Sites Inria

English version

Parcours européens

9/07/2015

Alexandra Carpentier : il y a de la magie dans la recherche

Après une première carrière en France, puis en Angleterre, la chercheuse franco-grecque Alexandra Carpentier s’apprête à poser ses bagages en Allemagne à partir de septembre 2015. Un parcours marqué par un désir de comprendre l’univers passionnant de la statistique mathématique et du machine learning .

Quel est votre domaine de recherche ?

Je m’intéresse aux statistiques, et notamment à l’apprentissage statistique et au machine learning . Concrètement, il s’agit de modéliser les façons d’apprendre et de prendre des décisions, afin d'automatiser des stratégies optimales pour résoudre certaines taches. Pour ce faire, on peut s'inspirer des décisions que prennent les organismes biologiques pour survivre ou encore essayer de comprendre les mécanismes de l’apprentissage humain : c’est tout simplement passionnant. Les statistiques et le machine learning sont des domaines de recherche vivants, avec une communauté jeune et agréable.

Des problématiques que vous avez explorées au sein d’Inria…

Après des études en école d’ingénieur, j’ai intégré l’équipe-projet Sequel d’Inria Lille – Nord Europe (commune avec l'université Lille1, et l'université Lille 3*) en 2009 pour y effectuer ma thèse. Au sein de cette équipe spécialisée dans le machine learning , j’ai notamment travaillé sur des problématiques d’interface cerveau-machine, avec des neuroscientifiques de l’équipe-projet Athena d’Inria Sophia Antipolis – Méditerranée. Ensemble, nous avons utilisé des techniques d’apprentissage actif pour améliorer ces interfaces. Je garde un très bon souvenir de ces trois années passées au sein de Sequel : elles m’ont véritablement permis de m’éveiller à la recherche. J’ai particulièrement apprécié d’être dans un environnement mêlant mathématiciens et informaticiens : il y a une vraie complémentarité entre ces deux spécialités. Et puis, je me suis également fait de très bons amis, parmi les chercheurs, mais également parmi le personnel administratif.

Pourquoi alors avoir choisi de quitter Lille pour Cambridge ?

Pour suivre ma compagne ! Mais c’était aussi une belle opportunité de carrière car j’ai pu intégrer le Statslab de Cambridge et m’orienter vers des problématiques un peu plus statistiques. En tant que research associate , je suis employée directement par l’université et cela me permet d’orienter mes recherches assez librement. C’est particulièrement appréciable pour les jeunes chercheurs qui sont souvent dépendants des financements.

Quel regard portez vous sur votre expérience anglaise ?

D’un point de vue scientifique, difficile de généraliser mon laboratoire à l'Angleterre car le StatsLab est un peu une exception. Comme en France, la recherche en statistiques y est assez théorique. C’est peut être pour ça que huit chercheurs sur la quarantaine de membres que compte l’équipe sont français ! En tous cas, mon expérience y a été scientifiquement et humainement très enrichissante et agréable et j'ai vraiment appris beaucoup de choses.
D’un point de vue culturel, c’était… comme une plongée dans l’univers d’Harry Potter. À Cambridge, il n’est pas rare de croiser des personnes portant une cape. J’ai aussi eu l’occasion d’assister à des formal diners dans des colleges . Les professeurs sont installés à une table haute, et les élèves en contrebas, et dans les colleges traditionnels, le repas commence par une prière en latin. En contrepartie de cet aspect très formel, j’ai été surprise de constater que tout le monde s’appelle par son diminutif, ils l’utilisent même pour signer des documents presque officiels ! En France, ce serait impensable.

En septembre prochain, vous vous installez en Allemagne…

Et c’est à nouveau pour accompagner ma partenaire : elle est allemande et souhaite retourner y vivre ! Plus sérieusement, c'est aussi une excellente opportunité scientifique pour moi car dès mon arrivée, je vais bénéficier d’une bourse** de recherche de cinq ans au sein de l’université de Postdam. Je compte créer ma propre équipe et me pencher sur la détection statistique d’anomalies, afin de mettre au point des applications concrètes. Je vais retrouver avec plaisir cette proximité avec le monde de l’entreprise, très présente chez Inria.

Suite à ces premières expériences professionnelles, quel regard portez-vous sur le monde de la recherche ?

Je constate qu’il n’y a pas beaucoup de chercheuses en mathématiques et je trouve cela dommage. Même si les choses sont en train d’évoluer lentement, c’est parfois difficile d’être sous-représentées, notamment lorsque l’on progresse. Concernant la question du financement, il y a de grandes disparités entre les pays. En Allemagne, les postes de maîtres de conférences n’existent pas, mais en contrepartie, il existe plus de bourses personnelles pour jeunes chercheurs voulant monter une équipe, comme celles mises en place par la DFG. Un système que j’apprécie d’ailleurs particulièrement.

* au sein de l'UMR 9189 CNRS-Centrale Lille-Université Lille1, CRIStAL.

** La bourse Emmy Noether est fournie par la DFG (Deutsche Forschungsgemeinschaft), l’équivalent de l'ANR (Agence nationale de la recherche) française.

 

Bio Express

Alexandra Carpentier a 27 ans, elle est actuellement postdoctorante au sein du Statslab, à Cambridge. Elle a commencé son parcours professionnel au sein de l’équipe-projet Sequel d’Inria Lille – Nord Europe en 2010, où elle a travaillé sur l’apprentissage statistique et la compréhension du cerveau humain. 

Entre deux équations, elle apprécie tout particulièrement de croquer des Speculos !

En 3 dates

2011 : publication de son premier article scientifique sur les algorithmes de bandit : une modélisation simple des problématiques d’intelligence artificielle et d’apprentissage.

2012 : fin de sa thèse.

2015 : installation en Allemagne et création de son propre groupe de recherche.

Localisation

Mots-clés : Angleterre Allemagne Sequel Cambridge Machine learning Grèce

Haut de page

Suivez Inria