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Rencontres Inria-Industrie

16/12/2016

Interaction avec les objets et services numériques

Le 25 novembre 2016, de 8h30 à 16h30, avaient lieu les Rencontres Inria Industrie sur le thème « Interaction avec les objets et services numériques » à l'Imaginarium de Tourcoing, en partenariat avec la Plaine Images et CVSTENE dans le cadre de la "semaine de la recherche et de l'innovation" des Hauts-de-France. Objectif : présenter les avancées de la recherche en matière d'Interaction Homme-Machine et permettre aux entreprises de tester les dernières innovations en question. Au programme, quatre conférences, des démonstrations de douze équipes de recherche et huit pitchs de start-up. 230 personnes ont participé à cette journée.

Une approche centrée sur l’humain

«Une approche profondément centrée humain, utilisateur. » Cette phrase de Charles Consel, chercheur à la tête de l'équipe Phoenix au centre Inria de Bordeaux, résume à elle seule la philosophie de cette journée de rencontres entre chercheurs et entreprises.
Charles Consel et son équipe travaillent sur « un système qui s'imbrique dans le quotidien de la personne par le biais d'un support informatique efficace, efficient et sur le long terme. » Ce système, c'est DomAssist. Composée de tablettes avec des applications dédiées et de capteurs de mouvement entre autres, répartis dans toute la maison, cette infrastructure permet d'améliorer la qualité de vie des personnes déficientes cognitives comme les personnes âgées ou les traumatisés crâniens. La tablette principale affiche des notifications, telles le rappel d'un rendez-vous chez le médecin ou le signalement que la porte d'entrée est restée ouverte. Une tablette qui fait aussi office de cadre photo numérique, afin d'éviter toute stigmatisation.
Pour cela, Charles Consel est parti du principe d'autodétermination en psychologie, qui définit la capacité d'une personne à prendre ses propres décisions. De ce fait, si l'utilisateur le souhaite, il peut toujours reprendre la main sur le système en le mettant en pause par exemple. « Soutenir les activités importantes pour la personne, c'est augmenter les opportunités d'autodétermination et donc augmenter sa qualité de vie »souligne le chercheur. »
Avec l'humain également en ligne de mire, Fanny Chevalier, chercheuse au sein de l'équipe Mjolnir à Lille, a abordé dans son exposé les enjeux liés à l’usage d’algorithmes opaques. À l’instar d’une phrase empruntée aux célèbres statisticiens Box et Draper : « All models are wrong but some are useful » (tous les modèles sont faux mais certains sont utiles), la chercheuse a rappelé que les modèles et algorithmes ont des biais, et que la machine peut faire des erreurs. Les algorithmes sont performants quand il s'agit de tâches de routine ou d'application de procédures, c’est à dire lorsqu’une situation est bien définie et que ses variables sont bien connues. En revanche, l'Homme reste le seul capable d’interpréter la complexité et réagir à des situations critiques, peu prévisibles, pour lesquelles le modèle devient inadapté. La chercheuse a ainsi souligné l’importance de rendre les processus, algorithmes et modèles transparents, pour permettre à l’Homme de comprendre le « raisonnement » de la machine lorsqu’elle traite un problème, identifier les erreurs injustes, et reprendre la main le cas échéant.

Des objets et services informatiques adaptés et adaptables, au-delà du besoin

Créer un véritable partenariat entre l'ordinateur et l'être humain, tel est le credo de Wendy Mackay et de son équipe-projet Ex-Situ de Saclay. Le concept de « coadaption » qui lui est cher capture le fait qu’en même temps que les utilisateurs s’adaptent aux outils, ils en apprennent les possibilités et les adaptent ou les détournent pour leurs propres besoins. Le défi n’est donc pas seulement de créer des outils informatiques faciles à apprendre ou à utiliser, mais de faire aussi en sorte qu’ils soient adaptables et détournables. Avec son équipe, la chercheuse pousse ce concept le plus loin possible en travaillant avec des« utilisateurs extrêmes »,comme des artistes ou des scientifiques. Ensemble, ils explorent les moyens d’aider ces utilisateurs dans des tâches créatives ou nécessitant une grande virtuosité.
L’art et la manière de faire les « choses » numériques (objets ou services) ont aussi été longuement discutés par Jean-Louis Frechin, directeur de l'agence NoDesign. Cet entrepreneur passionné pour qui « le design, c'est de l'Amour ! » se définit comme un fournisseur de solutions, des solutions qu’il propose pour « dégager le bon et le beau de la nécessité pour essayer de faire des choses qui vont au-delà du besoin. »

De nombreuses recherches menées au sein d'Inria ont des applications pratiques et présentent un grand intérêt pour le monde industriel. Une véritable vocation pour l'Institut de Recherche sur le Numérique, puisque cela fait plus de 30 ans que l'organisme transforme les travaux de laboratoire en innovations commerciales grâce au transfert de compétences ou de connaissances. Des rencontres humaines entre industriels et chercheurs au terme de cette journée, qui donneront sûrement lieu aux innovations numériques de demain.


Les RII : Focus sur quelques Start-up

  • Mélomane dans l'âme ? Voici la dernière trouvaille de la Start-Up Aodyo : un instrument à vent connecté. Grâce à la technologie de l'entreprise, il est possible de maîtriser le son avec un degré de contrôle unique, permettant une réelle expressivité musicale.
  • Pour les amoureux des chevaux, Equisense permet, via des objets connectés disposés sur la sangle de la selle par exemple, de détecter un début de boiterie du cheval ou encore d'obtenir des informations utiles sur le comportement de l'animal laissé seul.
  • Afin d'accompagner au mieux les visiteurs d'un site, Urbik a mis en place des bornes d'accueil connectées dans des lieux touristiques ou des musées. Sans application à télécharger, la borne dialogue avec le smartphone pour délivrer du contenu directement accessible par WiFi (cartes de la ville, contenus touristiques...)
  • Le numérique au service d'une meilleure intégration des personnes en situation de handicap : c'est la mission d'Urbilog. L'entreprise a ainsi développé un clavier virtuel sécurisé accessible aux personnes déficientes visuelles afin de consulter leurs comptes sur Internet par exemple.

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