elles sont à l'affût des dernières idées qui vont leur permettre de proposer de nouveaux services, de résoudre de nouveaux problèmes, d'être en avance sur leurs concurrents.

Un programme chargé

Durant six jours, les plus grands spécialistes du domaine prendront la parole pour présenter leurs travaux. La première journée d’ICML sera consacrée aux tutoriels – des cours de haut niveau – portant par exemple sur la relation entre l’apprentissage automatique et les sciences sociales. Les trois jours suivants seront consacrés aux conférences et aux présentations de publications scientifiques. Enfin, ICML s’achèvera par deux jours d’ateliers aux thématiques variées, de la recommandation musicale au deep learning . « La question de l’ open source sera également abordée car traditionnellement la plupart des logiciels d’apprentissage automatique sont ouverts  », ajoute Philippe Preux.

Autre axe fort de la conférence : le soutien aux jeunes chercheurs. En effet, plus de cent doctorants bénéficient d'une bourse de voyage, octroyée par la NSF ou des entreprises sponsors d'ICML, et une autre centaine dispose d'une inscription gratuite en échange d'une journée de travail bénévole pour le bon déroulement de la conférence. « L’organisation d’un tel événement demande beaucoup de soutien, d’énergie et de temps, confirme Philippe Preux. Mais je ne regrette pas de m’être proposé pour faire venir ICML en France. Vu le très haut niveau des équipes françaises, c’était une véritable anomalie qu’elle n’ait jamais eu lieu sur notre territoire.  »

 

* au sein de l'UMR 9189 CNRS-Centrale Lille-Université Lille1, CRIStAL.

Mots-clés : ICML Machine learning Deep learning Equipe Sequel Open source

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