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Chaire Internationale

19/06/2019

Edward Lank veut réconcilier l’ordinateur et l’utilisateur

Pendant cinq ans, de 2019 à 2024, le professeur Edward Lank va bénéficier d’une chaire internationale et travaillera avec l’équipe Loki d’Inria Lille-Nord Europe. Objectif de leur projet : définir des modalités d’interactions plus riches et plus fiables entre un utilisateur et les multiples objets connectés qui l’environnent, tels que PC, smartphone, tablette, montre intelligente, vidéoprojecteur, écran géant, etc.

Professeur à l’université de Waterloo (Canada), Edward Lank s’est spécialisé jusqu’à son doctorat dans l’intelligence artificielle et la reconnaissance de formes. Son post-doc au centre de recherche Xerox de Palo Alto l’a fait bifurquer vers l’interaction Homme-machine (IHM). En un peu plus de vingt ans de travaux, il a signé plus de cent-vingt publications.

Nos objets connectés se sont multipliés et complexifiés, et nous avons du mal à interagir avec eux,explique le chercheur.Notre ambition est d’arriver à des outils aux interfaces presque transparentes d’un point de vue cognitif : nous nous en servirions sans y penser. L’interaction entre ordinateur et utilisateur serait vraiment un processus d’enrichissement réciproque.

 Les années les plus productives de ma carrière 

 L’équipe Loki* d’Inria Lille-Nord Europe partage cette vision et travaille sur les mêmes sujets. Aussi, la route de Géry Casiez, membre de cette équipe, a fini par croiser celle d’Edward Lank. « Je connaissais la réputation de Loki, groupe très actif et reconnu en IHM. Le courant est bien passé entre Géry et moi. Nous avons commencé à collaborer en 2016.  » Bilan : des échanges de thésards ou de chercheurs et de nombreuses publications, par exemple sur les gestes zoomer/élargir sur surface tactile, ou sur l’ergonomie des menus de logiciels professionnels comme Autodesk.

 Dès ce moment, Edward Lank avait choisi de séjourner à Lille la majeure partie du temps. « C’était bien plus efficace que de travailler à distance. De plus, ma famille et moi-même adorons Lille, et l’environnement Inria était incroyablement stimulant. Ces années ont été les plus productives de ma carrière.  "

 Cinq ans, une durée pour approfondir un projet de recherche 

 La chaire internationale marque une nouvelle étape, sur cinq ans cette fois. « Une durée qui permet de porter et d’approfondir un projet de recherche  ». Fort de son expérience précédente, Edward Lank a programmé quatre séjours de huit mois à Lille, de septembre à avril.« À ce rythme, notre collaboration va connaître un grand coup d’accélérateur. Et ma famille pourra me suivre en France.  »

 La feuille de route établie avec l’équipe Loki compte trois sujets. Le premier porte sur de nouvelles interactions entre les objets connectés et l’utilisateur : comment aider ce dernier à se servir facilement des PC, smartphones, tablettes, montres intelligentes, etc ? Ils sont présents à la maison, au bureau, dans les lieux publics, mais nous avons du mal à les faire fonctionner ou collaborer. Edward Lank donne un exemple : « À l’université, je dois souvent me battre avec le vidéoprojecteur pour présenter un cours sur écran. Il serait si simple de pouvoir l’afficher sur les PC de mes étudiants.  »

Pour rendre ces interactions intuitives, les chercheurs comptent s’appuyer sur la reconnaissance des gestes de l’utilisateur, dans l’espace ou sur surface tactile. Réalisme oblige, ils mèneront des expérimentations hors laboratoire, dans la « vraie  vie » : c’est bien elle qu’il faut améliorer.

 

Des interfaces pour novices et pour experts, pas simple

 Deuxième sujet, la conception d’interfaces pour novices et experts de l’informatique, et la délicate transition de l’un à l’autre de ces statuts. « Nous sommes tous experts sur nos outils familiers et novices sur les autres. Les interfaces capables de répondre à ces deux scénari restent à développer.  » Exemple : la taille réduite des smartphones et tablettes a chassé les menus de nos écrans. Les débutants s’y perdent, les expérimentés constatent que seules les tâches simples sont aisément réalisables et reviennent à leur PC pour des usages à valeur ajoutée. On peut mieux faire.

 L’idée de la chaire ? Faire réapparaître les menus au moment opportun, en exploitant les interactions avec l’utilisateur (que cherche-t-il à faire ?) et l’intelligence des objets connectés de notre environnement.

Ils ont tous leur interface spécifique et leur logique propre. C’est à eux de nous guider, et non à nous de tenter de les maîtriser tous.

Ordinateur et utilisateur ont du mal à se comprendre

 Le troisième sujet, cher à Edward Lank, porte sur une meilleure compréhension entre l’ordinateur et l’individu. Comment l’objet connecté peut-il discriminer les actions volontaires de l’utilisateur de ses mouvements machinaux ou erreurs de frappe ? À l’inverse, comment l’utilisateur peut-il décoder certains comportements de l’ordinateur ? Si un système à commande gestuelle ne réagit pas à un geste, c’est peut-être qu’il ne l’a pas vu, qu’il l’a mal interprété, qu’il ne l’a pas transmis ou qu’une erreur bloque tout. « Nous ne devons pas être perdus devant autant d’hypothèses : c’est à l’informatique de nous faire comprendre ce qui se passe . »

Edward Lank arrivera à Lille à la rentrée, déterminé à se consacrer à 100 % à ses travaux. Premier événement professionnel inscrit sur son agenda 2019 : la conférence francophone IHM 2019, en décembre à Grenoble.

*Loki est une équipe commune à Inria et au laboratoire CRIStAL (Centrale Lille, CNRS, Université de Lille)

Mots-clés : Edward Lank IHM Chaire internationale Loki Interaction homme-machine

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