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14/10/2015

FIT IoT-Lab met à l'épreuve les objets connectés

FIT IoT-Lab - © Inria / Photo J. Vandaele

Destinée à tester les technologies de l'Internet des objets, la plate-forme FIT IoT-Lab vient d'être officiellement inaugurée à Inria Lille – Nord Europe. Une infrastructure innovante au service de la recherche comme des industriels.

Fournir des environnements pour tester en grandeur nature les technologies de l'Internet des objets : telle est l’ambition de FIT IoT-Lab. Initiée par des laboratoires français, cette plate-forme est implantée au centre de recherche Inria Lille - Nord Europe, à Villeneuve d’Ascq, mais s’appuie sur d'autres sites répartis dans toute la France. « FIT IoT-Lab met à disposition des utilisateurs des réseaux de capteurs sans fil, accessibles à distance, résume Nathalie Mitton, chargée de recherche Inria et responsable de l'équipe-projet Fun. Ces réseaux permettent de tester des algorithmes de gestion des objets connectés. Équipes de recherche, industriels et PME innovantes peuvent ainsi mettre leurs technologies à l'épreuve, sans devoir investir eux-mêmes dans de coûteux équipements.  » Créé dans le cadre du projet FIT (voir encadré), IoT-Lab est une évolution du projet SensLAB. Au nombre de 1000 sur les quatre sites d’origine de SensLAB (Lille, Rennes, Strasbourg et Grenoble), le réseau  de capteurs compte aujourd’hui 2700 unités, réparties sur 8 sites.*

Des capteurs pour collecter les données

Nathalie Mitton - © Inria / Photo P. Caron

« Au sein de chacun des sites de la plate-forme, les réseaux de capteurs sont disposés dans des salles, ou dans un environnement de bureaux et de couloirs , détaille Nathalie Mitton. Ils sont capables de relever des informations comme l’intensité de la lumière, du son ou la température ambiante. Ils renvoient ensuite ces informations par ondes radio.  » IoT-Lab permet donc de travailler sur les interactions entre ces capteurs et sur la façon dont l'information peut être collectée et analysée. Il apparaît également comme un équipement incontournable pour optimiser le traitement du signal, pour filtrer les interférences ou encore pour gérer les problématiques d'autonomie en énergie.

À ce jour, l’interface web a enregistré près de 850 comptes utilisateurs en provenance de 63 pays, dont plus de 60 % en font un usage régulier.

Zoom sur les utilisateurs de cette plate-forme

Les réseaux de tests sont accessibles grâce à une interface web. Il est possible de charger le code à distance, d’administrer les capteurs pendant la durée de l'expérimentation et de remonter l'information renvoyée. Des outils de "débogage" et de monitoring sont également mis à disposition des utilisateurs. L'architecture est proposée gratuitement aux équipes de recherche, aux académiques et aux entreprises. À ce jour, l’interface web a enregistré près de 850 comptes utilisateurs en provenance de 63 pays, dont plus de 60 % en font un usage régulier. Parmi les inscrits, 80 % sont issus d’organismes académiques et 20 % du monde de l’entreprise. Côté industrie, IoT-Lab a notamment séduit des groupes internationaux comme Orange, Thales ou Alcatel.

Pour quelles applications ?

Pour la vingtaine de scientifiques de l'équipe-projet Fun travaillant sur des protocoles d'auto-organisation de ressources sans-fil ubiquitaires, la plate-forme de test

FIT Iot-Lab - © Inria / Photo J. Vandaele

proposée à Villeneuve d'Ascq est devenue un outil essentiel. D'autant qu’elle possède un atout de taille : un parc de robots capable de tester des objets en mouvement. « La plate-forme permet de programmer les robots et de tester leurs mouvements en fonction des stimuli remontés par les réseaux de capteurs fixes ou embarqués  », précise Nathalie Mitton. Illustrations ? La possibilité de tester les algorithmes de surveillance et de suivi des déplacements d'animaux sauvages. Grâce à des capteurs de température, la plate-forme permet également d’envisager des applications dans le domaine de la surveillance des feux de forêts, avec la mise au point d’algorithmes capables d’organiser les déplacements des véhicules d'intervention selon l'évolution de la situation sur le terrain. L'exploration par des robots de zones dangereuses ou contaminées par des fuites chimiques ou radioactives, ouvre également des perspectives nouvelles, grâce à des algorithmes permettant d'automatiser et de coordonner les déplacements.

Les utilisateurs pourront bientôt se rendre directement sur place, sur le site de Lille, pour installer leurs propres équipements ou objets connectés.

Un projet en pleine croissance

IoT-Lab apporte plusieurs innovations majeures, parmi lesquelles la possibilité de réaliser des tests à très grande échelle, sur une infrastructure multi-sites, avec une grande hétérogénéité, tant en termes de topologie que d'architecture matérielle. D’autres fonctionnalités verront le jour prochainement. « Les utilisateurs pourront bientôt se rendre directement sur place, sur le site de Lille, pour installer leurs propres équipements ou objets connectés,explique Nathalie Mitton. Par ailleurs, de nouvelles possibilités de pilotage des robots seront proposées.  » Enfin, le parc de robots sur le site de Lille va s’élargir, pour atteindre 64 machines au cours du premier semestre 2016, contre 6 à l'heure actuelle.

* Les huit sites de la plate-forme IoT-Lab : Inria Lille – Nord Europe (640 capteurs), Inria Grenoble (928 capteurs), ICube Strasbourg (400 capteurs), Inria Paris – Rocquencourt (344 capteurs), Inria Rennes – Bretagne Atlantique (256 capteurs), Institut Mines-Télécom Paris (160 capteurs).

FIT : équipement d'excellence pour façonner l'Internet de demain

La plateforme IoT-Lab appartient à une infrastructure plus large appelée FIT (Future Internet of Things ). Créé en 2011, FIT est le résultat d'un partenariat regroupant cinq organismes académiques et de recherche français : Inria, l’université Pierre et Marie Curie, l’université de Strasbourg, l’Institut Mines Télécom et le CNRS. L'objectif : offrir des infrastructures de test mutualisées, pour les différentes catégories de technologies Internet innovantes.

FIT regroupe plusieurs unités de test indépendantes, parmi lesquels FIT Iot-Lab pour les tests d'objets connectés, CorteXlab pour les tests de systèmes radio cognitifs, mais aussi FIT OneLab pour les tests de réseaux WiFi distribués. Au-delà des infrastructures proprement dites, la valeur ajoutée de FIT repose sur les ressources et outils proposés, pour faciliter l'accès à ces plates-formes et leur utilisation par les organismes de recherche comme par les industriels et les PME.

FIT est l'un des 52 projets financés par l'État dans le cadre du programme d'investissements d'avenir (PIA) engagé en 2010. Dans ce cadre, le projet bénéficie d’un financement de 5,8 millions d'euros sur neuf ans.

Mots-clés : Internet de demain Internet des objets Internet du futur IoT-Lab FIT Réseaux de capteurs Objets connectés Equipe-projet Fun

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